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Chlordécone: au Sénat, des débats sur l'indemnisation des victimes terminent dans l'indignation

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Imbroglio rarissime, le sénateur de Guadeloupe, Dominique Théophile, membre du groupe RDPI composé de sénateurs ultramarins alliés aux élus macronistes, a décidé, le 9 avril, de retirer des débats la proposition de loi qu’il portait après l’adoption d’un amendement soutenu par le gouvernement. M. Théophile espérait en effet faire inscrire dans la loi la responsabilité de l’Etat dans «les préjudices moraux et sanitaires» subis par les populations antillaises et leur octroyer une indemnisation. Mais la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et l’Union centriste, a nettement réduit la portée de son initiative en limitant la reconnaissance de la France aux seuls «dommages sanitaires». Or le préjudice «d’anxiété» a été reconnu par la cour administrative d’appel de Paris dans une décision datant du mois de mars, ouvrant la voie à une indemnisation des victimes pouvant le démontrer. M. Théophile a été soutenu dans sa démarche par plusieurs sénateurs d’outre-mer de différents groupes, par l’ensemble de la gauche et par son groupe du RDPI, pourtant composé largement d’élus macronistes qui soutiennent le gouvernement. Plusieurs sénateurs ultramarins, dont le socialiste Victorin Lurel, ont indiqué qu'il vaudrait mieux reprendre dans les prochains mois une proposition de loi "mieux-disante", déjà adoptée à l’Assemblée à l’initiative du socialiste Elie Califer sur le même sujet.