Loup : Macron veut empêcher son implantation « là où il y a du pastoralisme » (presse)
En marge d’un déplacement à Roquefort-sur-Soulzon (Aveyron), consacré aux 100 ans du fromage AOP, le 3 juillet, Emmanuel Macron a dit vouloir empêcher l’implantation du loup « là où il y a du pastoralisme », rapporte l’AFP, repris notamment par Ici (ex-France bleu). « On ne va pas laisser le loup se développer et qu'il aille dans des massifs où il est en compétition avec des activités qui sont les nôtres », a ajouté le chef de l'État. « Et donc ça veut dire qu'il faut, comme on dit pudiquement, le prélever davantage. » Le statut de protection du prédateur vient d’être abaissé dans la Convention de Berne et dans la directive européenne Habitats, ouvrant la porte à une gestion plus souple. Un travail est en cours au sein du Groupe national loup pour explorer les conséquences de ce changement juridique dans le droit français. Selon l’AFP, le président de la République a jugé « vraisemblable qu'il faille une loi » pour parvenir à ses fins. « Il faut passer de la parole aux actes », a exhorté le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, réagissant dans un message envoyé à la presse. Et d’appeler à commencer par « lever la décision de restreindre l’envoi de la louveterie », dans un contexte de forte hausse des attaques et des prélèvements de loups début 2025.
Bovins/DNC : le lait cru réautorisé en Savoie, la France réserve des vaccins (presse)
Les préfètes de Savoie et de Haute-Savoie ont annoncé, le 2 juillet, la levée de l’obligation de pasteuriser le lait dans la zone réglementée autour du foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) détecté dans un élevage bovin le 29 juin, rapporte Ici (ex-France bleu) le 3 juillet. Un nouvel arrêté est paru le 2 juillet qui abroge l’ancien du 29 juin. Le nouveau texte ne contient plus l’article interdisant les mouvements de lait cru, une disposition qui avait été dénoncée par la FDSEA des Savoie, car elle pénalisait la production de fromages AOP. Alors que la DNC n’est pas transmissible à l’homme, « la littérature scientifique confirme que la pasteurisation n'est pas nécessaire pour le lait pour les produits à destination de la consommation » humaine, expliquent les pouvoirs publics, cités par Ici. Le nouvel arrêté instaure également la possibilité d’une dérogation de déplacement des animaux pour abattage., Par ailleurs, « l’Union européenne dispose d’une banque vaccinale, que la France a décidé de solliciter pour réserver des doses », ont indiqué les autorités, selon Ici. Le média public fait enfin état de trois suspicions de la maladie : une dans l’Ain et deux en Savoie – « deux situations sous observation dont une qui va faire l’objet d’une euthanasie », selon la préfète Vanina Nicoli.
Bovins : la Conf’ demande le « déclassement » de la dermatose nodulaire contagieuse
Alors que la France a déclaré le 29 juin son premier cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), dans un élevage bovin de Savoie, la Confédération paysanne exige, dans un communiqué du 3 juillet, « un changement radical et immédiat de la gestion de cette maladie », allant jusqu’à « un déclassement à l’échelle européenne ». En tant que maladie exotique, la DNC, non transmissible à l’homme, est classée dans la catégorie « A » par la réglementation européenne, imposant une obligation de déclaration et d’éradication immédiate. « La faible mortalité et l'absence de conséquence pour les humains ne justifient pas de telles mesures », estime la Conf’. Et d’ajouter que « cette maladie génère des symptômes qui peuvent être importants chez les bovins mais avec un taux de guérison estimé à 90 % ». Dans un avis publié en 2017, l’Anses, se basant sur une étude menée en Jordanie, évoque un taux de mortalité « de 10 % dans les troupeaux non vaccinés et de 1 % dans les troupeaux vaccinés ». En raison de l’abattage total dès la détection de la maladie, « la réglementation menace davantage les éleveurs et éleveuses que la maladie elle-même », considère le syndicat, qui demande aussi « la suppression des mesures intenables » de biosécurité pour les élevages en zone réglementée.
