Agrafil du 30 janvier 2025

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Commission européenne: une feuille de route pour simplifier sans abandonner le Green deal

La Commission européenne a présenté le 29 janvier sa boussole pour la compétitivité promettant un choc de simplification, une baisse du cout de l’énergie et des investissement dans l’innovation afin de placer les entreprises au cœur du nouveau mandat. Mais au moment où de nombreux élus de droite et d’extrême droite au Parlement européen se font de plus en plus vocaux pour demander l’abandon des objectifs du Green deal, Ursula von der Leyen la présidente de la Commission européenne assure que l’UE maintiendra la cap qui a été fixé. Le texte publié souligne notamment que, dans ce cadre, la Vision de l’agriculture et de la production alimentaire de l’UE –qui sera présentée le 19 février– «définira comment assurer la compétitivité et la durabilité à long terme des secteurs agricole et alimentaire dans les limites planétaires, en garantissant des zones rurales prospères, la sécurité alimentaire et la résilience». Est également mentionné le potentiel «considérable» des biotechnologies «dans tous les secteurs, de l’industrie pharmaceutique à l’agriculture, en passant par l’énergie et l’alimentation animale». Les matériaux biosourcés, la biofabrication, les produits biochimiques et de l’agro-biotechnologie y sont considérés comme des secteurs en croissance qui «réduiront notre dépendance aux combustibles fossiles et amélioreront les perspectives économiques de nos zones rurales».

Engrais: Bruxelles veut imposer des droits de douane sur les importations russes

La Commission européenne a dévoilé le 28 janvier, une proposition visant à imposer des droits de douane sur un certain nombre de produits agricoles en provenance de Russie et du Belarus, notamment les engrais à base d'azote. Concrètement, l’UE propose de fixer un droit ad valorem de 50 % pour les importations de produits agricoles et une augmentation progressive des droits de douane sur les engrais. Cette hausse débuterait à 40 ou 45 €/t (selon le type d'engrais) jusqu'à ce qu’à un droit additionnel prohibitif pouvant aller jusqu'à 315 ou 430 €/t trois ans après le début de l'application des mesures. La Commission ajoute que pendant la période de transition, des droits prohibitifs seront introduits dans le cas où des produits russes ou bélarusses seraient importés au-delà de certains volumes spécifiés. Pour Bruxelles, l’objectif est double : affecter les capacités de la Russie à mener sa guerre d’agression mais aussi réduire la dépendance de l'UE aux importations de Russie et du Belarus. A présent, la proposition doit être validée par le Conseil de l’UE (à la majorité qualifiée) et le Parlement européen. L’exécutif européen précise qu’une fois ce texte adopté, toutes les importations agricoles en provenance de Russie seront soumises aux droits de douane de l’UE. De leur côté, les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) déplorent, dans un communiqué du même jour, cette décision qui risque d'entrainer une augmentation des prix des engrais azotés «de 40 à 45€ par tonne», selon leurs estimations.

Contrôles de l'OFB: peu de situations conflictuelles, selon un rapport d'inspection (presse)

Commandé en novembre, le rapport sur les relations entre agriculteurs et OFB (Office français de la biodiversité) ne recense «pour l’ensemble des usagers contrôlés, que 180 situations relationnelles conflictuelles, pour un total d’environ 400 000 contrôles », rapporte, le 29 janvier, le média spécialisé Contexte, qui s'est procuré le document avant sa publication officielle. Les auteurs regrettent que «quelques données non exhaustives disponibles […] suffisent à faire instantanément le tour des réseaux sociaux et ainsi alimenter l’image d’un établissement répressif», rapportent nos confrères. Parmi les propositions de la mission citées: «traiter les comportements inadaptés», mettre en place «un dispositif à la fois local et national» dédié «à l’écoute des agriculteurs» et instaurer une «inspection générale au sein de l’OFB», afin de «recueillir les signalements et conduire "en tant que de besoin à des mesures disciplinaires"». Selon Contexte, l’office aurait déjà accepté d’en s’en doter. Dernière recommandation citée: «l’avertissement des administrés d’une campagne de contrôle» - et de citer notamment «l’envoi de SMS aux agriculteurs de la zone» concernée.

