Agra Fil du 16 octobre 2026

hero

Engrais : le G7 va mobiliser 2,5Md$ pour les pays vulnérables (Lescure)

Le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, a annoncé le 15 octobre à Bangkok (Thaïlande) en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, que les pays du G7 se sont engagés à mobiliser collectivement 2,5 milliards de dollars afin d’aider les pays menacés d’insécurité alimentaire, en se concentrant particulièrement sur leur accès aux engrais. Alors que la flambée des prix de l’énergie avive les risques d’une crise alimentaire mondiale, « le G7 s’est montré très attentif aux maillons les plus fragiles de la situation mondiale actuelle, les pays pauvres », a indiqué le ministre à la presse après une réunion avec ses homologues du G7. Selon lui, la Banque mondiale a identifié 44 pays « susceptibles de rencontrer, à l’avenir, des problèmes de sécurité alimentaire ». L’envolée des cours des hydrocarbures depuis le printemps, consécutive à la guerre au Moyen-Orient, a fortement renchéri les prix des engrais et des carburants au risque de pénaliser les rendements des productions agricoles, et fait bondir les prix alimentaires à travers le globe.

Pac : le Copa-Cogeca publie une déclaration pour défendre la Pac et son budget

Réunies du 14 au 16 octobre à Stockholm (Suède) à l’occasion de leur 12e congrès, les organisations et coopératives agricoles européennes (Copa-Cogeca) ont publié un appel à destination des chefs d’État et de gouvernement, qui se réunissaient au même moment à Bruxelles, afin de renforcer la Pac et le cadre financier pluriannuel de l’UE en cours de discussion. Dans cette déclaration, le Copa-Cogeca plaide notamment pour que l’agriculture soit reconnue comme un pilier de la sécurité et de la défense européenne. Le principal lobby agricole européen réclame également le maintien d’un budget de la Pac « réellement sanctuarisé » et ajusté à l’inflation. En outre, le Copa-Cogeca milite pour un renforcement des marchés et des instruments de gestion de crise, davantage d’investissements dans l’innovation, la résilience hydrique, les infrastructures, la numérisation et la bioéconomie. Enfin, il appelle à une Pac plus simple et plus proportionnée et qui respecterait « la diversité des modèles agricoles européens ». « L’Europe ne pourra pas renforcer sa sécurité ni prétendre jouer un rôle de puissance mondiale demain si elle affaiblit aujourd’hui les fondements de son agriculture », affirme le Copa-Cogeca dans un communiqué. Et de conclure : « Défendre la Pac, c’est donc défendre l’Europe ».

Sécheresse/plan de relance : Lecornu en dessine les contours, pour 500 à 700 M€

À l'issue d'une réunion à Matignon avec les ministres de l'Agriculture, du Commerce et de la Transition écologique le 15 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dessiné les contours du futur plan de relance, dont le budget est proposé entre 500 et 700 millions d'euros (M€), et qui sera proposé par voie d'amendement dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Le locataire de Matignon a évoqué trois axes : l'autonomie des exploitation, avec les questions du coût des engrais et du GNR ; l'adaptation au changement climatique, évoquant les bâtiments d'élevage, le stockage d'eau et l'assurance ; et la « simplification», notamment fiscale, annonçant, dans la lignée des Pactes Dutreil et Papin, un Pacte Genevard pour permettre aux exploitations de trouver plus facilement preneur. Les députés ont d'ailleurs déjà proposé une extension du Pacte Papin à l'agriculture en commission il y a quelques jours. La ministre de l'Agriculture a par ailleurs annoncé qu'un appel à projets devait paraître d'ici la fin d'année pour financer ou aider les projets d'avenir, qui seraient au nombre de 800 recensés par les services de l'État. Enfin la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a indiqué qu'au-delà des mesures qui pourraient être prises au début d'année pour l'adaptation, notamment des bâtiments d'élevage, le gouvernement réfléchissait à une extension des paiements pour services environnementaux (PSE), reliant cette annonce aux négociations en cours sur la prochaine Pac.

