À l'occasion d'une table ronde au Sénat le 13 décembre, le directeur de recherche à l'Inrae, Lionel Ranjard, spécialiste de la biologie des sols, a alerté sur le développement de «choses assez peu rationnelles» en matière de diagnostic de santé des sols. Alors que le gouvernement voudrait en faire une obligation, et que certains «labels» réfléchiraient, selon lui, à les intégrer à leur cahier des charges, le chercheur évoque un «besoin de clarté sur les outils, peut-être un besoin de labellisation étatique ou institutionnelle des outils de mesure de la qualité des sols». Et de se montrer «assez méfiant» face aux «outils de simulation qui sont peut-être assez attractifs par des notions de coûts, de facilité d'usage, mais qui ne sont pas stabilisés». Selon Lionel Ranjard, «on parle beaucoup de big data, on a des outils, un certain nombre de données, mais on n'est pas capables de simuler la biodiversité.» Et de mettre en avant le réseau de surveillance du sol mis en place en France il y a une dizaine d'années: «On a les outils de diagnostic, qui proviennent de la recherche. Ils sont objectifs, rigoureux, et ils ont des référentiels d’interprétation, comme vous avez pu le voir avec le RMQS et les projets territoriaux. Le RMQS donne des tendances nationales, et les projets territoriaux comme Prodij, à Dijon sont très importants pour affiner les référentiels et les diagnostics.»
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