Biosourcé : le Genopole et l'ARD vont proposer un accompagnement commun
Dans un communiqué paru le 23 juin, le Génopole (incubateur de start-up biotech) et l'ARD, filiale de Vivescia spécialiste de bioraffinerie et procédés industriels, annoncent qu'ils vont proposer une offre commune d'accompagnement « stratégique et opérationnel vers l’industrialisation » dans le secteur du biosourcé. Il s'agira de « mobiliser leurs expertises complémentaires ainsi qu’un ensemble d’équipements de pointe pour accompagner les industriels dans le développement et l’industrialisation de leurs procédés biosourcés ». Les deux opérateurs mettront à disposition des fermenteurs de différentes capacités, des équipements de prétraitement et de post-traitement, ainsi que des outils d’analyse et de caractérisation des souches et des biomolécules. « Ces moyens permettront de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur », estiment l'ARD et le Genopole. Pour ce faire, une convention de partenariat de 24 mois renouvelable a été signée entre les deux entités. Le partenariat « se veut non exclusif », précisent-elles : « Chacune des parties conserve la possibilité de développer d’autres collaborations similaires avec des partenaires tiers ».
Engrais azotés minéraux : pas assez d'engrais organiques en France pour s'y substituer
Selon une étude de FranceAgriMer (FAM) publiée le 20 juin, sur la substitution des engrais azotés minéraux, les disponibilités en engrais organiques azotés en France ne seraient pas seules suffisantes pour répondre aux besoins des agriculteurs. L’organisme public en distingue trois principaux types : digestats issus de méthaniseurs, effluents d’élevage, urine humaine. L’épandage combiné de ces produits couvrirait seulement 24 % des besoins hexagonaux en azote efficace, soit 477 739 tonnes, d’après FAM. Ainsi, la France devra poursuivre ses importations d’engrais minéraux azotés, et continuera de dépendre des prix internationaux du gaz et des aléas géopolitiques. Néanmoins, développer une production d'engrais organiques et minéraux combinés est indispensable pour décarboner l'agriculture et réduire sa dépendance à l’extérieur, indique l’étude. Sachant que les disponibilités en engrais organiques à base de phosphore et de potassium seraient de leur côté suffisantes pour satisfaire la demande de l’agriculture hexagonale, couvrant respectivement 104 % (160 035 t) et 221 % des besoins (734 113 t).
Blé/adventices : pic de non-conformités des farines aux alcaloïdes, alertent les meuniers
Lors de sa convention annuelle à Paris le 20 juin, l'ANMF (représentants de la meunerie française), via son responsable des études économiques et affaires réglementaires Abdoulaye Traoré, a confirmé la « difficulté de gérer la récolte de blé 2024-2025 pour les meuniers ». Les études de FranceAgriMer et d'Arvalis révèlent que plus de 75 % des échantillons de blé français de la récolte 2024 analysés présentent des sclérotes, conséquence des difficultés rencontrées par les agriculteurs en termes de désherbage. Pour rappel, les adventices sont vectrices des sclérotes. « Environ 10 % dépassent la norme européenne de 200 mg/kg de présence de sclérote dans les lots de blé. Il s'agit d'un des taux les plus élevés historiquement », précise l'expert. Pour rappel, la limite s'élevait à 500 mg/kg, et est passée à 200 mg/kg depuis 2021. Au niveau de la farine, 16 % des analyses collectées par l'ANMF auprès des meuniers ne sont pas conformes à la règlementation européenne sur les alcaloïdes, soit un taux de 100 microgrammes/kilogramme, limite également définie en 2021. Ce taux doit passer à 50 microgrammes/kilogramme en 2028. « Nous travaillons auprès des autorités françaises et européennes pour éviter l’application de cet abaissement qui ne serait pas supportable par la filière », indique l'association des meuniers.