Sécheresse : en commission, les députés assouplissent le calcul du paiement de cotisations

Lors de la lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission des Affaires sociales le 14 octobre, les députés ont adopté plusieurs amendements assouplissant les conditions du calcul des cotisation sociales, compte tenu de l’ampleur de la sécheresse de 2026« appelant des solutions d’exception ». Il est proposé d’ouvrir à tous les agriculteurs la possibilité d’opter pour le paiement des cotisations MSA sur une assiette annuelle N-1, « y compris à des exploitants qui ont renoncé à l’assiette annuelle N-1 depuis moins de six ans ». L’option pour le paiement des cotisations sur les revenus de N-1 est valable pour une période de cinq ans, reconductible tacitement. Et, en cas de dénonciation, une demande ultérieure d’option pour une assiette annuelle n’est actuellement possible qu’après une période de six ans. Cette dérogation serait ouverte en 2026 et 2027. « La sécheresse de 2026 et ses conséquences sur les récoltes auront un impact direct sur les revenus de nombreux exploitants. Dans ce contexte, la capacité à adapter le calcul des cotisations sociales à la réalité économique de l’exploitation constitue un outil important de gestion de trésorerie », est-il expliqué.

Stockage d'eau : FNE et Générations futures vont attaquer les appels à creuser de la CR

Dans un communiqué du 15 octobre, l’association France Nature Environnement (FNE) a annoncé qu’elle saisissait le juge civil afin de faire retirer plusieurs communications de la CR appelant à créer des retenues d’eau illégalement, et à ne pas respecter les arrêtés sécheresse. Cette nouvelle action en justice est entreprise avec l’association Générations Futures. Courant septembre, lors de la présentation de ses propositions agricoles aux candidats à la présidentielle 2027, le deuxième syndicat agricole national appelait effectivement les agriculteurs à s’affranchir de la loi afin de pouvoir produire en cette année d’intense sécheresse, qui a fortement affecté les récoltes, notamment celle de maïs. FNE estime de son côté que la CR considère que « les intérêts de ses membres doivent primer sur l’intérêt général et les autres usages de l’eau, dont celui de l’eau potable ». L’association ajoute que les appels à enfreindre la loi survenaient alors que le dirigeant du syndicat Bertrand Venteau comparaissait devant la justice pour une autre affaire : celle des menaces proférées aux écologistes. « Cette fuite en avant doit cesser », lance dans le communiqué le directeur général de FNE Jean-François Julliard. 

Coordination rurale : Venteau condamné à une amende pour ses menaces contre les « écolos »

Le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau a été condamné le 15 octobre à 15 000 € d'amende, dont 10 000 avec sursis, par le tribunal correctionnel d'Auch pour avoir déclaré qu'il fallait « faire la peau » aux écologistes, rapporte l’AFP. Le leader syndical s'est ainsi rendu coupable de « provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit », explique la juridiction dans un communiqué, précisant qu'il est également condamné « à verser la somme de 1 500 euros au profit de l'association France nature environnement » au titre des frais de procédure. Lors du congrès de la CR le 19 novembre 2025, qui l'a porté à la tête du deuxième syndicat agricole de France, Bertrand Venteau avait déclaré sous les applaudissements : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau ». Cette assemblée de la CR « n'était pas réservée à ses seuls membres mais aussi ouverte à d'autres personnes dont la presse », a relevé le tribunal pour expliquer que « la condition de publicité nécessaire pour caractériser l'infraction de provocation publique était remplie ».

Cotisations sociales : en commission, les députés prolongent l'assiette expérimentale

Lors de la lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission des Affaires sociales le 14 octobre, les députés ont voté un amendement du rapporteur Thibault Bazin (DR, Meurthe-et-Moselle) visant à prolonger l’expérimentation du calcul des cotisation sociales prévue par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026. Celle-ci prévoit que les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole puissent opter pour que leurs cotisations et contributions sociales soient calculées sur la base d’une assiette contemporaine pour les années 2027 et 2028, c’est-à-dire sur les revenus de l’année en cours, au titre de laquelle ces cotisations et contributions sont dues (assiette année N). « Dans sa rédaction actuelle, l’expérimentation s’adresse aux exploitants agricoles qui cotisent actuellement sur une assiette triennale (moyenne des revenus des années N-1 à N-3), mais pas expressément à ceux qui cotisent sur leurs revenus de la seule année précédente (assiette année N-1). Cet amendement vise donc à sécuriser le dispositif », explique l’exposé. L’amendement vise à décaler la remise au Parlement du rapport d’évaluation, au plus tard au 31 décembre 2028, et donc à prolonger l’expérimentation d’une année supplémentaire, en vue d’une pérennisation au 1er janvier 2030.

