Agrafil du 11 février 2025

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NGT: nouveau projet de compromis sans les restrictions sur les brevets

Toujours à la recherche d’un compromis entre les États membres pour débloquer la question des nouvelles techniques de sélection génomique (NGT), la présidence polonaise du Conseil de l’UE propose dans un nouveau projet de texte (obtenu par Agra Presse) d’autoriser les brevets sur l’ensemble des variétés, notamment celles de catégorie 1 (considérées comme équivalentes à des variétés conventionnelles et donc exclues des obligations de la directive OGM). «L'existence d'une protection par brevet n'affecte pas l'obtention du statut NGT de catégorie 1, qui repose uniquement sur des critères d'équivalence scientifique», précise le document. Ce projet, daté du 6 février, sera discuté le 19 février en groupe de travail par les experts des États membres. Par rapport au premier compromis qu’elle avait soumis en janvier, la Pologne a aussi abandonné l’idée de permettre aux États membres d’interdire la culture d’une variété de NGT de catégorie 1 sur leur territoire. «Cela va à l'encontre de la proposition du Parlement européen, qui veut interdire les brevets sur les plantes NGT», rappelle, dans un communiqué du 9 février, l’ONG Testbiotech, qui craint une «monopolisation des semences» par de grands groupes.

Vin: le commissaire européen à l’Agriculture annonce des mesures, probablement pour mars

Invité à échanger, le 10 février, avec les députés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen sur les propositions de Bruxelles visant à renforcer les agriculteurs au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen a confirmé la volonté de Bruxelles de «proposer un ensemble de mesures spécifiques pour le secteur vitivinicole sans attendre la prochaine réforme de la Pac». Sous réserve de finalisation de «procédures internes», ces propositions pourraient être dévoilées «dès le mois de mars». Cette annonce intervient après des pressions conjointes du Parlement européen et du Conseil de l’UE pour mettre en œuvre les recommandations du groupe à haut niveau sur le vin, sorte de dialogue stratégique de la filière européenne, adoptées en décembre. «Je sais que ce sujet suscite un vif intérêt et de grandes attentes», a-t-il indiqué aux eurodéputés. Et d’ajouter: «J'espère que vous serez en mesure de vous mettre rapidement d'accord sur la position du Parlement européen, ce qui permettra au processus co-législatif de progresser sans délai».

Ouverture des programmes opérationnels de la Pac: les cinq nouveaux secteurs choisis

Réservés aux fruits et légumes depuis leur création en 1996, les programmes opérationnels (PO) de la Pac ont été ouverts à de nouvelles filières, comme permis par la programmation 2024-2027. Pour l'attribution des PO intitulés «Autres secteurs», les filières choisies sont les suivantes, indique FranceAgriMer, interrogé par Agra Presse: fourrages séchés; plantes vivantes et produits de la floriculture; veaux sous la mère Label rouge; oléoprotéagineux et légumes secs; et cuniculture. Et de préciser que le secteur du riz «a finalement renoncé au dispositif». Sur l'année 2024, trois secteurs ont déjà bénéficié d'une aide: fourrages séchés (quatre programmes) pour 3,6 M€ en 2024 et 4,7 M€ en 2025; plantes vivantes et produits de la floriculture (trois programmes) pour 4 M€ en 2024 et 3,9 M€ en 2025. Et enfin veaux sous la mère Label rouge (neuf programmes) pour 2,2 M€ en 2024 et 2,1 M€ en 2025. En 2024, trois programmes sont prévus pour les oléoprotéagineux et légumes secs, pour 0,6 M€; et sept programme en cuniculture, pour 0,5 M€. Deux nouveaux programmes vont démarrer dans la filière veaux sous la mère Label rouge en 2025, pour 0,1 M€. Une enveloppe d'environ 10 M€ avait été annoncée en 2022 pour ces «autres secteurs» par le ministère de l'Agriculture. Un budget qui attirait les convoitises, notamment des filières porc et lait, qui ne sont pas retenues jusqu'à présent.