Contrôles de l'OFB : le taux de suivi du mouvement entre «58% et 83%» selon la CGT

Alors que les organisations syndicales de l’Office pour la biodiversité (OFB) appellent à la grève le vendredi 31 janvier, le mouvement social continue autour du «mot d’ordre» lancé par l’intersyndicale, le 17 janvier, de ne plus réaliser aucune mission de police ni contrôle. S’il n’y a «pas de suivi exact» du nombre d’agents des services départementaux qui suivent le mot d’ordre, et que certains le suivent partiellement, la CGT-Environnement avance néanmoins une fourchette. «Le nombre d’agents dans les services départementaux est de 1330. On peut estimer le taux de suivi national entre 58% et 83%», indique son représentant Sylvain Michel le 27 janvier. Selon la cartographie de l’intersyndicale mise à jour à cette date, «parmi les 89 départements de métropole hors région parisienne: 6 ne suivent pas du tout ; 10 suivent avec moins d’1/3 des agents ; 14 suivent avec 1/3 à 2/3 des agents ;  61 suivent avec plus de 2/3 des agents», a détaillé Sylvain Michel. Selon lui, chacun des services départementaux est doté «de 15 agents en moyenne», sauf en région parisienne où ils «sont moins dotés et ne suivent pas le mouvement pour l’instant». 

OFB: le gouvernement précise l’usage des caméras piéton, renforce le rôle des préfets

À l’occasion de l’adoption de la proposition de loi (PPL) Entraves au Sénat, le 27 janvier, les élus de la chambre haute ont adopté deux amendements du gouvernement relatifs à l’Office français de la biodiversité. Le premier (amendement n°101) habilite les inspecteurs de l’environnement à porter une caméra individuelle pour les missions de police administrative et de police judiciaire. Une mesure  annoncée le 10 novembre par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et faisant depuis l’objet d’une circulaire. Le texte précise les modalités d’utilisation des caméras piéton (port apparent, enregistrement non permanent…) L’objectif est de prévenir les incidents en cours d’intervention, constater les infractions et poursuivre leurs auteurs «par la collecte de preuves» notamment. Le deuxième (amendement n°100) rend explicite, dans le Code de l’environnement, que les missions de police administrative de l’OFB sont placées sous l'autorité du préfet, tandis que les missions de police judiciaire sont sous l'autorité du procureur de la République. Il renforce aussi le rôle du préfet en précisant qu’il valide «la programmation annuelle des contrôles» de police administrative.

Bio: le maintien de l'Agence bio doit encore être «concrétisé», souligne son président

Le président de l'Agence bio s'est réjoui le 29 janvier de l'annonce de la ministre de l'Agriculture en faveur du maintien de cette plateforme, tout en soulignant qu'il fallait encore que cette pérennisation soit «concrétisée». «Il faut que ce soit concrétisé et gravé dans le marbre, quitte à ce qu'on regarde de façon plus large la mission de l'Agence bio et (...) peut-être, élargir ses missions», a déclaré Jean Verdier, auditionné devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale. Lundi, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a déclaré à l'AFP que le gouvernement ne supprimerait pas l'Agence bio, menacée de disparition après le vote mi-janvier au Sénat d'un amendement auquel elle ne s'était pas opposée. M. Verdier, qui souhaite voir disparaître cet amendement budgétaire en commission mixte paritaire, a longuement expliqué les missions de cet opérateur spécialisé  - structurer la filière; informer les citoyens et produire et analyser les chiffres du secteur. La menace de suppression de cette plateforme nationale, chargée de promouvoir une agriculture sans pesticide ni engrais de synthèse, a suscité une levée de boucliers de tous les professionnels du secteur (producteurs bio, coopératives, distributeurs...) et de l'ensemble des syndicats agricoles, d'autant que la France est encore loin d'atteindre son objectif de 18% de la surface agricole utile en bio d'ici à 2027.

Haies: les écologistes «optimistes» pour le maintien du crédit d'impôt dans le budget

À la veille de la réunion des parlementaires en Commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2025, le sénateur Daniel Salmon s'est dit, lors d'une conférence de presse le 29 janvier, «optimiste» pour le maintien du crédit d'impôts sur les haies, adopté à l'Assemblée avec sagesse du gouvernement avant la motion de censure. L’amendement transpartisan instaure un crédit d’impôt pour la gestion durable des haies. Son montant est de 60% des dépenses engagées pour les frais de certification et de gestion durable. Un plafond est prévu, à hauteur de 4500 € par exploitation, avec un mécanisme de transparence dans la limite de quatre associés pour les Gaec. Une mesure qui s’inspire de la proposition de loi (PPL) des écologistes Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) et Joël Labbé (Morbihan) «en faveur de la préservation et de la reconquête de la haie». En dehors du crédit d'impôt, le texte, qui doit également être examiné le 30 janvier au Sénat, propose d’établir des «trajectoires» régionales pour augmenter l’approvisionnement des chaufferies collectives en bois issu de haies.