Sécurité sociale : le compte n’y est pas dans le PLFSS 2027, pour la MSA

Dans un communiqué du 15 octobre, la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA) indique que son conseil d’administration a rendu, à la majorité (0 vote pour, 11 prises d’actes et 13 voix contre), un avis défavorable au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, actuellement en lecture à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Il regrette l’absence de suites données à ses propositions concernant l’endométriose, les pensions de réversion et d’orphelin ou encore les minima de retraite. « Les dispositions positives, notamment pour les plus vulnérables et les mineurs victimes de violences, ne suffisent pas à lever ces réserves », indique la Sécu agricole. Elle salue cependant les aides aux cotisants sinistrés, mais alerte sur le périmètre trop restrictif retenu pour les incendies et l’absence de compensation des exonérations par l’État. Le nouveau congé ouvrant au droit au remplacement comporte des lacunes à ses yeux. Il présente « des limites importantes par rapport à la proposition initiale portée par la MSA : nombre de jours, fractionnement et renoncement imposé à l’allocation journalière de présence parentale au terme du remplacement ainsi que l’absence d’extension aux bénéficiaires de l’allocation journalière proche aidant ». La MSA appelle à faire évoluer le texte lors de son examen parlementaire et à inscrire le financement de la protection sociale dans une perspective pluriannuelle.

Saisonniers étrangers : en commission, les députés visent les sociétés de service

Lors de la lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission des affaires sociales le 15 octobre, les députés ont voté un amendement visant à renforcer la prévention des fraudes liées à la création des entreprises proposant de la main d'oeuvre étrangère en agriculture. « Plusieurs affaires ont mis en évidence le recours à des sociétés éphémères pour faciliter l’introduction et l’emploi irrégulier de travailleurs étrangers, notamment dans le cadre de situations susceptibles de relever de la traite des êtres humains ou du travail illégal », explique l’exposé des motifs. L’évolution proposée consiste à étendre le rôle de validation des caisses de MSA dans le Registre national des entreprises (RNE) à l’activité des entreprises de travaux agricoles relevant de l’article L. 722 2 du code rural. Lorsque les conditions d’affiliation sont réunies, une mention « entreprise dirigée par un non actif agricole » serait ajoutée au RNE, après la validation de la structure par le greffe compétent. Dans le cas contraire, l’entreprise ne pourrait se prévaloir de la qualité d’ETA dans le RNE. Faute de validation par la MSA, elle ne figurerait pas dans le répertoire Siren de l’INSEE et ne pourrait ainsi utiliser cette qualité « pour proposer illicitement de la main d’œuvre à des entreprises utilisatrices ».

Négociations commerciales : Papin veut trouver un « Pacte de responsabilité »

À l'issue d'une réunion à Matignon avec les ministres de l'Agriculture, du Commerce et de la Transition écologique le 15 octobre, le Premier ministre a annoncé que Serge Papin réunira la semaine prochaine les parties prenantes des négociations commerciales annuelles, qui doivent débuter le 1er décembre, pour trouver « un Pacte de responsabilité ». Sébastien Lecornu a prévenu qu'il ne souhaite pas « faire n'importe quoi », voulant ménager à la fois le revenu des agriculteurs, les marges de l'agroalimentaire et le pouvoir d'achat des Français. Contacté par l’AFP, son cabinet a précisé que le gouvernement verrait de «concert distributeurs et industriels» dans un format qui reste à déterminer, ces acteurs devant également être reçus «séparément», pour «trouver des points de convergence» en amont des négociations. L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) s’est félicitée auprès de l’AFP de cette initiative, assurant avoir demandé au gouvernement il y a dix jours la tenue, de «manière anticipée», d’un «comité des négociations commerciales» pour «partager les enjeux» à la «suite de la crise au Moyen-Orient et de l’été désastreux que nos filières ont vécu.» L'an passé, le ministre du Commerce avait déjà engagé les parties à signer une charte non contraignante, visant trois points ; le bon déroulé des négociations ; un traitement différencié pour les PME », avec une fin des négociations entre distributeurs et fournisseurs « au plus tard le 15 janvier 2026 » ; et enfin « la valorisation des produits frais »

