Agrafil du 24 février 2026

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Pac post-2027 : des ministres de l’Agriculture demandent déjà d’envisager un report

Alors que les discussions sur le cadre financier pluriannuel de l’UE post-2027 débutent tout juste, la Commission européenne travaille déjà aux recommandations qu’elle compte envoyer à chaque État membre pour la future Pac. Des discussions bilatérales ont commencé avec huit États membres et se poursuivront jusqu’à l’automne avec l'ensemble des Vingt-sept. « Les premiers projets de recommandations sont attendus mi-2026, puis une seconde mouture sera présentée fin 2026 », a précisé le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen, lors de la réunion des ministres de l’UE le 23 février à Bruxelles. Mais, promet-il, celles-ci ne seront finalisées qu’une fois les textes juridiques financiers adoptés. Pourtant, beaucoup de ministres de l’Agriculture ne croient pas que ce calendrier soit tenable. Nombre d’entre eux (Grèce, Portugal, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Autriche, Luxembourg) demandent déjà à Bruxelles de prévoir une période de transition pour prolonger les dispositions de la Pac actuelle en 2028. Le calendrier « est ambitieux », admet le commissaire Hansen, mais, pour éviter toute précipitation par la suite il faut, selon lui, « avancer le plus vite possible dès maintenant ».

Pac post-2027 : comme Macron, la FNSEA lorgne sur le fonds de compétitivité européen

À l'occasion d'une conférence de presse le 23 février, le vice-président du Copa-Cogeca, Franck Sander, a émis le souhait de sanctuariser, pour l'agriculture, une partie du futur fonds de compétitivité européen, actuellement fléché vers de grandes thématiques. « Nous avons besoin d'investir dans la recherche », a déclaré le betteravier français. « Il faut orienter des fonds non seulement de cohésion, mais aussi d'investissement. ». La FNSEA souhaite pouvoir faire émerger des investissements en matériel chez les agriculteurs ou en recherche et développement dans les sociétés d'agrofourniture. Lors de la visite d'une ferme il y a quelques semaines, Emmanuel Macron s'était dit favorable à des « objectifs de production européens ». L'Élysée a précisé le 21 février que leur déclinaison technique est encore ouverte et pourrait mobiliser les programmes opérationnels (PO) pour certaines filières, ou le fonds pour la compétitivité en ce qui concerne les engrais. Les eurodéputés lorgnent également sur cette enveloppe de 450 milliards d’euros (Md€). Pour rappel, elle réunira 14 programmes, dont 20 Md€ pour les secteurs de la santé, des biotechnologies, de l’agriculture et de la bioéconomie, ainsi que 40 Md€ en innovation.

Pac post-2027 : la FNSEA ne veut pas aller plus loin dans la décentralisation aux régions

Dans le cadre de la négociation de la future Pac post-2027 et de sa déclinaison française, le membre du bureau de la FNSEA Yannick Fialip a indiqué, à l'occasion d'une conférence de presse le 23 février, qu'il ne souhaitait pas décentraliser davantage les aides et leur cofinancement vers les régions. « Il faut conserver un cadre national, la proposition actuelle laisse beaucoup de possibilités », explique l'éleveur de Haute-Loire à Agra Presse. Les régions cofinancent et gèrent actuellement les aides à l'installation et à l'investissement, et plusieurs sont candidates à gérer davantage de dispositifs, comme la région Bretagne. La FNSEA est satisfaite de leur gestion de ces deux aides, mais ne souhaite pas aller plus loin dans la décentralisation. Et de souligner tout de même les distorsions actuellement de l'aide à l'investissement en aviculture. Pour le reste de la déclinaison de la future Pac, la FNSEA ne souhaite pas encore entrer dans le détail. Questionné sur la proposition de la Coopération agricole de pousser davantage les dispositifs des programmes opérationnels (PO), Yannick Fialip botte pour l'instant en touche, renvoyant aux futurs débats internes du syndicat majoritaire. La déclinaison nationale de la future Pac ne sera pas au menu du prochain congrès de la FNSEA, a-t-il d'ailleurs indiqué.

Pac post-2027 : la FNSEA planche sur des indicateurs de productivité pour les aides découplées

À l'occasion d'une conférence de presse le 23 février, la FNSEA a précisé ses positions dans le cadre de la négociation de la Pac post-2027. Sur l'actuel premier pilier de la Pac, le syndicat majoritaire a évoqué l'idée que les aides découplées soient également conditionnées à des indicateurs de productivité, tout comme le sont actuellement certaines aides couplées. « Nous ne voulons pas d'une agriculture de patrimoine. Nous voulons peut-être des indicateurs minimums de productivité », a expliqué Yannick Fialip, membre du bureau de la FNSEA. Concernant les futures aides à la transition – qui pourraient inclure les actuels éco-régimes (premier pilier) et les MAEC (second pilier)  –, la FNSEA demande la plus grande stabilité, notamment pour les éco-régimes : « On ne veut pas changer tous les ans de règles de fonctionnement. Nous voulons de la lisibilité». À l'occasion des vœux à la presse de Chambres d'agriculture France le 14 janvier, ses représentants nationaux ont présenté leurs pistes pour les zones intermédiaires (ZI), comptant notamment sur les futures mesures de transition de la Pac post-2027. « Il faut que les MAEC puissent permettre d'accompagner des projets », expliquait le vice-président Guillaume Lefort.

Pratiques commerciales déloyales : les Vingt-sept divisés sur l’interdiction de vente à perte

Lors de leur réunion du 23 février à Bruxelles, les ministres de l’Agriculture de l’UE ont eu un premier échange de vues concernant la future révision de la directive sur les pratiques commerciales déloyales. Attendue pour la fin 2026, la proposition de Bruxelles doit permettre « de corriger les faiblesses et de combler les lacunes afin de garantir que le cadre reste adapté à son objectif », indique le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen. Si les délégations se sont montrées généralement favorable à un cadre juridique plus harmonisé et efficace, elles se sont opposées sur l’interdiction de la vente à perte. Certains pointent la difficulté à mettre en œuvre une telle mesure dans la pratique. Un sentiment partagé par le commissaire luxembourgeois. Celui-ci lie cette question à la révision ciblée de l’OCM, dont le prochain trilogue doit avoir lieu le 5 mars et qui introduit l’idée des contrats obligatoires. « Si cela est inscrit dans un contrat, alors évidemment, le producteur ne vend pas en dessous des coûts de production », a-t-il indiqué. Le commissaire a annoncé sa volonté de poursuivre ses échanges avec les États membres, les autorités nationales de contrôle ou les parties prenantes. À ce titre, il participera, le 6 mars, à un dialogue sur la mise en œuvre de la directive.

