Dans une étude parue dans la dernière édition de la revue Économie rurale, deux chercheurs de l'Inrae soulignent le «tournant majeur» pour le pilotage de la fertilisation azotée qu'a constitué en 2017 le lancement des satellites Sentinel 2 par l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne. En permettant l'accès à des images satellites gratuites tous les cinq jours, cette flotte a permis, d'une part, le développement de nouveaux outils d'aide à la décision (OAD), venus concurrencer l'acteur majeur du secteur, Farmstar (Airbus/Arvalis). Ainsi, durant les cinq ans qui ont suivi, les chercheurs ont recensé huit lancements de services de pilotage de l'engrais azoté par satellite, en provenance de machinistes, d'entreprises du secteur des intrants ou de start-up. Et, entre 2016 et 2020, les surfaces couvertes par Farmstar ont reculé de près de 200 000 ha, à 600 000 ha. D'autre part, en quelques années, le satellite a complètement remplacé le drone, «disqualifié» par ses coûts d'acquisition d'images trop élevé. Acteur emblématique du pilotage par drone, Airinov avait ainsi cessé son activité deux ans après le démarrage de Sentinel 2. Il faut ajouter aux programmes publics Sentinel 2 le développement de flottes privées de nano-satellites, qui a considérablement diversifié l'offre d'images satellites (voir notre enquête).
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