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Zones rurales : les Vingt-sept cherchent des solutions au-delà de la Pac

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La Pac ne peut pas, à elle seule, résoudre l’ensemble des défis que doivent relever les zones rurales alors que le fossé se creuse avec les villes. C’est le constat partagé par les ministres de l’Agriculture de l’UE et la Commission européenne. La pandémie de Covid-19 pourrait constituer une opportunité de relance pour ces zones.

Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis du 5 au 7 septembre en Slovénie pour un Conseil informel autour de la question des zones rurales, ont convenu que pour réduire le fossé grandissant avec les zones urbaines il fallait avoir recours à l’ensemble des politiques européennes, en particulier les fonds de cohésion et de relance, et pas seulement à la Pac. Dans la foulée de la présentation en juin de la communication de la Commission européenne sur une vision à long terme pour les zones rurales, ils ont soutenu le constat du ministre slovène Jože Podgoršek concernant en particulier le manque d’infrastructures numériques et de transports, une population vieillissante, des revenus faibles par rapport aux zones urbaines.

Lire aussi : Zones rurales : Bruxelles lance son plan d’action à l’horizon 2040

Comme à son habitude, le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, a une nouvelle fois désigné la concentration de la production agricole comme l’un des principaux responsables de cette situation avec un « impact négatif sur la population des zones rurales notamment la perte de quatre millions d’exploitations en une décennie ».

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Des opportunités

« Ce n’est pas un hasard si la vision à long terme pour les zones rurales a été adoptée la même semaine que l’accord politique des ministres sur la nouvelle Pac », souligné Janusz Wojciechowski. C’est, selon lui une reconnaissance de « l’importance de l’agriculture pour le développement durable des zones rurales ». Mais, prévient-il, « la Pac doit d’abord être pour l’agriculture et les agriculteurs […] ; les personnes vivant dans les zones rurales ont le même droit d’accès aux autres fonds européens que les personnes vivant dans les zones urbaines ». Et de citer, à son tour, la politique de cohésion et les fonds de relance : « Le principe devrait être que tout ce qui peut être financé par d’autres fonds, et non par la Pac, devrait l’être ».

Mais le commissaire, comme un certain nombre de ministres, a aussi mis en avant les opportunités pour ces zones rurales : les transitions verte et numérique qui pourraient favoriser un renouveau. D'autant plus que la pandémie de Covid-19 a démontré les possibilités de télétravail, la demande grandissante pour les chaînes d’approvisionnement courtes et l’agriculture biologique. Et de conclure que « le potentiel des zones rurales ne fait aucun doute. La seule question est de savoir comment nous pouvons saisir ce potentiel ». La balle est dans le camp des États membres.