Coopératives : Vivescia entre au capital de Wiuz (conseil agronomique)

Dans un communiqué du 15 octobre, le groupe coopératif Vivescia a annoncé son entrée au capital de la société de conseil agronomique en ligne Wiuz. Détenant désormais 15 % de l’entreprise, Vivescia devient le troisième actionnaire de référence, aux côtés d’Axéréal et de Terrena, les deux coopératives fondatrices de l’entité en 2016. Revendiquant la couverture de 5 Mha en France et une croissance annuelle de 500 000 ha, Wiuz développe une plateforme digitale agronomique ouverte permettant la collecte, le partage, et la valorisation de données de terrain. Elle propose divers outils : « plan de fertilisation, registre phytosanitaire, bilan carbone, démarche filière (alimentaire, biocarburant...) », etc. L’entrée de Vivescia apporte des moyens financiers à Wiuz pour développer ses outils de traçabilité et d’accompagnement des transitions agricoles. En 2030, Wiuz espère devenir une référence pour le pilotage des exploitations et des filières agroalimentaires. Sa feuille de route prévoit de renforcer la traçabilité et l’expérience utilisateur ; de développer des indicateurs environnementaux portant sur le carbone, la biodiversité ou l’eau ; et de valoriser l’usage de l’intelligence artificielle auprès des agriculteurs. De son côté, Vivescia pourra profiter des services de Wiuz pour développer son programme Transitions.

Taxation des aliments sucrés : en commission, les députés donnent leur feu vert

Les députés ont approuvé le 14 octobre, en commission des Affaires sociales, l’extension de la « taxe soda » aux produits préemballés sucrés les plus riches en sucre, dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. L’objectif est d’inciter les industriels à reformuler leurs produits afin de réduire la prévalence des maladies chroniques liées à la nutrition. Le RN, son allié UDR et les députés LR ont déposé des amendements de suppression de l’article, s’inquiétant d’une « hausse des prix en rayon ». Ils n’ont pas été adoptés. Les députés ont en revanche approuvé un amendement du député Modem Cyrille Isaac-Sibille élargissant la taxe « à l’ensemble des produits ultra-transformés contenant des sucres ». Ils ont également adopté un amendement de la députée RN Stéphanie Galzy, excluant du périmètre de l’article les artisans et les petites entreprises du secteur alimentaire, avec un avis de sagesse du rapporteur Thibault Bazin (LR). Dans la soirée, les députés ont également adopté, contre l’avis du rapporteur, des amendements visant à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur tous les emballages alimentaires et les supports publicitaires, à l’exception des produits bénéficiant d’une AOP ou d’une IGP. Ces débats ont valeur avant tout de « tour de chauffe », les députés repartant dans l’hémicycle de la version initiale du texte.