Élections chambres: en Corse, la liste d’union prend la chambre à FDSEA-JA

La liste «A l’iniziu una terra», soutenue par trois syndicats, a remporté la chambre d’agriculture de région de Corse, avec 52,41% des voix, selon les résultats officiels publiés le 8 février. Emmenée par le vigneron Jean-Baptiste Arena, la liste regroupe son mouvement Mossa Paisana et la Via Campagnola (Confédération paysanne), avec le soutien de la Coordination rurale. Maire de Patrimoniu, M. Arena est aussi conseiller territorial Core in Fronte (indépendantiste d’extrême-gauche). Avec 124 voix d’avance, sa liste d’union détrône la liste «Terra nostra» de la FDSEA et des JA (47,59%), menée par les présidents sortants de Corse-du-Sud, Stéphane Paquet, et de Haute-Corse, Joseph-Louis Colombani (également président de la FDSEA, condamné en 2023 pour fraude aux aides Pac). Selon France 3 Corse Viastella, Jean-Baptiste Arena compte désormais «unir toutes les forces vives de l’agriculture corse», saluant «un vote d’adhésion, un vote pour tourner une page, mais pas un vote de rejet». «Je ne m'inscris pas dans l'opposition mais dans les projets. S'ils ont besoin de nous, nous serons là», a réagi Joseph Colombani. Et le président sortant de rappeler que l’agriculture corse traverse une «période charnière», alors qu’une démarche est en cours pour accorder davantage d’autonomie institutionnelle à l’Île de beauté.

Chambres d’agriculture de Corse: une gouvernance à «remettre en ordre» (Cour des comptes)

«Dysfonctionnements» dans la gouvernance, manque de prévention des conflits d’intérêts, «irrégularités persistantes» dans les finances, etc. La gestion des trois chambres d’agriculture de Corse (Haute-Corse, Corse du Sud, chambre régionale) est marquée par de nombreuses «lacunes» dans sept domaines, pointe la Cour des comptes dans un rapport publié le 10 février. À l’issue des élections 2025 (lire ci-dessus), ces trois structures sont appelées à fusionner en une chambre de région. La Cour des comptes appelle à saisir de cette occasion pour mettre en place «une série de mesures de remise en ordre de la gouvernance». Elle appelle à créer «un règlement intérieur comportant des règles et des sanctions en matière de prévention des conflits d’intérêts». Après plusieurs condamnations d’élus et de salariés, les magistrats appellent à mettre fin au «manque de détermination à lutter contre les fraudes». La gestion «devra gagner en rigueur», exhortent-ils, tout en demandant à développer la mutualisation et les prestations de services aux agriculteurs et collectivités. La Cour des comptes plaide enfin pour une «clarification» des rôles entre les chambres et les autres institutions agricoles, «notamment pour la politique d’installation des agriculteurs, qui fait aujourd’hui défaut».

Féverole: une filière d'alimentation humaine lancée avec Unéal et Dijon Céréales

Dans les Hauts-de-France, Graine de choc, entreprise créée en 2019, développe la féverole pour l’alimentation humaine, sous forme de légumineuses classiques, mais aussi d'ingrédients pour l’agroalimentaire. Après plusieurs années de R&D, des industriels clients de Graine de Choc s’apprêtent à commercialiser leurs produits. Pour les approvisionner, la société s’est associée aux coopératives Unéal et Dijon Céréales. «Nous devrions, cette année, commercialiser une petite centaine de tonnes de féverole», estime Béatrice Maire, fondatrice de Graine de Choc. «Nous prévoyons des volumes entre 200 et 250 tonnes en 2026, et entre 700 et 800 tonnes en 2030.» La société travaille aussi au lancement d’une filière meunerie. La féverole améliore la structure du sol, tout en fixant l’azote de l’air. Elle est par conséquent un choix intéressant dans une rotation de grandes cultures. Graine de choc exige des semences certifiées bio, à faible teneur en vicine-convicine, des enzymes pouvant entraîner une anémie chez certains sujets. L’entreprise a prévu une marge nette pour les agriculteurs de 1000 €/ha. (Elena Blum)

Pesticides: vers une confirmation d'annulation d'AMM contre Corteva, selon l’Unaf