Blé/climat : la meunerie vise une baisse de ses émissions de 15 % entre 2023 et 2030
Lors de la convention annuelle de l’ANMF (représentant des meuniers français) le 20 juin à Paris, la profession a annoncé un objectif de baisse de ses émissions de GES (gaz à effet de serre) de 15 % sur la période allant de 2023 à 2030. La meunerie précise que les farines hexagonales « affichent déjà une empreinte carbone parmi les plus faibles en Europe : 49g eq CO2/ 100 g de farine, grâce à l’énergie électrique largement décarbonée des moulins, leur process maîtrisé, et un approvisionnement complet en blé français ». De plus, 89 % de l’empreinte carbone de la farine provient du blé, émanant surtout de la fertilisation azotée. Néanmoins, une marge de progression existe, afin d’accomplir les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). La meunerie évoque plusieurs pistes. L’une d’entre elles : l’usage de transports plus écologiques (usages de camions électriques, de biocarburant de type B100, train, transport fluvial, augmentation du vrac…). Une autre s’avère plus originale : l’utilisation de blés pour les meuniers et par ricochet de farines pour les boulangers moins riches en protéines, afin de réduire les besoins en intrants azotés.
Pomme de terre : bonne qualité des primeurs « dans de nombreux bassins » (CNIPT)
Dans un communiqué du 20 juin, le CNIPT (interprofession nationale des producteurs de pomme de terre) indique que la qualité des pommes de terre primeurs est « déjà au rendez-vous dans de nombreux bassins » en France. L’organisation précise que la présente campagne commerciale se présente « sous de bons auspices » : les cultures se développent bien, et sont à un stade un peu plus avancé que l’an dernier à pareille époque. Les assolements seraient stables voire en légère progression par rapport à l’année dernière. Par conséquent, l’offre sera disponible. Mais cela induit une problématique, déjà rencontrée par le passé : les distributeurs doivent réserver de la place dans leurs rayons. Par conséquent, le CNIPT réclame que « la distribution ouvre davantage de références pour la primeur d’ici la fin du mois ». L’interprofession craint qu’un manque d’étals disponibles engendre une baisse des prix, qui menacerait l’équilibre financier des producteurs. « La pomme de terre de primeur française arrive sur les étals du milieu du printemps jusqu’à fin juillet, voire début août, avec une limite réglementaire fixée au 15 août », rappelle le CNIPT.
Alimentation animale : dans la Drôme, l'Ucab de Crest devient Marius
Six mois après qu'ils ont annoncé être entrés en négociation pour investir ensemble dans l'usine d'aliments pour animaux Ucab de Crest (Drôme), la coopérative polyvalente Valsoleil et Sanders, filiale alimentation animale d'Avril, annoncent dans un communiqué commun le 23 juin qu'ils ont obtenu la validation du dossier par l'Autorité de la concurrence. La société – dont ils sont désormais coactionnaires à 50 % – s'appellera désormais Marius, « un prénom typique du Sud-Est, pour rappeler le territoire couvert par la structure, s'étendant du Sud Rhône Alpes à l'arc méditerranéen, en incluant la Corse ». Pour rappel, l'objectif est de faire passer la capacité du site de 130 000 tonnes à 160 000 tonnes à horizon 2027. Pour ce faire, un investissement de 6,5 millions d'euros est « d'ores et déjà en cours de déploiement ».
Fruits et légumes : en Belgique, des résultats 2024-2025 contrastés pour Greenyard
La coopérative fruits et légumes Greenyard a bouclé son exercice 2024-2025 (clos le 31 mars) sur une hausse de son chiffre d’affaires de 5,1% en atteignant 5,3 milliards d’euros, dans son rapport annuel paru le 6 juin. Le résultat a été porté par la bonne tenue des ventes en frais, qui progressent de 5% en volume et 5,9% en valeur (4,3 Md€). Les deux autres branches de la coopérative (surgelés et conserves) ont connu une progression plus faible (+1,7%), lui permettant cependant de dépasser le milliard d’euros de ventes pour la première fois, malgré une baisse des volumes (-4,9%). En revanche, la rentabilité est, elle, sous pression: l'Ebitda recule de 2% pour atteindre 183 millions d'euros. Il a été « affecté par la hausse des coûts d’exploitation due aux intempéries et à la pression sur les marges sur le marché allemand » souligne le directeur général Francis Kint. La situation économique incertaine pousse en tout cas le spécialiste des fruits et légumes à revoir à la baisse ses prévisions pour le futur. Le groupe table désormais sur un Ebitda ajusté compris entre 190 et 200 millions d'euros et confirme toutefois ses perspectives de ventes de 5,4 milliards d'euros d'ici mars 2026.