Influenza/bovins lait : l’Efsa liste les voies de propagation possibles depuis les États-Unis
L’Efsa a publié le 3 janvier un rapport sur la propagation aux États-Unis de l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1* aux troupeaux de vaches laitières, et comment elle pourrait toucher l’Europe. Selon ce rapport, l’UE pourrait être concernée par l’IAHP via l’importation des États-Unis de vaches laitières et de certains produits comme ceux au lait cru, les semences bovines, les ovocytes et embryons bovins, le sérum de vœu fœtal, les tissus mammaires bovins et la viande de volaille. Pour les produits cités, les flux actuels des USA vers l’UE vont de zéro à plusieurs tonnes. Par exemple, pour la viande bovine, « l’absence d’importation d’animaux et la détection très limitée du virus dans la viande, en particulier dans le muscle, rendent cette voie peu probable », note le rapport. L’IAHP pourrait aussi touche l’UE par l’intermédiaire de la migration saisonnière des oiseaux sauvages, et l'autorité européenne propose d’effectuer la détection précoce du virus dans les zones d’Europe du Nord où ils se concentrent. D'ici la fin de l'année, l'Efsa évaluera l'impact potentiel de l’introduction de ce génotype de l'IAHP en Europe et recommandera des mesures pour empêcher sa propagation. * Lignée eurasienne oie/Guangdong clade 2.3.4.4b génotype B3.13
Méthane entérique : le HCC retoque l'indicateur PRG* sur l'ensemble des usages
Dans son rapport annuel paru le 3 juillet, le Haut conseil pour le climat (HCC) estime que l'indicateur alternatif PRG*, utilisé par le Planet score pour le méthane entérique, n'est pertinent ni pour la comptabilisation des émissions, ni pour l'affichage environnemental. En matière de comptabilité, le HCC estime « l’élargissement de l’utilisation du PRG* pour des inventaires de comptabilisation d’émissions pose de nombreux problèmes ». En outre, « l’équité entre émetteurs émettant à des périodes différentes n’est pas respectée par une approche PRG* », ce qui conduit le HCC à conclure qu'elle « ne peut donc pas être utilisée comme instrument de comptabilisation des émissions ». Sa mise en œuvre n’est pas non plus « adaptée à des analyses en cycle de vie ou des calculs d’empreinte carbone », estime le HCC, constatant qu'« une baisse des émissions pendant plusieurs décennies donne une valeur négative au PRG* ce qui conduirait à favoriser la consommation de produits rejetant du méthane dans l’atmosphère, dès lors que ces émissions diminueraient ». Or l’ensemble des scénarios Giec pour limiter le réchauffement sous 2 °C implique de «réduire rapidement les émissions mondiales de méthane, et les stabiliser vers 2050 à 50 % du niveau actuel». Il ajoute que « les difficultés de collecte des données associées aux émissions de méthane par unité produite dans le temps (par exemple 20 ans) rendent difficiles d’appliquer une métrique PRG* dans le contexte de l’information environnementale liée à l’alimentation ».
Élevage/numérique : Innoval acquiert la start-up Dilepix
Le groupe coopératif de génétique animale Innoval a annoncé le 3 juillet l’acquisition de la start-up Dilepix. « Les algorithmes de Dilepix permettent de développer des solutions pour analyser en temps réel les données pertinentes pour le monitoring d’élevages, le suivi des cultures, la surveillance comportementale et sanitaire des élevages, la détection précoce des chaleurs, le suivi du bien-être animal, le repérage d’adventices ou de ravageurs », indique un communiqué. Pour Dilepix, qui conserve son autonomie et ses partenariats, rejoindre Innoval va lui permettre de tester en grandeur nature ses solutions chez des éleveurs pilotes avant d’être déployées en France et à l’international. À l’occasion de cette acquisition, les cofondateurs de Dilepix rejoignent Innoval. Alain Pobla est nommé directeur du pôle Smart Décision de la filiale Innoval Développement, afin de créer des synergies entre les entreprises qui offrent une vaste expertise digitale et numérique : ITK (spécialisée en intelligence artificielle), iCowsoft (éditeur de logiciel de gestion de troupeaux), Medria (société de monitoring) et Adventiel (entreprise de services numériques). Aurélien Yol, quant à lui, prend la direction de Dilepix.
