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Ovins viande : privés de moutons, les Marocains fêtent un Aïd terni par la sécheresse

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Pour la première fois en près de 30 ans au Maroc, le roi a appelé à renoncer au sacrifice des moutons, en raison d’une sécheresse persistante ayant provoqué une baisse du cheptel. L’Aïd Al-Adha (fête du sacrifice), dans la nuit du 5 au 6 juin, très populaire au Maroc comme dans tous les pays musulmans, suit d’environ deux mois l’Aïd El-Fitr qui marque la fin du mois de jeûne sacré de ramadan. Même si le sacrifice n’est pas une obligation religieuse stricte, il reste très suivi au Maroc. Le 26 février, le roi du Maroc Mohammed VI – qui a le statut de « commandeur des croyants » musulmans dans son pays – a appelé la population à renoncer au sacrifice, évoquant des « défis climatiques et économiques » ayant entraîné une « régression substantielle » du cheptel. Son père, Hassan II, avait pris une décision similaire en 1996. Le Maroc fait face à sa septième année consécutive de sécheresse, entraînant une baisse de 38 % du cheptel par rapport à 2016, selon le ministère de l’Agriculture. Les pâturages ont diminué d’année en année, alors qu’ils font vivre « environ 70 % des éleveurs », selon Abderrahman Majdoubi, président de l’Association nationale des éleveurs de moutons et de chèvres. En mars, le ministre marocain de l’Agriculture, Ahmed Bouari, rappelait qu’en moyenne, cinq à six millions de moutons sont sacrifiés chaque année dans ce pays de 37 millions d’habitants.