Sucre : l’Allemagne trouve un compromis sur la taxe sur les boissons sucrées

Le conseil des ministres allemand a approuvé le 14 octobre un projet de taxe sur les boissons sucrées, défendu par les sociaux-démocrates mais critiqué par certains conservateurs, alors que le chancelier Friedrich Merz demande d’accélérer le rythme des réformes. Le projet de réglementation devra ensuite passer l’épreuve des deux groupes parlementaires de la coalition afin d’être adopté par le parlement. Le cas échéant, la taxe doit être perçue à partir du 1er juillet 2027. La taxe doit servir à la fois à maintenir stables les cotisations à l’assurance maladie légale et à apporter une contribution importante « à la protection de la santé, notamment des enfants et des adolescents », a souligné dans un communiqué le ministère des Finances. Concrètement, le compromis prévoit une taxe de 26 centimes par litre pour les boissons contenant au moins cinq grammes de sucre pour cent millilitres et de 32 centimes par litre pour celles contenant huit grammes de sucre pour cent millilitres. Les bières ou vins sans alcool, ainsi que les jus de fruits ou de légumes purs seront exemptés. Le compromis doit permettre d’engranger 690 millions d’euros (M€) de recettes supplémentaires en 2027, 925 M€ en 2028 et jusqu’à 890 M€ par an les années suivantes. La Fédération des brasseurs allemands a réagi en critiquant un « fardeau pour les consommateurs comme pour les entreprises » et le peu de temps pour s’y préparer. 

Grandes cultures : Océalia lance un contrat «garantie de marge» avec délégation des travaux

Souhaitant aider ses adhérents à «faire évoluer leurs systèmes de production dans un contexte climatique, environnemental et économique en pleine évolution», Océalia lance une offre de «garantie de marge semi-nette» avec délégation des travaux par une ETA, a appris Agra presse auprès de l'entreprise. « Nous ne nous limitons plus à recommander des changements de pratiques, nous acceptons de partager concrètement le risque financier qui découle de cette prise de risque », précise Philippe Merle, directeur agriculture du groupe. Chaque projet fera l’objet d’une analyse personnalisée avec un seuil minimal de résultat, défini contractuellement. « Si le résultat économique réel est inférieur à l’objectif défini, Océalia compensera la différence, poursuit-il. Il s'agit d’un engagement concret sur la réussite globale du système proposé. Si le résultat économique est supérieur, chacun des acteurs en bénéficiera ». Ce dispositif repose sur trois partenaires : l’agriculteur « qui conserve la gouvernance totale de son entreprise », Océalia qui « coconçoit et sécurise la stratégie technique et économique » et une ETA locale qui « réalise les interventions prévues et en assure la traçabilité ». Ce dispositif est actuellement mis en place auprès d'un panel restreint d'adhérents. Avant un déploiement plus large, Océalia compte réaliser un bilan agronomique, économique et humain. (Anne Gilet)

Céréales : le CIC relève significativement sa prévision de production mondiale de maïs

Dans son rapport mensuel du 15 octobre, le Conseil international des céréales (CIC) a significativement relevé sa prévision de production mondiale de maïs pour la campagne commerciale 2026-2027, à 1 307 Mt, contre 1 301 Mt annoncé en septembre. La récolte 2026-2027 se situerait ainsi à un niveau légèrement inférieur à l'an passé (1 347 Mt), mais bien au-dessus des récoltes 2024-2025 et 2023-2024 qui avoisinaient 1 235-1 240 Mt. Les stocks prévisionnels de fin de campagne sont relevés de 8 Mt, à 297 Mt. Contactée par Agra Presse, l’organisation a justifié ses nouvelles projections par la meilleure récolte attendue aux États-Unis. Le CIC a tenu compte des chiffres du rapport de l’USDA du 9 octobre, qui avait surpris le marché, en revoyant sa prévision de production de maïs états-unienne en nette hausse par rapport au mois antérieur. Le ministère la projette à 407 Mt environ, contre 401 Mt le mois précédent. Les stocks de début de campagne s’avèrent également plus élevés que prévu rapporte le CIC, justifiant le relèvement de ceux de fin de campagne. À la suite de la publication de l’organisation internationale, les cours de la graine jaune sur Euronext reculaient vers 15h sur les échéances de la récolte 2026 d’environ 4 €/t. Les modifications concernant les autres grains sont mineures. La production planétaire de blé est maintenue à 820 Mt d’un mois sur l’autre. Celle de soja est abaissée de 1 Mt, à 439 Mt.