L’Unaf (apiculteurs) indique que la cour d’appel de Marseille «devrait confirmer» l’annulation des autorisations de mise sur le marché (AMM) des insecticides Closer et Transform du fabriquant Corteva Agriscience, d'après un communiqué du 10 février. L’Unaf s’attend à ce que le juge suive l’avis du rapporteur public, lequel a conclu, lors d’une audience le 6 février, à l’annulation des AMM pour deux raisons. La première est que «les effets synergiques du sulfoxaflor avec les autres substances actives et les autres coformulants contenus dans les produits n’ont pas été pris en compte au stade de l’évaluation de l’innocuité du produit par l’Anses», rapporte l’Unaf. La seconde est que «l’AMM a été accordée en l’absence d’évaluation établissant que l'utilisation de ces produits n'entraînait pas d'effets inacceptables sur les larves d'abeilles, le comportement des abeilles ou la survie et le développement de la colonie, à court et à long terme, contrairement à l’exigence de la règlementation européenne». L’Unaf avait déjà obtenu l’annulation de ces AMM, elle-même annulée le 15 mars par le Conseil d’État pour une «erreur de droit» concernant les conditions d’emploi des produits.

Céréales à paille/fongicides: progressions des résistances, dont multiples (chercheurs)

Dans une note sur l’évolution des résistances aux fongicides sur céréales à paille parue le 6 février, Arvalis, Inrae et l’Anses dressent un état des lieux par maladie et par mode d’action. Face à une progression des souches résistantes, les instituts recommandent de «n’intervenir que si strictement nécessaire» et encouragent, en premier lieu, le recours «à la prophylaxie, aux variétés résistantes et aux outils d’aide à la décision». Pour minimiser la pression de sélection, la priorité est de diversifier les modes d’action au sein des programmes, sachant que, «sur blé comme sur orge, l’utilisation des SDHI doit être limitée à une seule application par saison». Sur blé, face à la progression des résistances multiples, il convient de «privilégier les fongicides multisites et les spécialités de biocontrôle». Sur orge, pour éviter de sélectionner davantage les souches présentant une résistance multiple, «le recours à l’utilisation d’un mélange trois voies QoI+SDHI+IDM doit être rigoureusement limité aux situations où l’helminthosporiose est très difficile à contrôler». Enfin, pour gérer les rouilles des céréales, le conseil est d’éviter de recourir aux SDHI, mais d’opter de préférence pour les traitements associant triazoles et Qol. (Anne Gilet)

Blé dur: la sole française baisserait encore cette année (Arvalis)

Lors de la Journée blé dur du 6 février à Aix-en-Provence, Matthieu Killmayer, animateur filière blé dur d’Arvalis, a déclaré qu'il estimait «un recul d’environ 5% de la sole hexagonale de blé dur entre 2023 (récolte 2024) et 2024 (récolte 2025), à environ 227 000 ha». Pour rappel, plus de 500 000 ha étaient cultivés en France en 2010. Depuis 2018, la superficie a presque continuellement diminué chaque année. La projection peut encore évoluer, selon les conditions météorologiques du printemps 2025. Une des principales causes de cet effritement des assolements est le mauvais souvenir des récoltes obtenues l’an dernier, tant en volume qu’en qualité, qui a pu décourager certains agriculteurs à ressemer. Tous les bassins de production constateraient des replis. Les plus importants concerneraient le Sud-Ouest et le Centre. «Dans le Sud-Ouest, les qualités n’étaient pas toujours mauvaises l’an dernier, mais les rendements ont fortement chuté. On a constaté du 10 q/ha, voire même des parcelles non récoltées. Et ce en raison d’attaques de pucerons et de cicadelles, spécialement, dans l’Aude et la Haute-Garonne», témoigne Matthieu Killmayer.

Contrôles: la CFDT s'inquiète des conditions d'élaboration des chartes départementales

À l'occasion de leur rencontre le 4 février avec la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, les fonctionnaires du Spagri (CFDT) ont fait état de leurs inquiétudes quant à la façon dont les préfets de département mèneront les concertations qui doivent aboutir à la rédaction de chartes de contrôles des agriculteurs, comme prévu par la circulaire ministérielle parue en novembre. «D’après nos informations, il y a autour de la table des représentants des chambres d’agriculture et des syndicats agricoles, et côté administration au mieux les directeurs des services déconcentrés. Aucun représentant des inspecteurs. Les syndicats des contrôleurs ne sont pas non plus invités», s'inquiète la CFDT. Le syndicat constate que «les chartes existantes rédigées dans ces conditions sont très orientées par la profession…» En Bretagne, une charte existe depuis au moins 2017. Dans la circulaire, les ministres indiquaient que ces chartes avaient pour objectif de «partager les bonnes pratiques entre la profession agricole et les différents corps de contrôles», et de «sécuriser le déroulement des contrôles, de la prise de rendez vous jusqu'à l'information sur les constats et la suite de la procédure». Un modèle national de charte devait avoir été publié d'ici fin 2024.