Salades en sachet : feu vert au rachat de Bonduelle Frais France par Les Crudettes
Dans une décision en date du 20 juin, l’Autorité de la concurrence a donné son feu vert au rapprochement entre Les Crudettes (groupe LSDH) et Bonduelle Frais France. La vente de la branche Frais de Bonduelle en France (et en Allemagne) avait été annoncée en août 2024. L’Autorité a pu écarter tout risque d’atteinte à la concurrence. Sur l’amont, elle considère que « la nouvelle entité disposera d’une part de marché à l’achat relativement limitée et ne sera pas en mesure de constituer un frein aux activités de ses concurrents compte tenu de leurs multiples sources d’approvisionnement ». Selon elle, les débouchés alternatifs dont les producteurs disposent (autres transformateurs, restauration collective) évitent une éventuelle dépendance économique. Constat similaire à l’aval : « La nouvelle entité vendra ses produits sous la marque Les Crudettes et sous la marque Bonduelle et continuera également à fournir la distribution sous MDD ». Elle souligne « la forte concurrence » (Agrial avec Florette, l’italien La Linea Verde présent en France depuis 2020) dans un marché caractérisé par « l’absence de barrières significatives à l’entrée ou à l’expansion des concurrents ».
Salades en sachets : hausse de 10% des ventes sur le début 2025
Dans un communiqué de presse le 23 juin, le Syndicat des fabricants de produits végétaux prêts à l’emploi (SVFPE) indique une augmentation de 10% des ventes de salades en sachet en grande distribution sur les quatre premiers mois de cette année par rapport à la même période 2024, et de 5% dans le circuit de la restauration collective (source Nielsen). Dans le détail, c’est le segment des légumes à cuire (2% du marché) qui enregistre la plus forte progression (+29%). Il est suivi des crudités, en progression de +26 % sur la période (4% de PdM volume). La « fraîche découpe » est quant à elle en hausse de +22 % (9 % de part de marché en volume), suivie des herbes aromatiques à +14 % (moins de 1 % % de PdM volume). Pour le SVFPE, ces bons chiffres s’expliquent par les raisons évoquées par les consommateurs dans leur choix : praticité et rapidité (51%, selon l’enquête SVFPE/CSA), facilité de stockage (36%), mélange de légumes (30%). Par ailleurs, 86 % des acheteurs sont conscients que les crudités et légumes prêts à l’emploi les aident à augmenter la part des légumes. Le SVFPE rappelle enfin que « plus de 90 % des salades prêtes à l’emploi proposées par les entreprises françaises sont cultivées par des maraîchers français entre avril et octobre » (60% en moyenne sur une année complète).
Champagne : TEVC affiche une performance opérationnelle record, fruit de la premiumisation
Le groupe coopératif Terroirs & Vignerons de Champagne (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757 et Henriot) affiche « une performance opérationnelle record » en 2024, selon les résultats présentés le 20 juin en assemblée générale. « Sur un marché globalement en baisse de 8,8 % en valeur, TEVC clôture ses comptes sociaux avec un chiffre d’affaires en hausse de 4 % par rapport à 2023, proche de son meilleur score à 282 M€. La performance opérationnelle bat un record historique de valeur ajoutée à 63 M€, s’établissant ainsi à 22 % du chiffre d’affaires », souligne un communiqué. En hausse de 7,7 %, l’indicateur est soutenu par « la premiumisation de ses marques et le recadrage de ses budgets de fonctionnement ». Le 4 février, TEVC avait publié des chiffres de commercialisation stables en volumes (-1 %), montrant une résilience par rapport aux -9,2 % de la filière champagne. Cette solidité est le fruit de « la complémentarité de ses marques, capables de s’adresser à une très large diversité de marchés et de profils de consommateurs », d’après le rapport annuel. Les comptes montrent un résultat net consolidé de 4,2 M€, réduit de moitié sous l’impact de charges financières multipliées par deux, « en lien avec l’augmentation de l’endettement amorcée à partir de mi-2023 ».