Taxes Trump : Strasbourg suspend ses travaux sur l’accord, des éclaircissements exigés

Les rapporteurs de la commission du Commerce international du Parlement européen (Cominta) ont décidé, le 23 février, de suspendre à nouveau leurs travaux au sujet des textes mettant en œuvre l’accord commercial UE/États-Unis de juillet. Ceux-ci visent notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles américains. Alors que la Cominta devait initialement se prononcer le 24 février sur cette question, les eurodéputés justifient ce report par un besoin d’éclaircissements à la suite de la décision de la Cour suprême américaine invalidant la plupart des droits de douane de Donald Trump. « Ses implications ne peuvent être ignorées, et le statu quo n’est pas une option », a indiqué le président de la Cominta, le social-démocrate allemand Bernd Lange. La situation sera réévaluée par les rapporteurs « la semaine prochaine », précise un communiqué. De son côté, la Commission européenne exige aussi « des éclaircissements complets » à la suite des récents événements, craignant une hausse des tarifs au-delà de ce que prévoit leur entente. « Un accord est un accord », précise Bruxelles dans un communiqué du 22 février, exhortant les États-Unis à respecter les termes de la déclaration commune conclue en juillet 2025 en Écosse et devant stabiliser les relations commerciales entre les parties.

Paquet vin : les Vingt-sept entérinent les mesures visant à soutenir le secteur européen

Les ministres de l’Agriculture ont entériné, le 23 février, comme annoncé, le paquet de mesures destiné à répondre aux difficultés du secteur viticole européen. Le texte doit à présent être publié au Journal officiel de l’UE, et il entrera en vigueur vingt jours après. Dans le détail, ces mesures doivent permettre de mieux aligner l’offre et la demande en offrant notamment la possibilité d’utiliser des fonds de l’UE pour l’arrachage, ainsi que de définir les plafonds nationaux de paiement pour la distillation du vin et la vendange en vert à 25 % des fonds disponibles par État membre. En outre, le texte prévoit de remplacer la date limite de plantation par une période de révision décennale. Les États membres pourront aussi augmenter le soutien de l’UE aux investissements liés au climat, y compris l’atténuation et l’adaptation (jusqu’à 80 % des coûts éligibles). Le texte comprend également deux nouvelles définitions pour les vins partiellement désalcoolisés. Il prévoit par ailleurs d’exempter les vins destinés à l’exportation de l’obligation d’indiquer la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle sur l’étiquette. Enfin, le taux de soutien aux mesures de promotion dans les pays tiers est augmenté.

Cuivre/vin : premières actions en justice contre les décisions de retrait par l’Anses

La filière viticole a annoncé le 23 février de premières actions en justice contre les récentes décisions de l’Anses sur le retrait de pesticides à base de cuivre. « On agit au contentieux aux côtés des fabricants », a déclaré Anthony Brun, président de la commission Durabilité de la Cnaoc (vignerons AOC). Une première firme a engagé le 20 février un référé devant le tribunal administratif de Melun, selon lui. Elles seraient cinq au total. Leur action contre l’Anses s’accompagne d’une procédure en intervention de la Cnaoc, de la Fnab et de France Vin bio. Près de la moitié des AMM de produits phytosanitaires à base de cuivre n'ont pas été renouvelées cet été par l’agence. Les syndicats dénoncent la méthode. « On demande que les décisions de juillet soient suspendues, pour repartir avec des dossiers préparés différemment », a dit Bernard Farges, président du Cniv. Et de critiquer un manque de « convergence » entre l’Anses – pour qui les demandes d’AMM sont incomplètes – et les firmes – dans le flou sur les attentes de l’agence. Un autre grief est la « distorsion de concurrence » au sein de l’UE. « Pour un même dossier, c’est seulement en France qu’il y a des demandes complémentaires, aboutissant à la suppression de produits indispensables pour les viticulteurs », a déploré Anthony Brun.

Origine : la FNSEA et les JA lancent un Observatoire de l’origine

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) ont annoncé le 23 février le lancement d’un Observatoire de l’origine afin de dresser un état des lieux de l’origine des produits agricoles et alimentaires consommés en France. Au-delà du constat, qui sera dressé d’ici un an sur une base déclarative des participants, le but est d’analyser les freins à la transparence et de valoriser l’origine France auprès des acheteurs. Pour cet observatoire, la FNSEA et les JA ont mobilisé des organisations professionnelles : la Coopération agricole, Chambres d’agriculture France, l’industrie agroalimentaire (Ania, Ilec, Pact’Alim), les grossistes (CGF, Grossistes alimentaires de France, Metro), la distribution (Coopérative U et Intermarché), la restauration (Unih, Restau’Co, Snarr, SNRC, Geco), ainsi que les consommateurs (Familles rurales, UFC-Que choisir, En vérité). L’affichage de l’origine des ingrédients par pays sur les produits agroalimentaires est possible grâce au logo volontaire Origin’Info, lancé par l’État en 2024 et soutenu par le collectif En vérité. L’UFC-Que choisir est favorable à une obligation de l’affichage du pays d’origine des ingrédients, bien que les tentatives pour le lait et la viande aient déjà été retoquées par la justice européenne.

Porc et aviculture : cinq filières présentent leurs objectifs de production à Genevard

Les représentants de cinq filières – porc, volailles de chair, lapin, œufs, foie gras – ont présenté, le 23 février en conférence de presse au Sia, un manifeste en quinze points, qui doit être remis officiellement le lendemain à Annie Genevard. Les cinq interprofessions s’expriment sous la bannière commune des « viandes blanches » dans le cadre des Conférences de la souveraineté alimentaire pour remédier à l’insuffisance de l’offre française par rapport à la consommation. À ce titre elles proposent en premier lieu d’assurer le renouvellement des générations, de l’amont à l’aval, chacune ayant estimé ses besoins en augmentation de moyens de production dans les dix ans, comme l’a demandé le ministère de l’Agriculture. Il faudrait créer chaque année, en se limitant à l’élevage, 100 élevages porcins par an, 280 poulaillers de volailles de chair (label compris), 30 élevages de lapins, cinq élevages de canards gras (et dix reprises) et 57 poulaillers de ponte. « On ne demande pas d’argent », a souligné le président d’Anvol (volailles de chair), Jean-Michel Schaeffer, juste « d’avoir les mêmes règles que nos collègues européens ». Seule faveur financière proposée : un dispositif de suramortissement de soutien aux investissements productifs, lesquels au total approcheraient les 10 M€.