Vin: ouverture du salon Wine Paris, sur fond de craintes de guerre commerciale

Le salon du vin Wine Paris a ouvert ses portes le 10 février, alors que plane la menace de taxes douanières de la part des États-Unis. Lors de l’inauguration, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a évoqué «le regain de tensions géopolitiques». «La perspective d'une guerre commerciale que ravivent les élections américaines est une très grande menace. Le gouvernement est déterminé à défendre ses opérateurs», a-t-elle affirmé. «À l'heure où on se parle, il n'y a pas d'annonces concernant la filière des vins et spiritueux» de la part du gouvernement Trump, «mais il nous faut être vigilants», «ne pas subir», «être attentifs» et «sans naïveté», a renchéri Laurent Saint-Martin, son collègue au Commerce extérieur. Annie Genevard a par ailleurs rappelé un soutien à la trésorerie pour la viticulture et les filières touchées par le climat et les crises sanitaires: «Les premiers prêts [de consolidation garantis par l’État] seront signés pour le Salon de l’agriculture». De son côté, Nathalie Delattre, ministre déléguée au Tourisme, a souligné l'ambition de la France de «devenir la première destination œnotouristique en Europe dans le cadre de notre stratégie 2030». Le pays compte 10 000 caves ouvertes à la visite, selon des données publiées le 10 février par Atout France. L'Hexagone a accueilli 12 millions d'œnotouristes en 2023 (+20% par rapport à 2016).

Raisin de table: en Italie, le raisin noir et le «sans pépins» progressent

Lors du salon Fruit Logistica, qui s’est tenu à Berlin du 5 au 7 février, l’association de la filière italienne du raisin de table (CUT) et le service de soutien à la filière horticole italienne (CSO) ont présenté les données d’évolution du secteur du raisin de table. Résultat: entre 2022 et 2023, le raisin blanc a enregistré une baisse de 1%, passant de 71,9% des parts de marché à 70,9%, tandis que le raisin rouge maintient sa position (22%) et que le raisin noir progresse (7%). «Une légère progression qui confirme toutefois une tendance à la baisse du raisin blanc pour les fournisseurs», rapporte un communiqué du CSO. En revanche, l’évolution est nettement plus marquée en ce qui concerne les parts de marché entre raisin sans pépins et raisins avec pépins. En 2022, le CSO a ainsi enregistré une part de 53% pour le raisin sans pépins, contre 47% pour celui avec pépins. Un an plus tard, le sans pépins a encore renforcé sa position, atteignant 58%, contre 42% pour les variétés traditionnelles avec pépins. Après la pomme, le raisin de table occupe la deuxième place en matière de production et d’exportation dans le secteur des fruits et légumes italiens, rappelle Massimiliano Del Core, président de l’association CUT. Avec près de 70% du volume total de raisins de table importés, la botte est notamment le principal fournisseur de la France en raisins de table.

Accord UE/Mercosur: les Ultras de l’A64 manifestent dans les Pyrénées (presse)

À l’appel du collectif asyndical des Ultras de l’A64, plusieurs dizaines d’agriculteurs ont manifesté à trois points des Pyrénées pour protester notamment contre l’accord UE/Mercosur. Au pont du Roi, près de Fos (Haute-Garonne), «une trentaine d'agriculteurs, dont quelques espagnols, bloquaient le trafic par intermittence» à la frontière avec l’Espagne, rapporte l’AFP. Le dispositif: des «barrages pédagogiques» pour «discuter avec les automobilistes», explique Jérôme Bayle, figure médiatique du mouvement de colère de l’hiver 2023-2024, présent sur place, selon la radio publique Ici (ex-France bleu). Dans les Pyrénées-Atlantiques, une cinquantaine d'agriculteurs «sans étiquette syndicale» à bord d'une trentaine de tracteurs ont été empêchés d'entrer sur l'autoroute A64, où ils voulaient bloquer un péage; ils se sont finalement rassemblés sur un «vaste rond-point à l'entrée de Bayonne», d’après l’AFP. Dernier point de rassemblement: le col d’Ares, dans les Pyrénées-Orientales. Dans leur communiqué diffusé la veille, les Ultras de l’A64 appelaient à une mobilisation «sans bannières syndicales» et listaient trois revendications: «Non au Mercosur, détaxation des énergies, harmonisation des normes françaises et européennes».