Taxes Trump : Macron appelle à un accord commercial « juste et ferme » avec les États-Unis
Un accord « juste et ferme », avec les droits de douane « le plus bas possible » : Emmanuel Macron a appelé le 3 juillet à clore au plus vite la guerre commerciale qui menace de faire rage entre les États-Unis et l’Union européenne depuis un lieu hautement symbolique, Roquefort-sur-Soulzon (Aveyron). Le président américain pourrait doubler à 20 % le taux par défaut des droits de douane sur les importations en provenance de l’Union européenne, voire les porter à 50 % comme il l’avait déclaré en mai. « On a une situation très dure, elle nous a un peu été imposée, c’est la loi du plus fort qu’on subit », a déploré M. Macron devant des producteurs de roquefort inquiets. Alors que le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, tente de conclure à Washington un accord au nom des 27 États membres de l’UE, M. Macron a jugé que les Européens avaient « des vrais leviers » dans la négociation. Pour l’heure, « c’est 10 % qui s’applique » et « ce qui pèse sur nous, c’est potentiellement 25 ou davantage », a-t-il observé. Il a souhaité « obtenir ce qui est le minimum aujourd’hui pour les Américains », à savoir « 10 % pour 10 % » de droits de douane. Et que « le 0 % de tarif qui préexistait » sur certains secteurs comme « l’aéronautique », « on puisse l’avoir » aussi.
Crise viticole : une réunion le 8 juillet sur « des réponses structurelles » (ministre)
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a invité « toute la profession viticole à une réunion de travail » le 8 juillet autour des « réponses structurelles » à apporter à la crise, dans un contexte budgétaire général difficile. « Notre viticulture va mal », a-t-elle souligné le 3 juillet au congrès des Vignerons coopérateurs. Au-delà des raisons conjoncturelles, la ministre a pointé les causes structurelles « liées à la déconsommation des boissons alcoolisées, en particulier des vins rouges, qui se confirme comme une tendance lourde et qu’il faut regarder en face ». « Nous devons aussi être en capacité collectivement de tirer les leçons des mesures qui ont été mobilisées ces dernières années à des hauteurs très importantes – plus d'un milliard d'euros – en réponse à une crise qui est toujours là », a-t-elle ajouté. Le président Joël Boueilh a insisté sur l’« urgence » à débloquer les 10 millions d’euros d’aides à la restructuration des coops, enveloppe inscrite dans la loi de finances pour 2025. « Les redressements et liquidations de caves s’accélèrent aujourd’hui », a-t-il déploré. Le 6 mai, la ministre avait annoncé un audit du CGAAER avant d’accorder ces aides, attendues avec impatience. « Les choses ne patinent pas », s'est défendue Annie Genevard, invoquant le besoin d'« une expertise plus fine » par ses services sur la situation du secteur.