Semences : l'Ukraine met des échantillons à l'abri en Arctique

Pour la première fois depuis le début de l'invasion russe, l'Ukraine, grande nation céréalière, a déposé des échantillons de semences dans la réserve mondiale du Svalbard, dans l'Arctique norvégien, a annoncé le gouvernement norvégien le 14 octobre. Elle y a déposé cette semaine 773 échantillons de semences, y compris différentes variétés de tournesol, de céréales, de sarrasin et de plantes fourragères, a précisé le ministère norvégien de l'Agriculture dans un communiqué. Le précédent dépôt ukrainien dans la réserve date de 2012, précise-t-il. Souvent qualifiée de « grenier à blé de l'Europe », l'Ukraine possède une importante collection génétique, forte de plus de 154 000 échantillons représentant quelque 2 000 espèces, selon l'organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation (FAO). Sa banque nationale de gènes, située à Kharkiv, dans l'est du pays, a vu ses bâtiments et infrastructures endommagés par des bombardements russes en 2022, avant que sa collection ne soit transférée dans l'ouest, loin du front, rappelle le ministère norvégien de l'Agriculture.

Oignons : beaux rendements et prix atones en 2025-2026 (FranceAgriMer)

Selon une note du Réseau des nouvelles des marchés (RNM) parue en octobre, la récolte 2025-2026 d’oignons s’est caractérisée par de bons rendements, une campagne commerciale morose et des problèmes sanitaires post-récolte. La récolte, qui s’établirait à 642 716 t (+5 % par rapport à la saison précédente) s’est distinguée par une bonne proportion de gros calibres (50-70 mm et plus). Des foyers de fusariose et de pourritures bactériennes sont apparus dès novembre, touchant particulièrement les Hauts-de France, la Beauce et la Bourgogne : « Les défauts sanitaires observés ont imposé un tri renforcé et une commercialisation anticipée des lots affectés, perturbant ainsi la gestion des stocks », souligne le RNM (FranceAgriMer). Dès lors, si les volumes vendus ont atteint les objectifs fixés, les niveaux de prix se sont avérés décevants : ils ont stagné et se sont situés au-dessous des attentes initiales. Ainsi, en oignon jaune sec (catégorie I, calibre 60-80 mm, en sac de 10 kg), les prix au stade expédition ont conservé une linéarité au cours de la saison. Le niveau de prix moyen (0,34 € HT/kg) a été inférieur à celui des dernières campagnes. Le prix moyen du filet de 1 kg a été de 2,34 € TTC au stade détail, soit 4,5 % inférieur à celui de la campagne précédente (2,45 €).

Fleurs : le Muséum fait refleurir la Rose de France, espèce cultivée menacée

Engagé dans un programme de conservation des plantes menacées d’extinction dans leur milieu naturel depuis 2021, le Conservatoire botanique national du Bassin parisien, service scientifique du Muséum national d’histoire naturelle, annonce une première fleuraison de l’emblématique Rose de France (Rosa gallica) en 2026, alors qu’elle était attendue pour 2027. Différentes méthodes pour favoriser la germination des graines et leur amplification ont été expérimentées. Une fois suffisamment développées, les jeunes plantes ont été transplantées dans des pots afin de poursuivre leur croissance dans des conditions optimales. Certains plants ont été choisis pour rejoindre les collections du Jardin des Plantes. Protégée au niveau national, cette rose, doyenne parmi les espèces cultivées, est classée « en danger » en région Centre-Val de Loire et, malgré l’existence de quelques peuplements importants, notamment dans la Champagne berrichonne. En parallèle, le Conservatoire a mené avec l’UMR IRHS à Angers une étude de la diversité génétique et de la qualité des populations. Ces travaux ont permis de mieux distinguer les populations sauvages des formes cultivées et de mieux comprendre l’organisation génétique des populations françaises. À l’échelle européenne, les résultats montrent que la France constitue un important foyer de diversité pour Rosa gallica.