Aléas climatiques: près de 100 M€ débloqués de la réserve agricole pour cinq pays

La Commission européenne propose de débloquer une nouvelle enveloppe d’urgence de 98,6 millions d’euros (M€) en faveur des secteurs agricoles touchés par des phénomènes climatiques défavorables en Espagne, en Croatie, à Chypre, en Lettonie et en Hongrie, dans un projet de règlement publié le 7 février qui sera soumis à un vote des experts des États membres le 19 février. La majeure partie de ces soutiens (68 M€) sont destinés à l’Espagne, où la région de Valence a connu fin octobre-début novembre des inondations sans précédent. Le reste est réparti de la manière suivante: 16,2 M€ pour la Hongrie (sécheresse), 6,7 M€ pour la Croatie (vague de chaleur), 4,2 M€ pour la Lettonie (gel et sécheresse) et 3,5 M€ pour Chypre (sécheresse). Ces aides de l’UE pourront être complétées à hauteur de 200% au moyen de fonds nationaux et devront être distribuées d’ici le 30 septembre. Au titre de la réserve agricole de 2024-2025, dotée au total de 450 M€, quatre autres enveloppes ont déjà été attribuées pour un montant de près de 300 M€ (auxquels viennent s’ajouter ces nouveaux 100 M€).

Porc: en Allemagne, première croissance de la production de viande porcine depuis 2016

Après sept années de réduction, la production allemande de viande porcine a renoué avec la croissance en 2024, selon un état provisoire de l’Office fédéral des statistiques (Destatis). Elle a augmenté de 1,9% par rapport à 2023, mais reste à près de 25% du précédent record de 2016. Les abattoirs ont abattu 44,6 millions de porcs en 2024 (+1,2% par rapport à 2023), dont 1,3 millions de porcs importés (-9,2%). L’abattage de porcs élevés en Allemagne a en effet augmenté de 1,6% pour atteindre 43,3 millions de têtes. La remontée de la production de viande porcine en Allemagne succède à deux années de forte chute. En effet, l’indice (base 2000) de la production de viande porcine est passé de 126,6 en 2021 à 107,2 en 2023. En juillet 2023, Business France avait donné plusieurs explications à cette forte baisse: la baisse de la consommation, les difficultés à l’exportation en Asie liées à la présence de la fièvre porcine africaine (PPA) outre-Rhine, ou encore les coûts élevés de l’énergie et des aliments pour porcs. La baisse de la production avait entraîné l’augmentation des importations de porcs élevés hors d’Allemagne, de 20% au premier semestre 2023.

Escargots: après un pic en 2023, projet de recherche pour limiter les pertes en élevage

Dans un communiqué publié sur LinkedIn, l’Itavi (institut technique avicole) annonce le lancement d’un projet de recherche sur l’élevage d’escargots visant à «acquérir de nouvelles connaissances pour réduire le taux de mortalité». En 2023, la filière a subi 40% de pertes, notamment en raison de la prédation, d’une «gestion génétique restreinte», d’une alimentation non adaptée ou encore des effets du dérèglement climatique. Baptisée Phacélie, cette démarche multi-partenariale explorera quatre axes d’amélioration: mutualisation des bonnes pratiques, suivi technico-économique, alimentation et aménagement agroforestier. Elle participera à la «progressive structuration de la filière hélicicole», selon le communiqué. L’Itavi est le chef de file de ce projet élaboré avec la FNHF (héliciculteurs). Prévu sur la période 2025-2027, ce projet est cofinancé par les régions Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes. Concernant le volet opérationnel, il associe aussi la chambre d’agriculture de Côte-d’Or, le Sysaaf (syndicat professionnel génétique), ainsi que les lycées agricoles de Savoie-Bugey et de Chateaufarine (Doubs).