Comptes de l’agriculture : baisse du « PIB agricole » amplifiée pour 2024, à -11,7 %
À l’occasion de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) le 3 juillet, l’Insee a publié ses chiffres consolidés pour l’année 2024, marquée par un dégonflement des charges, le reflux des prix agricoles, de mauvaises récoltes en céréales et viticulture, ainsi que des problèmes sanitaires en élevage de ruminants. L’Institut enregistre une baisse de 11,7 % en euros courants de l’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs), contre 5,4 % attendu en décembre selon la parution des comptes prévisionnels. Il s’agit du deuxième repli après celui de 4,8 % en 2023, qui font suite à une hausse de 12,3 % en 2022. Cette forte correction par rapport au prévisionnel est liée à une détente moins nette que prévu des charges. Les consommations intermédiaires sont en diminution de 4,7 %, grâce à la baisse des prix (-7,7 %), après une hausse massive deux années plus tôt (+20 %). C'est particulièrement vrai pour le prix des engrais et amendements (-30,9 %), qui permet aux volumes de remonter (+11 %). La contraction du « PIB agricole » s'explique par un double mouvement de retombée des prix (-3,8 %) et des volumes (-5,2 %). Ce sont surtout les productions végétales qui fléchissent (-15,7 %), par une chute à la fois des cours (-6,4 %) et des quantités (-10 %). Les productions de vin (-28,7 % en valeur) et de céréales (-26,3 %) sont particulièrement touchées.
Agroéquipement : marché en baisse durant le premier semestre 2025, selon le Sedima
Une enquête réalisée par le Sedima (concessionnaires de matériel agricole) auprès de ses adhérents, et présentée lors d'une conférence de presse à Paris le 3 juillet, révèle un recul du marché des matériels agricoles entre les premiers semestres 2024 et 2025. Sur la période, les prises de commandes de matériels neufs et d’occasion se sont effritées de 7 % à 9 %. Les secteurs les plus touchés sont la viticulture et les grandes cultures. « Il s’agit d’une tendance de fond pour la viticulture, secteur pour lequel nous sommes particulièrement préoccupés. (…) Certains viticulteurs ne font pas réviser leurs machines avant la saison des vendanges faute de moyens », alerte Stéphane Leblond, le nouveau président du Sedima depuis avril 2025. Le syndicat précise que les chefs d’entreprise interrogés n’observent pas, pour le moment, de reprise de l’activité pour le second semestre 2025. Pour rappel, Axema (constructeurs de matériel agricole) avait lui aussi alerté sur la morosité ambiante du marché, en raison notamment des mauvaises récoltes céréalières et viticoles.
Innovation : plus de la moitié des agriculteurs ont un budget dédié (sondage)
Plus de la moitié des agriculteurs (56 %) consacrent une partie de leur budget à l’innovation et la mise en place de nouvelles techniques ou pratiques, selon un sondage de la Ferme digitale auprès d’un millier d’exploitants (grandes cultures, élevage, cultures spécialisées). Une décision qui est menée surtout de façon ponctuelle (38 %), un peu moins sur plusieurs années (18 %). Quasiment trois quarts des sondés (72 %) se disent prêts à partager leurs données avec un partenaire pour bénéficier d’une innovation. L’étude identifie par ailleurs des freins et leviers. Pour 81 % des agriculteurs, le coût représente le principal obstacle à la mise en place de pratiques innovantes (contraintes administratives et incertitude des résultats sont également « citées de manière significative »). Deux tiers jugent essentiel d’être formés et accompagnés lors du test de nouvelles pratiques, technologies, stratégies. Côté leviers, la rentabilité apparaît comme le principal levier d’adoption, devant la productivité, le gain de temps, le confort de travail. Les groupes d’agriculteurs, les instituts techniques et les conseillers indépendants sont les trois partenaires jugés plus légitimes (respectivement 26 %, 24 %, 20 %) dans l’accompagnement à l’innovation.