Clauses-miroirs : en commission, les députés complètent la PPL des Républicains

Lors de l’examen de la proposition de loi (PPL) des républicains tendant à instaurer des clauses miroirs en matière agricole, la commission des Affaires économiques de l’Assemblée a rajouté le 28 janvier des exigences sociales et de prévention des risques. Les députés ont adopté, malgré l’avis défavorable du rapporteur, un sous-amendement LFI pour «garantir que les produits alimentaires importés en France respectent un niveau d'exigence sociale suffisant». Un décret doit en préciser les contours. Également contre l’avis du rapporteur, les députés ont adopté un amendement écologiste qui vise à «s’assurer tout au long de la chaîne de valeur, du respect des normes pour les produits importés, notamment concernant les pratiques interdites en UE». Le décret d’application peut s’inspirer de l’obligation de diligence raisonnée s’appliquant aux metteurs en marché dans le règlement sur la déforestation importée, indique l’exposé. Un amendement du rapporteur Antoine Vermorel-Marques (DR) remplace par ailleurs la sanction pénale, initialement prévue, par des sanctions administratives, jugées «plus facilement applicables». La PPL doit être examinée le 6 février en séance publique, dans le cadre de la journée réservée du groupe parlementaire de la Droite Républicaine.

Pesticides : insectes rendus sensibles par gene drive, avec disparition du transgène (étude)

À l’aide de la technologie très contestée du forçage génétique, des chercheurs sont parvenus à éliminer la résistance à un insecticide au sein d’une population d’insectes (mouche du vinaigre – Drosophila melanogaster), tout en faisant disparaitre les traces de l'opération, selon un article de la revue scientifique Nature Communications du 17 novembre 2024. Concrètement, les scientifiques ont réussi à convertir l’allèle conférant à l’insecte sa résistance aux insecticides par un allèle conférant une sensibilité, en utilisant des individus porteurs d’un transgène. La nouveauté réside dans le fait que «le transgène disparaitrait de la population cible en une dizaine de générations», explique Nicolas Rode, chercheur à l'Inrae. La technique pourrait potentiellement s’appliquer pour lutter contre des ravageurs en arboriculture ou en céréales, ajoute le spécialiste. «Même si la société civile était d’accord pour utiliser cette technologie, elle ne permettrait pas de vraiment réduire l’usage des produits phytosanitaires», tempère-t-il. De plus, les lâchers d’individus doivent se faire dans des conditions particulières, afin de s’assurer que les insectes modifiés génétiquement ne soient pas éliminés par les traitements insecticides, et transmettent bien l’allèle de sensibilité aux insecticides au sein de la population cible. «Une façon de remédier au problème serait d'alterner entre deux insecticides différents» au cours du temps, expliquent ainsi les auteurs de l’article.

Coordination rurale: trois DG et renouvellement complet des cadres depuis 2023 (presse)

Dans un article paru le 29 janvier, Mediapart dévoile la «désorganisation» et le renouvellement complet des cadres salariés de la Coordination rurale depuis l'élection de Véronique Le Floc'h à sa présidence en décembre 2022, qui avait été rapidement suivie par le départ du directeur général et de la directrice administrative et financière. Selon les informations de nos confrères, une enquête interne aurait constaté, en décembre 2023, «une désorganisation structurelle totale avec le renouvellement complet de la gouvernance de la CR». Symbole de la situation : «trois directeurs généraux se succèdent au cours de l’année 2023 : l’un est parti de lui-même deux mois après sa prise de poste, le deuxième s’est vu rompre au bout de quatre mois et demi une période d’essai qui venait d’être rallongée, le troisième est arrivé en septembre 2023. C’est celui qui est en poste aujourd’hui», relate Mediapart. Ce seront ensuite «au cours de 2024», «les responsables des différents pôles du syndicat qui s’en vont, après des arrêts maladie». Et de signaler enfin le «passage remarqué» d'un responsable administratif et financier, licencié en février après «de nombreux signalements pour management toxique et agissements à caractère sexiste, puis une enquête interne».

