Après l’annonce d’un «recentrage» de Santé publique France (SpF), avec notamment le transfert des campagnes de santé publique au ministère de la Santé, le Dr François Bourdillon s’inquiète auprès de l’AFP d’un «démantèlement» de cette agence qu’il a créée puis dirigée (2014 à 2019), y voyant un revers pour une «démocratie sanitaire». «On était le seul pays sans agence nationale de santé publique: on en a une depuis une dizaine d’années, qui a fait ses preuves, et le gouvernement veut la restructurer, dénonce l'ancien directeur général de l'agence. Avec ce qui est proposé, SpF redevient un institut de veille sanitaire: c’est désespérant... Dix ans de travail rayés d’un coup de plume, c’est un revers pour la démocratie sanitaire.» Interrogé par l'AFP sur une possible influence de lobbies, M. Bourdillon répond «clairement oui. En 2018, nous avions fait les repères de consommation d’alcool, extrêmement importants, qui ont servi à définir le risque de consommation d’alcool acceptable pour la population et à construire une politique de réduction des risques. C’est cela, je pense, qui déplaît terriblement. Et SpF s’est intéressée à l’imprégnation de la population par les pesticides: son expertise va forcément déboucher sur de la régulation dont certains agriculteurs, les industries chimiques, agroalimentaires, ne veulent pas entendre parler.»
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