Horticulture : moins d’achats de plantes pendant l’été 2026 à cause de la canicule

À l’occasion des premières Rencontres du jardin le 9 octobre, la société de conseil ObSoCo (Observatoire Société et consommation) a présenté la dernière édition de son panel qu’elle réalise pour la fédération Jardineries & Animaleries de France, indique Valhor sur son site internet. Les résultats montrent une forte hausse de juillet à septembre de la proportion des foyers (atteignant 23 % à 30 %) déclarant qu’ils n’avaient acheté aucune plante ni aucun produit pour le jardin au cours du mois à cause de la météo. Par ailleurs, Les résultats janvier-août 2026 comparés à la même période de l’année précédente mettent en lumière une baisse globale de 1,4 % du marché du jardin. Les formats de distribution ont diversement évolué sur la période au global : -4,9 % pour les jardineries/LISA, +2,6 % pour les GSB (bricolage) et -1,7 % pour les GSA (alimentaires). Mais le rayon végétal a davantage reculé, à -3,2 % : -3,9 % pour les jardineries/LISA, -3,8 % pour les GSB et -0,5 % pour les GSA. Outre le coût de la vie, la hausse du prix du carburant est un autre facteur qui peut expliquer la baisse : 59 % des Français évitent de se déplacer pour limiter leurs dépenses de transport. Les consommateurs s’orienteraient vers l’entretien de leurs possessions, dont l’entretien du jardin, plutôt que l’acquisition. « On est dans l’économie de la prudence », a expliqué Guénaëlle Gault, directrice générale de l’ObSoCo.

Vin : fraude à l'AOP châteauneuf-du-pape, 1,8 M€ d'avoirs criminels saisis

Plus de 1,8 M€ d'avoirs criminels ont été saisis, dont un chalet à Megève, à la suite d'une opération de fraude à l'appellation châteauneuf-du-pape, cru prestigieux des côtes-du-rhône, a annoncé le 14 octobre la gendarmerie. Un producteur-négociant d'Occitanie a « dissimulé 679 hl de vins » provenant de ses récoltes de 2020 à 2022 aux « organismes de contrôle », qui ont ensuite été commercialisés par un intermédiaire sous la fausse appellation châteauneuf-du-pape. Les vignobles de ce cru réputé sont situés dans le Vaucluse, mais le volume concerné dans cette affaire est de faible ampleur, comparé à la production annuelle moyenne de 90 000 hl sur les dix dernières années, a précisé à l'AFP cette AOP. Les bénéfices étaient en revanche extrêmement élevés, car « ce procédé aurait permis de générer un chiffre d'affaires 14 fois supérieur à celui de la valeur du vin », selon le communiqué de la gendarmerie, précisant que cette affaire devrait être prochainement audiencée au tribunal judiciaire de Béziers. L'enquête de la compagnie de Pézenas (Hérault) et la brigade d'enquête vins et spiritueux de la Dreets Occitanie (Direction régionale de l'économie et de l'emploi) a débouché sur la saisie de plus de 1,8 M€ d'avoirs criminels, soit un chalet à Megève (Haute-Savoie) estimé à 1,6 M€ et des placements financiers de plus de 220 000 €.

Apiculture : le miel des Landes reconnu comme IGP par Bruxelles

La Commission européenne a annoncé, le 15 octobre, l’enregistrement de la dénomination « Miel des Landes » en tant qu’indication géographique protégée (IGP). Cette dénominationa s’ajouter aux plus de 3 900 noms protégés déjà répertoriés dans la base de données de l’UE (eAmbrosia). Dans son communiqué, Bruxelles précise que le miel des Landes est un miel naturel issu du plateau des Landes. Il peut être soit monofloral, soit polyfloral. L’exécutif européen indique, en outre, que sa particularité réside dans la production d’une large gamme de miels, fruit d’une succession de flues qui tirent pleinement parti des ressources florales sauvages de la région. Le savoir-faire des apiculteurs se reflète dans leur gestion des colonies, adaptée au terroir, ainsi que dans leur maîtrise de la teneur en eau du miel. En France, le cahier des charges du « Miel des Landes » avait été homologué par arrêté le 17 août 2023, puis le Conseil d’État, dans sa décision du 12 mars 2025, avait validé la procédure visant à son enregistrement en IGP.