ORE agricoles : l’ouest de la France et l’agence de l’eau Rhin-Meuse s’en emparent
Alors qu’une mission de l’IGEDD (ministère de la Transition écologique) est en cours sur les freins et leviers des obligations réelles environnementales (ORE), ce type de contrat visant à protéger des éléments de biodiversité sur le long terme fait peu à peu son nid dans le paysage agricole. D’après notre enquête à la Une d’Agra Presse hebdo cette semaine, les ORE de préservation volontaire, dites patrimoniales, sont particulièrement prégnantes dans l’ouest de la France. Parmi les agriculteurs-propriétaires qui décident de signer une ORE, certains ont un profil « militant » proche de la nature. D’autres ont le souci de préserver leurs investissements paysagers en vue de transmettre leur exploitation, certains craignant de voir les haies ou l’élevage disparaître. L’agence de l’eau Rhin-Meuse apparaît pionnière en matière d’aide financière aux ORE situées en zones de captage ou en zones humides, avec sept ORE aidées sur 89 ha via une contrepartie financière de 3 000 €/ha en moyenne, « one-shot ». À côté de cela, la communauté de communes des Sablons, dans l’Oise, a recours à l’ORE a défaut d’un meilleur outil juridique pour sécuriser une production de miscanthus. Si l’ORE a pour principale qualité d’être cousue « sur-mesure », son principal défaut est le manque d’attractivité fiscale, selon les observateurs.
Foncier : la Coordination rurale réclame « plus de transparence » dans les Safer
À la suite de l'« éviction brutale » du président de la FNSafer, une délégation de la Coordination rurale a été reçue le 1er juillet par le cabinet de la ministre de l’Agriculture, selon un communiqué du syndicat. Un tel changement à la tête de l’organe de régulation marque « le refus de l’ouverture aux autres syndicats représentatifs », d’après la CR, qui y voit « la volonté du bloc historique FNSEA-JA de garder seul la maitrise de l’orientation du foncier ». Le syndicat formule plusieurs demandes auprès du ministère. « Tous les syndicats représentatifs doivent obtenir un poste d’administrateur de la FNSafer et plus seulement la FNSEA et les JA », liste le communiqué. Concernant les Safer régionales, « les censeurs ne doivent plus assumer de responsabilités et se cantonner à leur rôle d’expert ». La CR veut que chaque conseil d’administration mette en place « un bureau exécutif composé d’un membre de chaque syndicat représentatif et de représentants des deux autres collèges ; ainsi ce bureau contrôlera les interventions de préemption, écartant toute possibilité de dérives ». Enfin, le syndicat demande que, « dans tous les départements, des réunions préalables aux comités techniques soient tenues pour tous les dossiers en concurrence, avec l’ensemble des candidats en lice, afin que chacun puisse présenter son projet en toute transparence ».
Dégâts de gibier : l'usage d'engins agricoles pour le rabattage reste prohibé (Conseil d'État)
Dans une décision publiée le 16 juin, le Conseil d'État a annulé partiellement un arrêté de 2023 encadrant les modes de destruction d'animaux nuisibles, censurant son alinéa qui autorisait le recours à un engin agricole pour le rabattage des sangliers dans le cas d'une chasse autour d'une parcelle agricole en cours de récolte. Or, cette disposition a été prise « en méconnaissance » de l'interdiction faite de l'emploi d'engins agricoles en action de chasse, y compris pour le rabattage, estime le Conseil d'État. Dans un communiqué paru le 3 juillet, la Coordination rurale s'est plainte de cette décision comme d'une « atteinte regrettable » à l'accord signé entre l'État, le secteur agricole et les chasseurs au printemps 2023, qui incluait des assouplissements réglementaires. Pour la CR, l'annulation est par ailleurs « totalement injustifiée », et « souligne le décalage existant entre des magistrats coupés du réel et la vie quotidienne des agriculteurs, victimes régulières des dégâts causés par le grand gibier qui pullule dans nos campagnes ».