Lait : le Cniel veut des « outils » pour faire face à la volatilité des marchés

Pascal Le Brun, président du Cniel (interprofession laitière), a appelé à être « imaginatif » afin d’inventer les « outils » nécessaires pour faire face à la volatilité des marchés mondiaux, à l’occasion de la présentation du projet stratégique 2026-2028 le 23 février. Selon lui, il faut solliciter les banques et les assureurs pour trouver des solutions qui permettent de produire toujours autant en 2030, soit 22 à 24 milliards de litres de lait par an, dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus imprévisible. Pascal Le Brun souligne aussi l’importance de produire en France ce que les marchés demandent alors que la demande mondiale en produits laitiers va continuer d’augmenter. Selon le président, en plus des produits à forte valeur ajoutée, il faut produire plus de matière grasse, notamment en s’appuyant sur la génétique bovine, mais aussi des produits de milieu de gamme comme des fromages ingrédients pour l’industrie, la restauration et l’export. Or, ces produits sont aujourd’hui fournis par des concurrents étrangers qui se sont mieux positionnés sur les nouvelles tendances de consommation. Le plan stratégique du Cniel entend accroître la compétitivité et renforcer la résilience et l’attractivité en appelant à un engagement des pouvoir publics pour simplifier les normes et les procédures, et soutenir l’innovation et la modernisation.

Camembert hors AOP : le Conseil d’État se prononcera bien sur le droit des marques

Comme pressenti, le Conseil d’État a partiellement admis les pourvois en cassation introduits par plusieurs fabricants de camembert non AOP pour le volet concernant l’antériorité du droit des marques par rapport à un signe de qualité. Quatre décisions ont été publiées en ce sens le 20 février, pour autant d’entreprises impliquées (fromagerie de Livarot, fromagerie d’Orbec, Lactalis Fromages et groupe Lactalis). Ces sociétés ont attaqué des décisions des pouvoirs publics leur interdisant d’apposer des mentions et images relatives à la Normandie sur leurs camemberts non AOP. Lors d’une audience le 5 février, le rapporteur du Conseil d’État avait appelé les juges à se prononcer sur la possibilité de continuer à exploiter une marque déposée avant l’enregistrement d’un signe de qualité – et donc à préciser l’application du règlement européen n°1151/2012 sur l’information des consommateurs (article 14). Les autres moyens mis en avant par les requérants sont tous rejetés. Selon l’avocat des fromageries, interrogé le 5 février par Agra Presse, une nouvelle audience devrait donc se tenir sur le fond de l’affaire courant 2026.

Viande : Interbev facilite l’approvisionnement des restaurants universitaires du Cnous

À travers un partenariat annoncé le 23 février au Salon de l’agriculture, l’interprofession Interbev veut « faciliter » l’approvisionnement en viande du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires), qui compte quelque 950 points de vente, dont 400 restaurants universitaires. Le but ? « Garantir aux étudiants une alimentation durable, équilibrée et de qualité », tout en « soutenant la souveraineté alimentaire », d’après un communiqué. La démarche consiste surtout en un accompagnement des restaurants par Interbev, qui s’engage à fournir des formations gratuites et des outils (guide d’achat, « impactomètres », catalogue de fournisseurs, etc.). Avec 1 400 t de viandes rouges par an, l’approvisionnement des restaurants universitaires en protéines animales est déjà quasi intégralement français (à 100 % en bœuf, porc et volailles, à 92 % en produits laitiers). À partir du 1er mai, les restaurants universitaires devront généraliser le repas à 1 € de reste à charge pour l’ensemble des étudiants, ce tarif étant actuellement réservé aux seuls boursiers. « Il n’est pas question de toucher à l’équilibre [nutritionnel], à l’origine française ou à la qualité », a martelé la présidente du Cnous, Bénédicte Durand, qui demande des moyens à l’État dans ce but.

Fièvre aphteuse : Chypre abat des milliers de ruminants, 11 élevages touchés

Chypre a commencé à abattre 13 000 moutons, chèvres et bovins afin de lutter contre une épizootie de fièvre aphteuse apparue dans des fermes de la région de Larnaca (sud-est), ont indiqué les autorités sanitaires le 23 février. La maladie très contagieuse, d'origine virale, touche 11 élevages, mais elle reste circonscrite et ne semble pas se propager, a précisé une experte des services vétérinaires officiels, Sotiria Georgiadou, à l’AFP. Après la découverte d'un premier cas vendredi 20 février, les nouveaux cas ont tous été détectés dans la zone de surveillance qui a été mise en place. Outre l'abattage d'animaux, les autorités ont ordonné l'intensification des prélèvements, l'extension des contrôles routiers et des transports d’animaux et d’aliments pour juguler l'épidémie. Une enquête de police pour négligence est en cours afin de déterminer si les autorités ont été alertées suffisamment tôt ou si des transports illégaux d'animaux ont pu avoir lieu. Des experts vétérinaires étrangers devraient arriver mardi 24 sur l'île, qui va recevoir des vaccins de l'Union européenne. La ministre de l'Agriculture, Maria Panayiotou, a en outre demandé une aide financière auprès des réserves d'urgence de l'UE.

Foncier : la FNSafer met à son tour en pause sa demande de loi foncière, jusqu'à la présidentielle

En marge d'une conférence de presse le 23 février, le nouveau président de la FNSafer, Thierry Bussy, a indiqué qu'il ne souhaitait pas pousser une « grande loi foncière » d'ici l'élection présidentielle. « À la veille de l'élection, le contexte n'est pas forcément favorable. D'autant qu'en l'absence de majorité, nous ne savons pas comment le texte va s'orienter. » La fédération préfère reporter ce projet après la présidentielle. En attendant, elle soutient des propositions de loi resserrées, comme celle de Mme Rouaux sur le démembrement de propriété ou de M. Dufau sur la préemption partielle, pour laquelle la Safer espère apporter des modifications lors de son examen au Sénat. En juin, les Jeunes agriculteurs avaient aussi indiqué que la loi foncière ne faisait plus partie de leurs priorités du moment. Le président Pierrick Horel l’avait admis peu avant son congrès : « On n’a peut-être pas la capacité de porter une grande loi foncière pour le moment », avait-il reconnu le 28 mai face à la presse. Interrogée quelques mois plus tard, en commission, le 9 décembre, par le député socialiste Dominique Potier, Annie Genevard n'avait pas enterré le projet d'une loi foncière, sans toutefois s'avancer sur un quelconque calendrier : « La question foncière est une question horriblement difficile (...) Une loi foncière : quand j'aurai sorti la tête de l'eau des crises innombrables auxquelles je dois faire face, je promets qu'on y travaillera ».

