Alors qu’un projet de décret prévoit d’accorder une bonification de 50% des crédits carbone achetés par les compagnies aériennes auprès des exploitations en agriculture biologique, «le mécanisme est gênant pour le monde agricole», réagit Pierre Rayé, directeur de la société France Carbone Agri (FNSEA). Car avec cette condition, «l’accompagnement dans les démarches liant carbone et biodiversité ne sera accessible qu’à 10% des exploitations françaises», regrette-t-il. Du côté des associations, le collectif Réseau action climat rappelle que cette clause «diminuera le volume de crédits que les compagnies aériennes doivent acheter», résume Fiona Steffan, chargée de mission certification carbone. Un risque contre lequel le gouvernement a prévu un garde-fou, alors que la bonification ne pourra représenter plus de 15% du volume total d'obligation des entreprises. Mais alors qu’un plafond de 40 €/t a été prévu pour les crédits achetés par le secteur aérien en plus de la clause sur la biodiversité, «le cadre risque de tirer les prix comme les projets vers le bas», regrette Fiona Steffan. Son association demande donc, à la place de la bonification, d’introduire une éco-conditionnalité garantissant un socle d’exigences environnementales et sociales complémentaires aux aspects climatiques.
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