Coopératives: Teract (InVivo) va repasser son réseau Gamm Vert sous franchise
Afin de « consolider son modèle de croissance, renforcer ses performances, affirmer son leadership sur le marché de la jardinerie » et « faire face aux nouveaux défis du marché », Teract, filiale d’InVivo (anciennement InVivo Retail) annonce, dans un communiqué daté du 27 juin, réorganiser ses activités. Cette nouvelle stratégie s’articule autour de quatre projets, à commencer par le retour en franchise de l’intégralité du réseau Gamm Vert d’ici fin 2026 : cela concernerait plus de 70 magasins (1 000 sites étant déjà exploités par des coopératives agricoles). Autres évolutions : la cession des sept points de vente Bio&Co à l’automne 2025 ; la fin de l’expérimentation « Noé, La Maison des Animaux » (trois points de vente) d’ici la fin de l’année ; et la réorganisation des fonctions supports et logistique de l’activité jardinerie/animalerie pour « préserver la compétitivité des magasins, réinvestir durablement dans les prix et la rénovation des magasins ». Un choix qui pourrait amener le groupe à licencier, au maximum, 59 personnes. Au 30 juin 2024, Teract affichait un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros pour 1 700 points de vente et neuf enseignes. À côté des enseignes de jardinerie/animalerie (Gamm Vert, Jardiland, Delbard...), Teract, c’est aussi de la distribution alimentaire avec Boulangerie Louise, Grand Marché la Marnière ou Frais d’Ici. (Anne Gilet)
Négoce : Bunge finalise l'acquisition de Viterra
Le négociant international Bunge a finalisé le rachat de son concurrent Viterra pour un montant dépassant les 8 milliards de dollars, annonce un communiqué du 2 juillet. Le processus d'approbation réglementaire s'est étendu sur deux ans, avec les feux verts successifs des autorités de la concurrence en Afrique du Sud, en Inde, dans l'Union européenne, au Canada, et depuis le mois de juin en Chine. Pour rappel, des inquiétudes émergeaient quant à la bonne marche de la finalisation de la transaction, en raison du conflit commercial opposant la Chine aux États-Unis. Selon Bloomberg, les régulateurs chinois avaient exprimé des craintes quant au fait que l’opération augmenterait la concentration de l’activité du négociant, et aurait potentiellement un effet négatif sur les intérêts de Pékin en matière de sécurité alimentaire. Ces inquiétudes ont donc apparemment été levées. Avec ce rachat, Bunge devient l’égal des géants internationaux que sont ADM (Archer Daniel Midlands) ou Cargill. Viterra disposait, en Europe, d’activités très spécialisées dans le blé et l’orge.
Fleurs/1er mai : le Sénat a adopté la PPL assouplissant le Code du travail
En séance publique le 3 juillet, le Sénat a largement adopté en première lecture la proposition de loi visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai (avec 228 voix « pour » sur 340 exprimées). Quelques jours plus tôt, la commission des Affaires sociales avait redéfini le périmètre des établissements éligibles, dont les fleuristes et jardineries ainsi que les commerces de bouche de proximité. Une disposition rappelée par la ministre du Travail, Catherine Vautrin, lors du débat, précisant que le décret en cours se calquerait « strictement » sur le législatif. Deux amendements ont été retenus par les sénateurs. Le premier, venant du rapporteur Olivier Henno (Union centriste), précise que seules les entreprises exerçant, à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles sont concernées. « La formulation retenue permettra, sans ambiguïté, d'exclure les grandes surfaces dont l'activité excède largement la vente de brins de muguet », est-il expliqué. Les sénateurs ont par ailleurs adopté un amendement centriste imposant que le volontariat soit formalisé par un accord écrit entre le salarié et son employeur, et précisant que le refus de travailler ne peut donner lieu à aucune mesure discriminatoire ni constituer une faute ou un motif de licenciement. La gauche a voté contre le texte, dénonçant « une régression sociale ».