Foncier : les FNSafer poussent une PPL pour encadrer les baux emphytéotiques

À l'occasion d'une conférence de presse le 23 février, la FNSafer a publié sa première étude sur l'ampleur du phénomène de contournement du marché des mutations de droits de propriété par les baux emphytéotiques, que la fédération souhaiterait juguler. Les cas jugés problématiques (urbanisation, remblais...), pour lesquels les Safer opèrent parfois des retraits de vente, concernent les échanges entre personnes physiques, qui couvrent un peu moins de 10 000 ha en France. « C'est là que l'on observe des détournements », a expliqué Nicolas Agresti, directeur des études à la FNSafer. Le phénomène concerne toute la France, mais l'Île-de-France est surreprésentée par rapport à sa surface agricole. Au total, les baux emphytéotiques couvrent 247 000 ha de terres au niveau national, dont l'essentiel des preneurs sont des énergéticiens, notamment en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, ou des agriculteurs en cultures pérennes (arboriculture, viticulture) ; deux cas qui ne posent pas de problème aux Safer. La FNSafer propose d'instaurer une obligation de déclaration préalable auprès des Safer. Plusieurs tentatives d'amendement de textes en cours d'examen ont jusqu'ici échoué. La fédération espère convaincre plusieurs sénateurs investis dans ce dossier de déposer une proposition de loi dédiée.

Foncier : comment la FNSafer veut ajuster les compensations écologiques et agricoles

En marge d'une conférence de presse le 23 février, la FNSafer a présenté ses propositions pour ajuster les mécanismes de compensations écologiques et agricoles, dont la FNSEA a repris les grandes lignes dans sa note de positionnement vis-à-vis de la loi d'urgence agricole (LUA). Pour la compensation agricole, la fédération souhaiterait imposer aux projets d'aménagement soumis à étude d'impact un avis conforme de la CDPénaf – et non un seul avis simple, comme actuellement. Ensuite, elle souhaite que les montants alloués à la compensation agricole puissent être consignés à la Caisse des dépôts afin d'optimiser leur allocation, certains projets agricoles mettant du temps à voir le jour. Concernant la compensation écologique, les Safer souhaitent mieux encadrer les coefficients de conversion des zones aménagées en zone de compensation, afin d'éviter des taux « aberrants ». Actuellement, « il n'y a pas de règle pré-établie », constate Nicolas Agresti, directeur des études à la fédération. Ces coefficients peuvent notamment différer selon les cabinets d'étude mandatés, estime la fédération.

Foncier : Genevard se pose la question de la « taille critique » des fermes françaises

À l'occasion de l'inauguration du stand de son ministère au Salon de l'agriculture, le 23 février, la ministre de l'Agriculture s'est interrogée sur la nécessité d'augmenter la taille des exploitations françaises. « J'assume de dire que les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises, ou même allemandes, bien plus vastes », a déclaré Annie Genevard, d'après le discours transmis par son équipe. « En aucun cas, il ne s'agit de dire que le modèle familial est caduc : il garde sa pleine pertinence. Mais, au titre de la compétitivité, ne faut-il pas se poser la question de la taille critique ? » Cette déclaration faite écho au récent rapport du CGAAER, qui soulignait l'avance de compétitivité des agricultures de certains États membres sur la France, notamment la Roumanie en grandes cultures. La raison : les « frais généraux », comprenant entre autres les coûts de mécanisation – encouragés par la fiscalité française – et les salaires – qui sont jugés trop élevés. Le CGAAER considère les surfaces hexagonales trop faibles par rapport au concurrent roumain, permettant à ce dernier d’amortir ces « frais généraux » via une gestion plus extensive de sa production, et d'être moins soumis aux aléas (marché, climat, interdictions de phytos…).

Fraises Label rouge : la tempête Nils perturbe le début de saison dans le Lot-et-Garonne

Premier bassin français de production de fraises, avec 25 % à 30 % des volumes nationaux, le Lot-et-Garonne a vu des dizaines d’hectares de fraises Label rouge touchés par les inondations provoquées début février par la tempête Nils. Des installations ont été submergées et des bâches arrachées, a indiqué Sylvie Delaurier-Zanuttigh, présidente de l’association des fruits et légumes du département et productrices de fraises Label Rouge, à Agra Presse, lors du Salon de l’agriculture le 23 février. Pour l’heure, « il est encore trop tôt » pour évaluer précisément sur l’ampleur des pertes, indique Mme Delaurier-Zanuttigh. « Il faut attendre environ huit jours », estime-t-elle. Elle demande la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, tout en rappelant que le cœur de la saison reste à venir et qu’il faut « positiver malgré tout ». Si la campagne pourrait, selon elle, être comparable à celle de l’année passée, les dégâts déjà subis pèseront néanmoins sur la rentabilité des exploitations. « Cette année, nous allons travailler pour la gloire », indique-t-elle à Agra Presse. Mme Delaurier-Zanuttigh alerte également sur la pression accrue des ravageurs, qui empêche de prolonger la saison jusqu’en octobre, bien que cela soit techniquement possible. Elle dénonce enfin l’impossibilité d’utiliser l’acétamipride, autorisés dans certains pays voisins producteurs de fraises, y voyant un désavantage concurrentiel.

Légumes : bons résultats pour Savéol en 2025, sept nouveaux installés en 2026

Lors de sa traditionnelle conférence de presse durant le Salon de l’agriculture, le 23 février, la coopérative Savéol a fait part de ses résultats pour l’année écoulée. Volumes comme chiffre d’affaires ont connu des progressions : les 121 adhérents de la coopérative ont produit 77 000  de tomates (et légumes ratatouille) et 3 000 t de fraises, soit +3,5 % au total. Pareillement, le chiffre d’affaires, qui atteint 264 M€ en 2025, est supérieur de 10 % à celui de 2024. « La production vient de débuter et nous tablons sur une belle campagne en 2026 », a indiqué Pierre-Yves Jestin, président de Savéol. L’accent a été mis sur l’arrivée de nouveaux maraîchers dans la coopérative. Sept installations sont à noter au 1er janvier 2026, essentiellement en reprise d’exploitation, mais aussi en création (une nouvelle serre de 1 ha en fraises). Pour mémoire, Savéol installait trois maraîchers par an il y a dix ans, cinq depuis quelques années. « L’arrivée récente de plusieurs jeunes installés au sein de la coopérative est une grande fierté. Elle témoigne de notre capacité à renouveler nos exploitations, à accompagner des projets entrepreneuriaux ambitieux et à préparer l’avenir de notre filière », s’est félicité Pierre-Yves Jestin.