Volaille Label rouge : malgré la sécheresse, une offre stable attendue pour les fêtes

Le Synalaf (labels avicoles officiels) a annoncé le 14 octobre en conférence de presse que 2,2 millions de volailles festives sous Label rouge seront offertes pour les fêtes de fin d’année (comparable à 2025) à des prix « accessibles » en dépit de la sécheresse estivale. Les chapons fermiers de poulet en représenteront les deux tiers, et les poulardes, chapons de pintades, dindes et oies fermières respectivement 15%, 12%, 8% et 1%. Ces proportions sont celles des mises en place ; les canicules et la sécheresse de cet été n’ont eu qu’un effet très limité sur la production annuelle de volailles en plein air (0,21% de volailles en moins et poids réduits). Ces conditions estivales difficiles n’ont aucun effet sur le volume prochainement offert en fin d’année, a assuré le président du Synalaf, Benoît Drouin. Quant aux coûts pour le consommateur, le Syndicat assure qu’ils seront « accessibles » en se basant sur ceux de la fin 2025, soit 5,70 euros la portion de chapon et 4,70 euros, évalués sur la base des prix de vente moyens des magasins à la fin 2025 [pour les pièces entières]. Ceci en dépit de la hausse des matières premières depuis un an. 

Spiritueux : Paul Skehan redevient directeur général de l’association européenne

L’association européenne de l’industrie des spiritueux (Spirits Europe) a annoncé, le 12 octobre, la nomination de Paul Skehan en tant que directeur général. Ce dernier fait ainsi son retour à la tête de l’organisation après un premier passage entre 2011 et 2017. Il remplace Mark Titterington qui a occupé la direction générale de Spirits Europe pendant un peu plus d’un an entre septembre 2025 et octobre 2026. A l’issue de sa période à Spirits Europe, Paul Skehan a été pendant huit ans en charge des affaires européennes chez PepsiCo, tout d’abord en tant que directeur principal, puis au poste de vice-président. « À une époque de profonds changements pour l'Europe et notre secteur, l'expérience, le jugement et la compréhension du contexte politique et économique de Paul seront des atouts considérables pour Spirits Europe et ses membres », a réagi Patrick Piana, président de Spirits Europe, dans un communiqué.

Coopératives : Christophe Marcoux nommé directeur de la Coop de Puiseaux

Christophe Marcoux est depuis le 17 septembre le nouveau directeur de la coopérative de Puiseaux (Loiret). Il remplace Olivier Charasse, qui occupait ce poste depuis le 10 février 2025 et qui a quitté l’entreprise en juillet 2026. « J’occupe cette fonction à 80 % de mon temps et continue, pour les 20 autres %, à me consacrer à mon entreprise de conseils auprès des agriculteurs », explique-t-il à Agra Business. Christophe Marcoux connait bien le monde coopératif agricole puisqu’il fut, successivement, directeur général de Val’Limagne.coop, de Bourgogne du Sud et d’Esternay. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 19 octobre 2026

Lundi 19 octobre
Conférence des parties (Cop17), à la Convention sur la diversité biologique, en Arménie
Réunion des ministres de l'Agriculture du G7, à Paris
Présentation du programme de travail de la Commission européenne pour 2027
Session plénière du Parlement européen
Les députés poursuivent l'examen du PLF (première partie)
Point presse sur le marché européen et tendances en bio, au Sial

Mardi 20 octobre
Trilogue sur la proposition de mise à jour du règlement bio européen
Trilogue sur la modification du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (MACF)
Conférence de presse sur le bilan de la récolte de maïs par l'AGPM (maïsiculteurs, FNSEA)
Conférence de presse du CIVB (vin de Bordeaux) sur un prix d'orientation

Mercredi 21 octobre
Congrès des parcs naturels régionaux de France, à Metz
Les députés poursuivent l'examen du PLFSS
Les députés examinent en commission une proposition de résolution contre l'Omnibus X

Jeudi 22 octobre
Les sénateurs examinent la PPL Cadmium dans l'alimentation
Les sénateurs examinent la PPL Panier de denrées à prix coûtant
Assemblée générale de la CFA (aviculteurs, FNSEA)
Conférence de presse viticole du Modef
Journée de recherche de l’Inrae sur les contestations récentes et inégalités en agriculture
Table ronde de l'agglomération du Grand Cognac sur les 90 ans de l'AOC cognac

Vendredi 23 octobre
Résultats 2026 de Sodexo (restauration)