Finance : la Banque des Territoires lance un fonds dédiée à «la transition agricole et alimentaire»

La Banque des Territoires propose d’aider les «structures de la transition agricole et alimentaire» à se développer à travers un «accélérateur», une offre d’investissement et une «communauté», ces trois services étant placés sous la bannière «Territoires nourriciers». Les structures éligibles sont des associations, coopératives, sociétés commerciales d'utilité sociale ou structures d'insertion, précise-t-on à la Caisse des dépôts (qui chapeaute la Banque des territoires); leur modèle économique aura «déjà prouvé son efficacité», précise le communiqué du 23 janvier. Sur le plan de l’investissement, La Banque des Territoires mobilise environ 550 millions d’euros sur la période 2024-2028 permettant de prêter à partir de 200 000 euros et d’investir en fonds propres de plusieurs millions d’euros. Son partenaire d'accompagnement est le réseau Kiif de structures régionales des innovations sociales, dont les accélérateurs L'Adress en Normandie et Antropia, portée par l'Essec Business School. L’accélérateur «Territoires nourriciers» vise l’objectif de «consolider et multiplier ces structures pour transformer le système agricole et alimentaire». La Banque des Territoires prévoit d’en accélérer une dizaine par an, de financer en direct autant de créations et d’accueillir une cinquantaine de structures dans la communauté. 

Serres horticoles : le groupe Squiban rachète un spécialiste breton des énergies vertes

Spécialisé dans les installations horticoles et maraîchères (serres de culture de légumes), Squiban group vient de racheter la société costarmoricaine GR Energies, indique le journal Les Echos le 29 janvier (article payant). Il s’agit de la première opération de croissance externe menée depuis sa reprise, en juillet dernier, par un groupe d'investisseurs mené par Unigrains. GR Energies (15 millions d’euros de chiffre d’affaires) est spécialisée dans la conception, l’installation et l’entretien d’équipements de production d'énergie verte, des méthaniseurs et des installations photovoltaïques, centrales solaires thermiques et des chaufferies bois. «Nos expertises sont complémentaires, GR Energies maîtrisant davantage certaines briques technologiques dans le secteur de la méthanisation, tandis que nous leur apportons notre expertise dans le domaine du photovoltaïque», explique Patrice Borali, le président de Squiban group qui confirme le rythme actuel d'acquisitions (une à trois opérations en moyenne par an). Celles-ci viseront à compléter les savoir-faire de l'ETI dans l'énergie et le traitement de l'air, secteurs où les concentrations s'accélèrent, poussées par les évolutions technologiques - l'intégration de l'IA par exemple.

Arboriculture: le Sénat donne son feu vert à un cadre réglementaire pour la TIS

Lors de son adoption au Sénat le 27 janvier, la proposition de loi (PPL) sur les Entraves a été enrichie de deux articles relatifs à la protection des végétaux. L’article 7, issu d’un amendement du gouvernement (amendement n°102) vise à «créer un cadre règlementaire» pour permettre l’utilisation de la technique de l’insecte stérile (TIS), notamment en arboriculture, indique l’exposé des motifs. Concrètement, le texte fait apparaître la TIS dans le Code rural en tant que «macro-organisme utilisé dans le cadre de la lutte autocide», au même rang que les macro-organismes non indigènes utiles aux végétaux. L’article 8, également introduit par le gouvernement (via l’amendement n°103), permet de réviser le régime de prévention et sanction des atteintes à la protection des végétaux (adaptation de l’échelle des peines ; adaptation des mesures de prévention, de surveillance et de lutte). Il habilite l’Exécutif à prendre une ordonnance en la matière «dans un délai de 12 mois» à compter de la promulgation de la loi. Cette mesure notamment vise notamment à «améliorer la lutte contre la flavescence dorée (maladie de la vigne, NDLR)», selon un sous-amendement du rapporteur Pierre Cuypers. 

Vin : la coopérative Unidor rachète le négoce des Celliers du Périgord

L’union de caves coopératives Unidor annonce l’acquisition des Celliers du Périgord, spécialisés dans la vente de vins de domaines et châteaux régionaux aux enseignes de la grande distribution. Ce rachat du fonds de commerce, «finalisé le 10 janvier», lui offre «un ancrage local renforcé», selon le communiqué. Les Celliers du Périgord pèsent 1,1 million d’euros de chiffre d'affaires, dont 90 % issus de vins du Périgord. Pour Unidor, «déjà premier opérateur du Périgord en chiffre d'affaires, via ses structures Couleurs d'Aquitaine et Producta», il s’agit d’une troisième filiale en Dordogne. «En s'appuyant sur le réseau établi des Celliers du Périgord, nous serons en mesure de mieux valoriser et de positionner davantage les vins issus des caves coopératives», souligne la coopérative. Unidor, avec près de 300 vignerons et 4 000 hectares de vignoble, affiche 27,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 (14,6 millions de bouteilles). L’union revendique 35 % de l’activité viticole du bergeracois.