Fruits et légumes : une confiance des Français à un haut niveau, vigilance sur le prix

Le 23 février, Interfel a présenté les résultats de l’édition 2025 du baromètre de confiance envers les fruits et légumes frais. En 2025, 92 % des répondants déclarent avoir confiance dans ces produits, un niveau stable depuis six ans. Au sein des denrées alimentaires, les fruits et légumes frais figurent parmi les catégories les plus dignes de confiance, au même niveau que le pain. Ce qui rassure naturellement les Français sont l’origine des produits (33 %), l’aspect des produits (28 %) et la maîtrise de l’approvisionnement (21 %). Ces dernières années, alors que l’impact de l’inflation avait été fort sur les habitudes des consommateurs, la situation est en voie d’amélioration : 47 % des répondants se déclarent satisfaits du prix des fruits et légumes frais contre 36 et 37 % en 2022 et 2023). De plus, la part des Français réduisant leurs achats a reculé de cinq points par rapport à l’année dernière, pour atteindre 15 %. Cependant, les consommateurs restent vigilants sur le prix : pour 41 % d’entre eux, il reste à un niveau plus élevé qu’il ne l’était avant la période d’inflation. Enfin, 85 % des Français jugent important de consommer au moins cinq portions par jour. Mais, parmi eux, 36 % reconnaissent rencontrer des difficultés à appliquer cette recommandation des autorités sanitaires au quotidien.

Agroalimentaire/santé : accord entre l’Ania et l’Inrae sur la reformulation des aliments

L’Ania (industriels agroalimentaires) et l’Inrae vont collaborer lors des cinq prochaines années afin « d’accélérer la transformation des systèmes alimentaires par l’innovation scientifique et technologique, en soutien des politiques publiques liées à la santé et l’alimentation », ont-ils indiqué à l’occasion de la signature d’un accord-cadre le 23 février lors du Salon de l’agriculture. Ce partenariat stratégique « décliné en feuilles de route annuelles et en projets collaboratifs avec pour perspective de la mobilisation du soutien de France 2030 » portera sur « la reformulation des aliments afin d’optimiser leur qualité en cohérence avec les politiques publiques de nutrition et de santé ; le développement et l’optimisation des procédés de transformation, pour accompagner la transition écologique et renforcer la compétitivité de l’industrie alimentaire ; l’analyse des performances et de la compétitivité du secteur agroalimentaire, en France et à l’international, face aux enjeux de décarbonation, d’innovation et d’export, et l’étude des attentes des consommateurs et des tendances de marché, afin d’éclairer les choix d’innovation et d’anticiper les évolutions de l’alimentation ». L’Ania et l’Inrae collaborent déjà depuis 2022 en copilotant le Grand défi France 2030 Ferments du futur, doté de 48,3 M€.

Biodiversité : l’Itab et l’Inrae lancent un indicateur pour l’amont et l’aval

L’Itab et l’Inrae ont lancé un indicateur d’impact des systèmes agricoles sur la biodiversité au Salon de l’agriculture le 23 février. Baptisé Isybio, il mesure plus finement les impacts sur la biodiversité dans le cadre d’une analyse de cycle de vie (ACV) que les autres méthodologies existantes, selon Natacha Sautereau, agro-économiste à l’Itab. « C’est un outil prédictif, qui prend en compte à la fois les impacts positifs sur la biodiversité, mais également les impacts négatifs », a-t-elle détaillé. Isybio prend en considération des critères de gestion de la parcelle (labour, couverts, diversité), d’intrants et de paysage (composition, taille des parcelles) pour aboutir à un score harmonisé s’approchant de 100 à mesure que le score est bon. Il est d’ores et déjà « opérationnel » pour les filières soja, blé et élevage, et le sera bientôt pour le cacao, le café, l’huile de palme et l’aquaculture, a indiqué Anne-Claire Asselin, de Sayari (cabinet de conseil en développement durable). De plus, l’indicateur est « aligné » avec la directive CSRD et les cadres volontaires SBTN (Science Based Targets Network) et TNFD (Taskforce on Nature Related Financial Disclosures). « Isybio, finalement, c’est un langage qui permet de communiquer depuis la ferme jusqu’au reporting corporate et au levier biodiversité au niveau Achats », conclut-elle.

Chlordécone : en appel, la décision de reconsidérer le non-lieu reportée au 22 juin

La cour d’appel de Paris a reporté au 22 juin sa décision de rouvrir ou non l’enquête sur le pesticide chlordécone, rapporte l’AFP le 23 février. Une information que l’agence de presse tient des parties civiles qui contestent le non-lieu dans le scandale sanitaire, alors que la décision devait initialement être rendue ce jour. Les 22 et 23 septembre 2025, lors d’une en audience à huis clos devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, les parties civiles avaient contesté le non-lieu prononcé en 2023, pour tenter de relancer l’enquête judiciaire. Cette ordonnance de non-lieu repose notamment sur la difficulté de « rapporter la preuve pénale des faits dénoncés », qui ont été « commis 10, 15 ou 30 ans avant le dépôt de plaintes ». Mais, paradoxalement, les magistrates parisiennes qui ont établi ce non-lieu ont aussi reconnu à l’époque dans leur ordonnance un « scandale sanitaire » et une « atteinte environnementale dont les conséquences humaines, économiques et sociales affectent et affecteront pour de longues années la vie quotidienne des habitants » des territoires ultramarins concernés.

Femmes en agriculture : mentorat et remplacement amélioré au menu du plan gouvernemental

Les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Aurore Bergé (Égalité entre les femmes et les hommes) ont présenté, le 23 février au Salon de l’agriculture, le plan gouvernemental pour « favoriser la place des femmes en agriculture ». Parmi les mesures les plus marquantes : la création dès 2026 d’un mentorat dans l’enseignement agricole (« une agricultrice, une élève ») ou encore, pour les femmes en congé maternité, l’accès au service de remplacement à des « horaires plus adaptés à leurs besoins », et ce « à partir de l’été 2027 ». En élaboration depuis mars 2025, le plan compte 41 actions, réparties en six axes : communication, enseignement, accompagnement au quotidien, installation-transmission, statut et conditions de travail, instances de gouvernance. Sur ce dernier thème, il prévoit notamment d’instaurer la parité dans les « commissions administratives agricoles » (CSO au niveau national, CDOA et CDPenaf dans les départements). Le premier axe consiste à « rendre les femmes du monde agricole plus visibles », avec l’expérimentation d’un logo « Femmes agri » sur les produits fabriqués par des femmes et des portraits réalisés chaque mois par le ministère. Plus largement, le plan accorde une grande part à la sensibilisation, qu’il s’agisse d’accès droits sociaux ou de lutte contre les stéréotypes.