Viande : dans l’Aisne, enquête judiciaire ouverte sur les intoxications alimentaires
Une enquête judiciaire a été ouverte le 19 juin, en parallèle de l'enquête sanitaire, sur les intoxications alimentaires sévères d'enfants apparues dans l'Aisne depuis le 12 juin, a annoncé le parquet de Saint-Quentin le 23 juin. « Cette enquête préliminaire a été ouverte contre X des chefs d'homicide involontaire, blessures involontaires, mise en danger de la vie d'autrui et tromperie sur la marchandise présentant un danger pour la vie humaine », selon un communiqué du parquet. Jusqu'à présent, 18 enfants ont été hospitalisés pour des diarrhées glairo-sanglantes. Parmi eux, une fille de 12 ans est décédée le 16 juin. Huit de ces enfants étaient encore hospitalisés au dimanche 15 juin, dont six ayant développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une grave complication affectant les reins et nécessitant un traitement par dialyse, selon le ministre de la Santé Yannick Neuder, cité par l’AFP. Il s'agit d'une contamination à la bactérie Escherichia coli, a-t-il confirmé dimanche. Si la source de cette contamination n'est pas encore connue avec certitude, il s'agit « probablement d'une infection alimentaire sur de la viande à l'origine », a-t-il rappelé. Quatre boucheries de Saint-Quentin, ainsi que les rayons boucherie de deux supermarchés de l'agglomération, ont été fermés préventivement ces derniers jours.
Bovins : premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse en UE depuis 2017
Un premier cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé le 21 juin en Italie, dans un élevage de 131 bovins en Sardaigne, apprend-on dans une note de la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale. « Sept animaux ont présenté des signes cliniques. Toutes les mesures de sécurité ont été mises en place en urgence par les autorités sanitaires italiennes », y lit-on. Il s’agit de la première apparition de cette maladie en Europe depuis octobre 2017, date de son éradication après une épizootie d’ampleur dans les Balkans (7 800 foyers). La DNC est provoquée par un virus du genre Capripoxvirus, proche de ceux des varioles ovine (clavelée) et caprine. Pour les pouvoirs publics italiens, « l'origine de l'épidémie serait due à des vagues de vecteurs hématophages », cette maladie étant principalement transmise par des mouches piqueuses (stomoxes). La DNC se traduit par « l’apparition de nodules sur la peau, de la fièvre et une baisse de la production de lait, pouvant aller jusqu'à la mort des animaux », selon un communiqué de la Région autonome de Sardaigne. Comme le rappellent les autorités sardes, la DNC n'est « pas transmissible à l'homme ». C’est une maladie à déclaration obligatoire et à éradication immédiate, au sens de la réglementation européenne.
Egalim 4 : probablement pas de projet de loi en 2025, selon le cabinet de Louwagie
La mise au point de la loi Egalim prend plus de temps que prévu. Selon le service de presse du cabinet de Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du Commerce, contacté par Agra Presse, « le projet de loi ne devrait pas être présenté en 2025 compte tenu des travaux encore à réaliser. » Selon cette même source, « l’élaboration des écritures du projet de loi Egalim 4 est presque achevée. Débuteront ensuite les consultations des professionnels et autres parties prenantes concernées, à l’amont comme à l’aval. » Reste à savoir combien de temps prendront ces discussions et sur quels points particuliers elles porteront. Selon les dernières déclarations d’Annie Genevard, en mai dans le magazine RIA, il était prévu que le texte ne pourrait pas être examiné avant l’été, compte tenu de l’encombrement législatif, et reporté à la rentrée. Véronique Louwagie et Annie Genevard travaillent en concertation sur ce texte. Selon cette dernière, le texte ne pourra pas sanctuariser la matière première industrielle. Sur la matière première agricole, la ministre de l’Agriculture est favorable à la construction des prix en marche avant.
Pesticides: Yves Picquet réélu à la tête de Phyteis (fabricants)
Yves Picquet a été réélu pour les deux prochaines années président de Phyteis (ex-UIPP), l'association représentant les producteurs de produits phytosanitaires en France, indique un communiqué du 23 juin. « Ce renouvellement s’inscrit dans la continuité d’un travail de fond engagé depuis 2021 pour faire de Phyteis un acteur de référence au service d’une agriculture », explique l’organisation. Cette dernière précise qu’elle rencontrera les pouvoirs publics dans les prochains mois, afin de « construire collectivement une trajectoire de transition fondée sur la science, l’innovation et la responsabilité ». Pour rappel, une commission mixte paritaire (CMP) débattra de la proposition de loi Entraves le 30 juin, et concerne, entre autres, l’usage des pesticides.