Fruits et légumes : en Italie, l’Émilie-Romagne régule le travail pendant les fortes chaleurs
La région Émilie-Romagne, une des première zones de production légumière et fruitière en Italie, a mis en place un arrêté, en vigueur depuis le 2 juillet, imposant la suspension des activités les plus exposées au soleil, telles que celles de l'agriculture et de la floriculture , rapporte le site Italia Fruit News. Le travail est ainsi interdit entre 12h30 à 16h00 dans les zones présentant un risque « élevé » de chaleur extrême. Pour Confagricoltura Bologne (syndicat), si l’arrêté est une bonne chose concernant les conditions de travail des salariés et saisonniers, ces restrictions pourront engendre des problèmes en matière logistique, organisationnelle et, dans certains cas, de production, « car les entreprises agricoles doivent veiller au respect des calendriers de récolte et à la livraison des produits ». Le syndicat indique qu’il surveillera attentivement l'évolution de la météo et, si les conditions s'améliorent, de demander la suppression de l’arrêté. « À l'avenir, il serait judicieux de lancer des appels d'offres ciblés et des incitations pour les entreprises qui décident d'adopter des solutions pour faire face aux vagues de chaleur et protéger davantage les conditions de travail de leurs collaborateurs » considère Davide Venturi, président de Confagricoltura Bologne.
Agroalimentaire/finance : Luc Vermersh nouveau vice-président d'Unigrains
Dans un communiqué du 2 juillet, le fonds d'investissement dans les secteurs agricole et agroalimentaire Unigrains a annoncé la nomination au poste de vice-président de Luc Vermersh ; il succède à Jean-François Isambert, qui occupait la fonction depuis 2009. Ce dernier restera administrateur jusqu'à la prochaine assemblée générale de l'entité en juin 2026. Agriculteur dans la Somme (230 ha de polyculture-élevage), Luc Vermersh est également président délégué de la coopérative Noriap, secrétaire général adjoint de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA), président d'Union Finances Grains (union de coopératives agricoles offrant des services financiers), président du Comité régional grandes cultures Hauts-de-France et coprésident du comité promotion-communication d’Intercéréales (interprofession).
Semences : Andreas Albersmeier prend la direction opérationnelle de Strube
Depuis le 1er juillet, Andreas Albersmeier est le nouveau directeur opérationnel du semencier allemand Strube, membre du groupe RAGT, et spécialisé notamment dans la sélection de semences de betteraves sucrières. Andreas Albersmeier, également directeur général de RAGT Saaten en Allemagne, sera accompagné jusqu’à l’automne par Marcel Landmann qui a occupé ce poste ces deux dernières années. (Anne Gilet)
Sucre : William Huet nommé directeur agricole de Cristal Union
Le groupe sucrier Cristal Union a annoncé, dans un communiqué du 3 juillet, la nomination de William Huet au poste de directeur agricole. Il succède à Bruno Labilloy. Arrivé en 1998 au poste de responsable betteravier du site d’Eclaron (qui fut une entité à l’origine de la création de Cristal Union), il occupa ensuite, de 2001 à 2013, le même intitulé de poste, mais sur l’usine de Bazancourt. Il fut ensuite responsable du pôle Recherche et développement du groupe jusqu’en 2024, année durant laquelle il fut promu directeur agricole adjoint.
Agenda de la semaine agricole du 7 juillet 2025
Lundi 7 juillet
La commission de l'Agriculture du Parlement européen adopte sa position sur la Pac post-2027
Conférence de presse Vignobles & Découvertes : étude sur l'œnotourisme
Mardi 8 juillet
Vote de la PPL Entraves à l'Assemblée nationale
Audience en référé au tribunal administratif sur la publication de l’étude Pestiriv
Visioconférence des Civam sur la création de filières territoriales
Visite d'essais CTIFL « maraîchage péri-urbains » à Brindas (Rhône)
Mercredi 9 juillet
Rencontres biodiversité et territoires de l’OFB, à Bordeaux (jusqu’au 11 juillet)
Jeudi 10 juillet
Rapport annuel de l'Autorité de la concurrence
Rencontre technique CTIFL « Cerise » à Balandran (Gard)