Sécurité sociale : la MSA présente 20 pistes de simplification

À l’occasion du Salon de l’agriculture, le 23 février, la MSA a présenté sa « charte d’engagements » en matière de simplification. Celle-ci est issue d'une très large concertation des ressortissants de la sécurité sociale agricole menée en 2025. Dans le document, la MSA s’engage à simplifier 20 situations et outils mis à disposition des adhérents. La Sécu agricole poursuivra ses efforts sur la digitalisation, demandée par les adhérents : démarches en ligne facilitées et enrichies, possibilité de déposer les arrêts de travail directement sur le site dès 2026, nouveau site internet en 2027. Certaines dispositions sont aussi inscrites dans la période de la COG 2026-2030 (Convention d’objectifs et de gestion) :  connexions plus simples, délais de traitement communiqués dès la demande, données mieux protégées… Mais, comme le souligne Jean-François Fruttero, président de la CCMSA : « L’accompagnement humain est au cœur [des] préoccupations [des assurés] : avoir un interlocuteur local, réactif et disponible. À l’heure où nous sommes en train de négocier notre convention d’objectif et de gestion, il est important de le rappeler ». Par exemple, il sera proposé dès cette année, un accompagnement personnalisé assuré par un conseiller MSA ou entreprise, en agence ou à distance (plébiscité par 54 % des répondants).

RSA : dans le Finistère, la Conf’ dénonce des contrôles abusifs

Dans un communiqué de presse le 23 février, la Confédération paysanne du Finistère dénonce « des contrôles abusifs » menés par le conseil départemental concernant le RSA envers certains agriculteurs du département. Le 17 décembre, « nous avons saisi M. Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, afin d’obtenir des éclaircissements sur les pratiques de contrôle des droits au RSA, tout en rappelant le cadre juridique dans lequel ces contrôles doivent s’inscrire », explique le syndicat, indiquant qu’il n’a pour l’heure pas reçu de réponse. Selon la Conf’, au printemps 2025, le conseil départemental avait informé plusieurs exploitants en agriculture biologique bénéficiaires du RSA que le crédit d’impôt en faveur de la bio devait être intégré à leurs ressources et déclaré comme tel, entraînant des demandes de remboursement de plusieurs milliers d’euros. « Le travail de la Confédération paysanne du Finistère a permis d’établir que cette information était erronée. » Le conseil départemental aurait reconnu cette erreur dans un courrier adressé au syndicat fin juin 2025, ainsi qu’aux personnes concernées. La Confédération paysanne rappelle que la lourdeur administrative de ces contrôles conduit souvent à renoncer au RSA.

Grande distribution : Lidl assure que le nombre de ses contrats tripartites n'a pas baissé

Lidl a indiqué le 23 février que ce sont désormais 6 200 éleveurs en France qui sont concernés par des contrats tripartites associant producteur, industriel et distributeur, « un chiffre jamais atteint », selon Jean-Christophe Monnez, directeur des achats de Lidl France, contre 5 000 il y a un an. Le nombre de contrats tripartites est stable, indique-t-il, ces derniers représentant des volumes très variables. Par exemple, environ 70 % des volumes de lait vendus sont issus de contrats tripartites, lorsque cette proportion atteint plutôt les 15 % pour le bœuf. Depuis un an, les volumes des produits issus de ces contrats sont stables pour le lait, mais en baisse pour le bœuf par manque de volumes disponibles à cause de prix élevés. Concernant le lait équitable vendu par l’enseigne sous différentes marques (Faire France, C’est qui le patron, etc.), un produit qui n’est pas concerné par des contrats tripartites, Lidl déplore des ventes en recul en 2025, comme cela a été le cas dans d’autres enseignes. Lidl a prévu d’organiser en 2026 quatre opérations de communication vers le grand public pour expliquer la valeur ajoutée du lait équitable et faire remonter les ventes.

Commerce équitable : Agri Confiance lance une offre adossée à son label

Le label d’agriculture durable Agri Confiance, porté par la Coopération agricole, a présenté le 23 février au Salon de l’agriculture un module « commerce équitable » complémentaire à sa démarche. Cette nouveauté s’inscrit dans le cadre de la loi du 31 juillet 2014 sur l’économie sociale et solidaire, qui a élargi la définition du commerce équitable aux échanges nord-nord. Le module sera accessible aux coopératives déjà engagées dans la démarche Agri Confiance, aux niveaux 2 et 3. Pour rappel, le niveau 2 prévoit des engagements en matière de biodiversité, de préservation des sols, de limitation des intrants et de lutte contre le changement climatique. Le niveau 3 impose la mise en place d’une démarche RSE structurée et reconnue par un tiers. Le cahier des charges s’articule autour de sept piliers : mise en place de prix rémunérateurs (s’appuyant sur l’analyse des coûts de production des agriculteurs et des coopératives) ; instauration de partenariats pluriannuels ; versement d’une prime ; gouvernance démocratique ; exigences de transparence et de traçabilité ; actions de sensibilisation des consommateurs ; et valorisation des pratiques environnementales. Selon Philippe Sommer, directeur d’Agri Confiance, « les coopératives engagées dans la démarche pourront s’emparer de ce module dans les prochaines semaines ».

FAO : les Vingt-sept veulent une candidature unique pour l'élection du prochain directeur général

Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 23 février à Bruxelles, ont convenu de se mettre d’accord dans les prochains mois sur une candidature commune pour le poste de directeur général de la FAO qui sera remis en jeu en juin 2027. L’Italie a annoncé le même jour qu’elle soutenait la candidature de Maurizio Martina, ancien ministre de l’Agriculture et actuel directeur général adjoint de la FAO. Mais d’autres personnalités sont également sur les rangs, notamment l’ancien commissaire européen à l’Agriculture irlandais Phil Hogan. « Il est crucial, aujourd'hui plus que jamais, de présenter un front uni et d'éviter toute apparence de division dans nos rangs. Cela augmentera nos chances de succès. Il y a bien trop longtemps, plusieurs décennies, que l'UE n'est pas parvenue à obtenir la direction de la FAO », a indiqué l’actuel commissaire européen Christophe Hansen. L’actuel directeur général est le Chinois Qu Dongyu, qui a pris ses fonctions en août 2019. Il avait été élu face à la candidate soutenue par l’UE, la française Catherine Geslain-Lanéelle. Ses prédécesseurs étaient brésilien et sénégalais.

