« À date, nous sommes sur un taux de vente de céréales, nouvelle récolte, de la part des agriculteurs, historiquement bas, confie Sébastien Poncelet, expert du marché des grains chez Argus Média. Et ce phénomène n’est pas que français. Les agriculteurs de toute l’Europe et de la mer Noire font de même : personne ne vend. » La raison : des prix peu attractifs qui ne couvrent pas les charges. Personne ne veut donc s’engager aujourd’hui, au risque de marquer un résultat négatif. « Ce phénomène de rétention risque, à terme, de pénaliser la fluidité du commerce au sein de l’ensemble de la filière. Les OS, engagés sous contrat avec des industriels, ont besoin de marchandise régulièrement. » Sans compter qu’avec les très bons rendements de cette récolte, bon nombre de silos commencent à être saturés. À court terme, Sébastien Poncelet ne prédit pas de remontée durable des prix mais envisage juste quelques rebonds techniques ponctuels. « Le seul facteur qui pourrait inverser la tendance serait un affaiblissement de la parité €/$ mais peu d’éléments ne laissent présager une telle situation. » Les bas prix pourraient également stimuler la demande internationale : si tel était le cas, l’absorption du surplus ne se ferait sentir sur le cours des céréales que dans plusieurs mois, voire dans plusieurs années. (Anne Gilet)
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