Œufs : le géant brésilien de la viande JBS acquiert 50% du géant de l’œuf Mantiqueira

Le brésilien JBS a annoncé, dans un communiqué du 27 janvier, acquérir 50% des parts du numéro un sud-américain de l’œuf, Mantiqueira Brasil. L’industriel des viandes (bœuf, poulet, porc), déjà diversifié dans le saumon et les protéines végétales, élargit ainsi sa «palette multi-protéines», explique-t-il. «Cet investissement est dans la lignée de notre stratégie à long terme», indique le CEO de JBS monde, Gilberto Tomazoni, cité dans le communiqué commun des deux entreprises. De son côté, Leandro Pinto, président-fondateur de Mantiqueira, espère accroître ses capacités commerciales en dehors du Brésil. Mantiqueira Brasil produit annuellement 4 milliards d’œufs dans six Etats du Brésil et emploie 3000 personnes, selon le communiqué. Son mode d’élevage est essentiellement «conventionnel» et industriel, ayant inauguré en 2022 une «ferme technologique» de 1,2 million de poules à 200 km de la capitale Sao Paulo, rapporte la presse. Les œufs alternatifs sont en développement, Mantiqueira prévoyant en 2025 atteindre 2,5 millions de «poules libres» selon son site internet, apparemment élevées au sol et à la lumière naturelle, et vendues sous la marque Happy Eggs. Mantiqueira a aussi une marque d’alternatives végétales à différents produits carnés et à base d’œuf, N.Ovo. 

Elevage/Eau: la redevance sera triplée seulement en cas de condamnation pénale (JO)

Un décret publié au JO le 25 janvier modifie les dispositions de redevance pour pollution de l’eau par les activités d’élevage, versées aux agences de l’eau. Repéré par nos confrères de Contexte, le décret établit que le triplement du montant de la redevance est appliqué aux éleveurs «ayant fait l’objet d’une condamnation pénale», dans le cadre des missions de police administrative visant à protéger la qualité de l’eau. Auparavant, ce triplement concernait les éleveurs ayant fait l’objet «d’un procès-verbal d’infraction».

Protéines végétales : Ahold Delhaize et Lidl annoncent des objectifs de végétalisation

Le distributeur belge Ahold Delhaize et l’Allemand Lidl annoncent presque simultanément un objectif de végétalisation de leur offre d’ici à 2030 : Delhaize visant 50% de protéines végétales dans ses MDD vendues en Europe, et Lidl se promettant d’augmenter de 20% son offre végétales (de céréales, légumes, graines et alternatives végétales) par rapport à 2023. Chez Ahold Delhaize, la végétalisation des protéines va de pair avec le soutien du distributeur à la décarbonation de ses fournisseurs de viandes, de laitages ou d’œufs, indique son communiqué du 22 janvier 2025. Ceci dans l’esprit d’honorer les diverses préférences alimentaires. Chez Lidl, cet objectif fait partie d’un programme de développement durable défini avec le WWF (Fonds mondial pour la nature), portant sur ses 31 marchés internationaux. «Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges de Lidl pour aligner son offre de produits sur les lignes directrices du Régime alimentaire pour la santé planétaire (PHD) d’ici 2050», a rapporté le journal Vegconomist le 24 janvier. Lild s’était affiché en France ce début d’année 2025 en organisant une semaine dédiée au végétarisme et au véganisme pendant le mois de janvier végétal (veganuary).