Biomasse : l'Ademe appelle à la prudence vis-à-vis du paulownia, du bambou et de la silphie

À l'occasion d'une conférence de presse le 23 février, l'Ademe a présenté les résultats de son étude sur l'impact environnemental des cultures énergétiques émergentes, se concentrant sur le paulownia, le bambou et la silphie, pour lesquels l'agence appelle les agriculteurs et les pouvoirs publics à la prudence. Ces trois espèces ont plusieurs points communS, a souligné l'agence : les conséquences de leur culture en France sont peu étudiées ; elles sont pour l'instant associées à des pratiques de gestion dites intensives (irrigation, fertilisation) ; elles sont exotiques et donc associées à un risque de développement de plantes envahissantes ; elles engendrent des changements d'affectation des sols et une pression accrue sur la ressource en eau. « Nous sommes très prudents », a également déclaré Sophie Rabeau, en charge de ces cultures à la chambre d'agriculture de Normandie, région dans laquelle elle recense une dizaine d'hectares de bambou, quelques hectares de silphie, et des projets de plantation de paulownia. Les fournisseurs de plants sont très agressifs et promettent de gros rendements. Nous voulons, de notre côté, faire un suivi des parcelles déjà plantées. » Dans un communiqué paru en juin, Chambre d'agriculture France avait déjà appelé les agriculteurs intéressés par le paulownia à la « vigilance ».

Miscanthus : l'Ademe recommande d'éviter sa culture dans certaines zones

Dans une série d'études sur les impacts environnementaux des cultures énergétiques émergentes, publiée le 23 février, l'Ademe recommande, avec le parc naturel belge Burdinale-Mehaigne, d'éviter l’implantation de la culture dans plusieurs situations, à commencer par les « zones sans labour, c’est-à-dire des milieux extensifs : prairies permanentes, milieux marginaux, jachères ; et même des milieux marginaux comprennent des talus, des friches industrielles, des bords de route et de champs ». Dans ces zones, elle serait « préjudiciable pour la biodiversité et, dans certains cas, pour le stockage de carbone ». L'agence plaide aussi pour éviter son implantation en zone inondable, fonds de vallée et le long des cours d’eau, « car il y a un risque de dispersion de rhizomes ». De même, en lisière de forêt, elle « perturberait le fonctionnement des écosystèmes ». L'Ademe recommande aussi d'éviter de remplacer une mesure agro-environnementale par du miscanthus, « car la culture du miscanthus, même si elle peut être un abri pour la faune, ne constitue pas une ressource alimentaire pour la faune ». Et d'ajouter que « ce genre de mesure agroenvironnementale demande une composition végétale avec des espèces locales diversifiées qui sont adaptées localement et non une monoculture d’une espèce exotique ». Elle recommande de l'utiliser en complément de ces mesures, sur de petites surfaces, et de surveiller une éventuelle dispersion.

Grandes cultures : de nouveaux acteurs rejoignent le programme Transitions de Vivescia

À l’occasion du Sia 2026, Vivescia a annoncé l’intégration de cinq nouveaux acteurs des secteurs agroalimentaire et agricole à son programme de développement de l’agriculture régénérative, dénommé Transitions. Il s’agit du producteur de pâtes Panzani, des groupes agroalimentaires Bimbo et McDonald’s France, de la coopérative Valfrance et du producteur d’engrais marocain OCP Nutricrops. Ajoutons à ceux-là Pernod Ricard, qui avait déjà annoncé son accord pour rejoindre le projet en octobre dernier. « L’objectif est d’inclure l’ensemble des acteurs, de l’amont à l’aval dans le projet, afin de parler le même langage en matière d’agriculture régénérative. Chacun apportera son expérience et ses moyens », déclare Valérie Frapier, directrice du programme Transitions. Elle précise que les objectifs de production, fixés depuis 2023 sous le programme Transitions by Vivescia, vont être atteints : 600 000 t de grains devraient être produits en 2026 (contre 400 000 t en 2025), sur 100 000 ha, via environ 585 agriculteurs des territoires de la coopérative, incluant du blé, de l’orge, du colza, du maïs, du tournesol et du pois. Enfin, Vivescia indique travailler sur un projet « d’émancipation » du programme Transitions, en vue de le détacher davantage du groupe coopératif, et d’optimiser son ouverture à davantage d’acteurs. Une décision devrait être prise sur son statut fin 2026.

Orges de brasserie : Soufflet Malt vise 30 000 t émanant de l’agriculture régénératrice en 2026

Lors du Salon de l’agriculture, Soufflet Malt (filiale d’InVivo) et le brasseur Heineken ont annoncé la signature d’un partenariat visant, entre autres, une production d’orge de brasserie répondant aux critères de l’agriculture régénératrice de 30 000 t pour la récolte 2026. « Le partenariat a en réalité déjà commencé l’an dernier, et permis une production de 15 000 t », précise Jorge Solis, p.-d.g. de Soufflet Malt. Pour rappel, les critères de cette démarche d’agriculture régénératrice ont été définis dans le programme Performances développé par Soufflet Agriculture et lancé officiellement l’an dernier. L’ambition est d’étendre la démarche à d’autres cultures, comme le blé, le colza, le maïs ou encore le tournesol. Les représentants de Soufflet Malt et d’Heineken ont également expliqué espérer que, à terme, les pratiques de l’agriculture régénératrice deviennent le nouveau standard. « Nous offrons des primes élevées au début dans le but d’inciter les producteurs à intégrer le programme. Mais, petit à petit, au vu des économies qu’ils feront via la baisse de l'usage d'intrants, des sols plus riches etc., ils seront de moins en moins dépendants de ces primes à l’avenir », a précisé le dirigeant de Soufflet Malt.

Inondations en Espagne : le gouvernement débloque plus de 2 Md€ pour l’agriculture

Le Journal officiel de l'État espagnol a publié le 19 février un décret-loi royal adoptant des mesures d'urgence, d’un montant de 2,874 milliards d'euros (Md€) pour répondre aux dégâts causés par les épisodes météorologiques en Andalousie et Estrémadure. L'essentiel du budget (2,174 Md€) est alloué à une aide directe à 619 communes de ces deux régions. Des subventions sont ainsi prévues (à hauteur de 2,121 Md€) pour compenser les pertes de revenus des exploitants inscrits au registre régional des exploitations agricoles. L'aide sera comprise entre 5 000 € et 25 000 €, et ne pourra excéder 30 % du revenu agricole déclaré lors de la dernière déclaration de revenus. Par ailleurs, une aide directe supplémentaire de 43,1 millions d’euros (M€) est prévue pour les titulaires de contrats d'assurance agricole. Une ligne de financement spéciale de 100 M€ auprès de l'Institut officiel de crédit du ministère de l'Agriculture sera aussi ouverte pour subventionner 15 % du capital des opérations de financement, ainsi que 100 % du coût de la garantie. Concernant l’emploi, le nombre de jours travaillés pour l'octroi des subventions et du soutien au revenu agricole passe de 35 à 5. Enfin, un dispositif doté de 600 M€ permettra aux entreprises publiques Tragsa et Seiasa de réaliser des travaux de restauration des infrastructures d'irrigation.