Roumanie/Bulgarie: face à l'inflation, appels au boycott des supermarchés

L'exemple croate fait des émules: les consommateurs sont appelés à boycotter les supermarchés le 3 février en Roumanie, confrontée à l'inflation la plus élevée de l'Union européenne, avant la Bulgarie le 6 février. En Roumanie, c'est l'extrême droite, en plein essor, qui a lancé le mouvement. «De telles hausses de prix sont inacceptables», a ainsi déclaré la semaine dernière dans une vidéo sur Facebook l'ex-candidat à la présidentielle Calin Georgescu, arrivé contre toute attente en tête du scrutin de novembre, annulé par la suite sur fond de soupçons d'ingérence russe dans la campagne. Il a appelé les Roumains à délaisser la grande distribution pour privilégier «les marchés locaux et boutiques de proximité» vendant des produits roumains. L'inflation, liée selon les économistes à la forte dette et à la lenteur des réformes dans un pays corrompu, s'est élevée à 5,5% en 2024, après avoir atteint un pic de près de 14% en 2022. Une situation qui a alimenté le vote pour les partis d'extrême droite lors des récentes élections. Au total, les trois formations souverainistes ont récolté aux législatives début décembre un tiers des suffrages.

Fleurs/Saint-Valentin: baisse des ventes l'an passé, après l'embellie post-Covid

Le marché de la fleur pour la Saint-Valentin (14 février) a représenté 32 millions d’euros (M€) en 2024, soulignent les dernières données de FranceAgriMer, Valhor et Kantar, reprises par la Fédération française des artisans fleuristes dans un un message sur LinkedIn. Soit un recul de 11% par rapport à l’embellie post-Covid de 2023 (+19%); 1,3 million de foyers ont consacré 25,30 € à l’achat de végétaux, un budget relativement stable d’une année sur l’autre. La botte déjà préparée reste la catégorie la plus achetée (63% en 2024), mais elle cède du terrain (-3% en un an) devant les assemblages et les compositions, qui passent de 19% à 36% des ventes. La rose demeure la fleur la plus achetée pour la Saint-Valentin: mais, si elle représentait 63% des sommes dépensées en 2023, elle a reculé en 2024 pour représenter 58%. Les fêtes calendaires sont particulièrement importantes pour la fleuristerie en France. Les trois principales au cours du premier semestre (Saint-Valentin, 1er Mai et Fête des mères) ont totalisé 112 M€ de ventes l’an passé. 

Concours général: la choucroute, premier légume de France à concourir

Après une expérimentation accomplie en 2024, la choucroute sera le premier légume de France à avoir sa propre épreuve au Concours général agricole (CGA) du Salon de l’agriculture cette année, est-il expliqué dans un communiqué de presse le 4 février. Onze choucroutes provenant de six choucroutiers d’Alsace (six crues et cinq cuites) sont inscrites au concours. La majorité d’entre elles bénéficie de l’GP (indication géographique protégée) «choucroute d’Alsace»; la filière IGP représentait environ 1250 tonnes en 2024. Depuis l'obtention de l'IGP en septembre 2018, la filière a multiplié par cinq ses volumes de vente sous ce signe de qualité, avec pour ambition d'atteindre 10% des volumes nationaux en IGP d'ici à 2030. L’Alsace concentre 70% de la production nationale; 49 producteurs produisent ce légume sur 600 ha, pour neuf choucroutiers (entre 25 000 et 28 000 tonnes de produits).

Pesticides: Clotilde Bois-Marchand nommée directrice du Contrat de solutions

Clotilde Bois-Marchand, ingénieure agronome, remplace Marianne Sellam à la direction de l’association Contrat de solutions, qui rassemble les représentants de firmes (Afaïa, UFS, Phyteis, etc.), l’amont (LCA, FNA, chambres, etc.), les représentations de filières et les interprofessions. Clotilde Bois-Marchand a travaillé à la FNSEA en tant que responsable des dossiers environnementaux, avant de rejoindre, en septembre 2021, l'association Contrat de solutions, en tant que cheffe de projets. Quant à Marianne Sellam, elle est désormais directrice scientifique et technique de l’Acta. (Elena Blum)