Grains: en Argentine, réduction provisoire des taxes à l’exportation

Le gouvernement argentin a annoncé le 23 janvier une réduction significative, mais provisoire, de la taxe prélevée sur les exportations de fèves de soja, de grains de blé, maïs et tournesol, d’huiles et de tourteaux de soja. Cette mesure court jusqu’au 30 juin. Elle vise à accélérer le rythme des ventes des agriculteurs aux exportateurs de grains, à la veille des récoltes de soja et de maïs en Argentine. La taxe prélevée sur les exportations de soja a été abaissée de 33% de sa valeur FOB à 24,5%; pour les tourteaux et l’huile de soja, elle est passée de 31% à 24,5%; pour le blé, l’orge, le sorgho et le maïs, de 12% à 9,5%; pour le tournesol de 7% à 5,5%. La taxe a été éliminée, toujours provisoirement, pour le coton, le riz, le tabac et le cuir bovin. Les filières argentines du soja, du blé, du tournesol et du maïs ont jugé la mesure «positive car ces taxes sapent [leur] compétitivité à l’export et détruisent [leur] potentiel de production». Elles «souhaitaient que cette mesure provisoire soit le début d’une réduction de la charge fiscale jusqu’à l’élimination totale de ces taxes», ce qui était une promesse de campagne du président Javier Milei élu il y a un an. Au 28 janvier, l’effet de la mesure était mitigé sur les marchés: le cours local du soja sur le marché à terme a connu une hausse de 10 dollars, passant à 294 $/t. Mais les exportateurs restent sur leurs gardes, car, pour bénéficier d’une telle baisse fiscale, ils devaient liquider leurs ventes au taux de change monétaire officiel sous 15 jours après leurs déclarations de vente. (Marc-Henry André)

Commerce en ligne : Agryco (ex-Agriconomie) rachète son concurrent Farmitoo

Le groupe Agryco (anciennement Agriconomie), spécialisé dans la vente en ligne d’équipements et intrants agricoles, a indiqué par la voix de son dirigeant Paolin Pascot sur LinkdIn le 29 janvier, le rachat d’une concurrente, la start-up Farmitoo, qui avait annoncé la cessation de ses activités en octobre, après une liquidation judiciaire prononcée fin août. Pour expliquer ses déboires, la dirigeante avait mis en avant une «forte concurrence en ligne et à une dépendance accrue à la communication payante.» Créée il y a 7 ans, la société employait 90 personnes et présentait un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros. Avec cette acquisition, Agryco espère renforcer ses positions en France et à l’étranger. «Farmitoo, ce sont 100 000 agriculteurs clients dans sept pays, plus de 200 000 utilisateurs de la plateforme chaque mois et presque 15 millions d’euros investis lors des six dernières années», commente Paolin Pascot sur le réseau social. Le montant de l’opération n’a pas été précisé, pas plus que le nombre de salariés de Farmitoo qui seraient conservés.

Gaza : 75% des terres cultivables ont été endommagées par le conflit, selon la FAO

Dans leurs dernières données publiées le 28 janvier, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le centre satellitaire de l’ONU, Unosat, avancent qu’au 31 décembre 2024, 11 293 hectares (ha) de terres cultivables à Gaza ont été endommagés par le conflit, soit 75 % des terres. Cela inclut 7 043 ha (79,5 %) de vergers et d’arbres, 2 187 ha (73,1 %) de cultures de plein champ et 2 063 ha (64,3 %) de légumes. Ces données sont en augmentation par rapport aux précédents rapports de d’octobre (10 183 ha). En outre, l’organisation romaine avance que plus des deux tiers des puits agricoles (1 531 au total) ne fonctionnent, plus de 96 % du bétail est mort et seulement 1 % des volailles sont encore en vie. À cela s’ajoute une production laitière «quasiment à l’arrêt». Toutefois, «l’agriculture doit être au cœur des efforts d’urgence et de rétablissement» déclare la directrice générale adjointe de la FAO, Beth Bechdol qui estime que le cessez-le-feu est «une occasion cruciale de répondre à la crise alimentaire».

Légumes et salades: changement à la direction de Rosée des champs

Le groupe coopératif Rosée des Champs, spécialisé dans les salades et légumes prêts à l’emploi, a annoncé à l’occasion du salon Sirha à Lyon l’arrivée de son troisième directeur général depuis sa création. Augustin Ringô succède ainsi à Francis Bailly qui partira à la retraite le 1er avril prochain, après avoir marqué l’entreprise par sa longévité, avec 38 ans dans le secteur légumier, dont 13 années à la direction du groupe. (Florence Rabut)

Erratum sur les nominations à la Coopération agricole

Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur dans l'Agrafil du 29 janvier, c'est le bureau de la Coopération agricole qui a été récemment renouvelé par le conseil d'administration. Dominique Chargé avait été réélu le 19 décembre à l'occasion de l'assemblée générale.