Intervenant à une table ronde de l'Afja (journalistes agricoles) le 8 mars, la sociologue à l'Inrae Clémentine Comer observe une «féminisation tendancielle, mais lente» dans les organisations professionnelles agricoles (OPA). «Il reste encore du travail à faire», souligne-t-elle, ajoutant que la représentation des femmes est «un sujet assez peu interrogé par les OPA elles-mêmes». Lors de sa thèse, la chercheuse a étudié l'évolution de la place des femmes dans 39 OPA bretonnes (syndicats, chambres, organismes d'accompagnement, etc.). Entre 1990 et 2015, la part d'élues dans les conseils d'administration y a presque doublé, passant de 13% à 26% environ. Un chiffre en ligne avec la proportion de femmes cheffes d'exploitation en France (26,2% en 2020, en léger recul sur dix ans). «En 2002, nous avons inscrit une parité relative dans nos statuts, avec un minimum d'un tiers de femmes, ainsi qu'une limitation du nombre de mandats», témoigne Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne. De son côté, la présidente de la FNO (éleveurs d'ovins, FNSEA) Michèle Boudoin estime à 15% la part des femmes dans les instances de son syndicat, dirigé par deux femmes. «Rien ne se fera sans nos confrères hommes», affirme cette éleveuse du Puy-de-Dôme.
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