Rixe au Salon de l'agriculture : 15 interpellations, un policier et un gendarme blessés

Une rixe a éclaté dimanche 22 février entre des exposants et des visiteurs lors du Salon de l’agriculture à Paris, entraînant l’interpellation de quinze personnes, une opération durant laquelle un policier et un gendarme ont été légèrement blessés, a appris l'AFP auprès de la préfecture de police (PP). Un couteau aurait été exhibé par l’un des participants à la rixe sans qu’il en fasse usage, souligne la même source, confirmant une information de BFM TV. Les policiers sont intervenus rapidement et ont procédé à quinze interpellations, au cours desquelles un policier et un gendarme ont été légèrement blessés, poursuit la PP. L’altercation est survenue sur un stand de nougats après que des visiteurs ont craché sur les marchandises mises en vente, selon le parquet de Paris. Le Salon international de l’agriculture – qui se tient cette année sans vaches en raison de la crise de la dermatose – a ouvert ses portes au public Porte de Versailles samedi 21 après avoir été inauguré par le président de la République Emmanuel Macron.

Agenda du Salon de l'agriculture du mardi 24 février 2026

9h - Conférence de presse Interfel - Hall 4, stand C027 
9h15 - Conférence LCA sur la production d’agneaux - Hall 5.1, stand D032
9h30 - Conférence du collectif Nourrir sur la crise agricole - Hall 5.1 Stand B013
9h30 - Conférence de presse Élevage bovin et projet Méthane 2030 - Hall 5, restaurant CGA
9h45 – Partenariat entre Centre-Val de Loire et GRDF sur le gaz vert – Hall 7.3, stand 15009 
10h - Conférence Acta sur la perception de la méthanisation - Hall 5.2, stand B045
10h - Conférence de presse UGPBan – Hall 4, Stand 1007
10h - Table ronde Lidl sur l’alimentation saine et durable - Hall 1, stand 127
10h - Étude « handicap et agriculture » de la CFTC Agri – Hall 5.1, stand A017
10h15 - Conférence de presse Plaisir & Confiance (fruits et légumes) - Hall 4, stand C027
10h15 - Table ronde Semae sur la « souveraineté semencière » - Hall 4, espace plénière
10h30 - Conférence FranceAgriMer sur les pertes en fruits et légumes frais - Hall 5, salle 511 
11h - Table ronde de la Conf’ sur les DROM – Hall 5.1, stand C023 
11h - Signature de la convention MSA/Cnaoc sur le mal-être – Hall 5.1, stand D014
11h - Conférence de presse Ici la terre – Hall 5.2, stand C080
11h - Conventions entre Intercéréales, CNBPF, FEB et Brasseurs de France - Hall 4, stand C055
11h - Conférence ACTA « Parsada, un an après le lancement » - Hall 5.2, stand B045
11h - Colloque de la Métropole du Grand Paris sur le local - Hall 5.2 Stand D020
11h - Conférence Safer sur la transmission - Hall 5, stand C001
11h - Conférence Nestlé France sur la restauration des forêts - Hall 5.1, stand D031
11h15 - Table ronde Semae sur l'innovation en semences et plants - Hall 4 Espace plénière
11h15 - Conférence LCA sur l’hybridation agricole et la coopération - Hall 5.1, stand D032 
12h - La Fnab et Feve signent une convention – Hall 5.2, stand de la Ferme digitale
12h30 - Conférence de presse La Coopération laitière - Hall 1, stand L059 (Cniel)
12h - Signature d’un partenariat Inrae-Agence de l’eau Adour Garonne Hall 5.2, stand B051
13h - Déjeuner de presse de l’Anem (élus de montagne) - Hall 1, stand du Coram
13h - Conférence Arvalis : point sur les graminées adventices – Hall 5.2, stand B045 
14h - Colloque Odeadom sur l’emploi agricole en Outre-Mer – Hall 7, salle 723-724 
14h - Conférence LCA sur l’eau dans l’amont agricole - Hall 5.1, stand D032 
14h - Conférence Anses sur la peste porcine africaine - Hall 5.2, stand 042
14h - Table ronde FranceAgriMer sur la Côte-d’Ivoire - Hall 5, salle 511
14h - Conférence de presse du réseau Invitation à la ferme – Hall 7.2, stand C51
14h - Conférence Agri-Éthique Rémunération et environnement - Hall 5.1, stand D005
14h - Conférence CoFarming sur l’agritourisme - Hall 5.2, stand C092
14h30 - Conférence de presse Prince de Bretagne/Engie - Hall 4, stand D037
14h00 - Conférence Inrae sur l’eau et l’adaptation climatique - Hall 5.2, stand B051
14h30 - Conférence de presse Cirad sur les maladies animales émergentes - Hall 5, stand B033
14h45 - Table ronde MSA sur l’engagement des jeunes en milieu rural - Hall 5.1, stand D014
15h - Annie Genevard fait un point sur les Conférences souveraineté - Hall 5.2, stand D050
15h - Conférence de presse de la région Sud (ex-Paca) - Hall 7.2, stand J029
15h - Conférence de presse Agri-Éthique/Andros/Bonduelle sur la RHD - Hall 5.1, stand D005
15h30 - Conférence Anses sur les politiques alimentaires durables - Hall 5.2, stand 042
16h - Conférence de presse d’Eloi sur son baromètre Installation – Hall 5.2, forum Sia’Pro
16h30 - Conférence FranceAgriMer « élevage pastoral » - Hall 5, salle 511
17h - Signature d’une convention entre l’IFV et le CTIFL - Hall 4, stand C073
17h – Cocktail Cifog – Hall 5.1, stand A35
17h30 - Cocktail Anvol et CNPO - Hall 1, stand L043
17h30 - Cocktail des territoires d’Interfel - Hall 4, stand CO27
17h30 - Trophées 2026 des partenaires Vergers Écoresponsables - Hall 4, stand A019
18h - Signature de partenariat MSA & Action Logement - Hall 5.1, stand D14
18h30 - Cocktail Groupement Mousquetaires – Hall 7.3, stand A061 
19h - Cocktail Inaporc, présentation des lauréats Welfarm – Hall 1, stand M023