Dans un récent exercice de prospective sur le marché mondial de l'hydrogène à horizon 2060, le cabinet de conseil Deloitte a exclu de ses calculs la voie de production par la biomasse (agricole, forestière; ou déchets), autrement dit celle du bio-hydrogène, la considérant comme significativement moins rentable que celle de l'e-hydrogène (production par l'électricité verte ou grise). «Notre modèle choisit le moyen le moins couteux de produire de l'hydrogène», indiquent les auteurs du rapport. «La production d'hydrogène vert n'est pas une option économiquement viable car elle est significativement plus chère que les autres offres d'hydrogène vert». Toutefois, le cabinet reconnait que le bio-hydrogène peut «permettre d'atteindre dans certains cas des émissions négatives». Selon notre enquête l'an passé, la filière française estime que son procédé «piège plus de carbone qu’il en émet», notamment grâce à son co-produit, le biochar, un engrais très riche en carbone. Le cabinet Deloitte estime donc que la filière pourrait par exemple être adossée à celle de l'hydrogène bleu (issu du gaz naturel) dans l'objectif d'en compenser les émissions. Plus largement, dans son rapport, Deloitte prévoit que l'Europe deviendra un importateur net d'hydrogène vert, essentiellement produit avec de l'énergie solaire en Afrique du nord.
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