Une étude parue le 2 juin dans la revue scientifique Nature Food met en avant «l’interdépendance qui existe entre le soufre dérivé des combustibles fossiles et la production d’engrais phosphatés», et le risque que fait porter la sortie des énergies fossiles «sur la productivité agricole et la sécurité alimentaire». Le soufre est aujourd’hui «presque entièrement issu de la désulfuration du pétrole brut et du gaz naturel», rappellent les chercheurs. Autrement dit, la production d’engrais phosphatés dépend du secteur pétrolier et gazier pour fournir «de grandes quantités de matières premières soufrées bon marché». Selon leurs estimations, plus de 246 Mt d’acide sulfurique sont utilisées chaque année, dont une grande partie sert à la production d’engrais phosphatés. «Sans contraintes sur la disponibilité en soufre, on pourrait s’attendre à ce que son utilisation atteigne plus de 400 Mt d’ici 2040», précise l’étude. Mais «en fonction de la rapidité à laquelle s'opère la décarbonation mondiale, il pourrait y avoir un déficit de l’approvisionnement annuel en acide sulfurique de 100 à 320 Mt d’ici 2040», préviennent les auteurs. Pour limiter une possible pénurie, elle recommande notamment d’augmenter le recyclage du soufre et du phosphore, via par exemple la réutilisation des eaux usées traitées.
Abonné
Plus d’articles sur ce thème
Installation : en Pays de la Loire, la région lance un nouveau prêt à taux zéro
La région Pays de la Loire lance un prêt à taux zéro dédié à l’installation des jeunes éleveurs, a-t-elle annoncé le…
Agritourisme : une esquisse de PPL pour structurer et développer le secteur
Remettant son rapport aux ministres Serge Papin (PME) et Annie Genevard (Agriculture) le 13 mai, la mission…
Ademe : le conseil d’administration vote contre le projet de réforme du gouvernement
Le conseil d’administration de l’Agence de la transition écologique (Ademe) a adopté, le 19 mai, une résolution…