La filière viticole a alerté le 15 décembre sur un risque de «plan social massif», lié à la déconsommation de vin. «On redoute 100 à 150 000 pertes d’emplois sur les dix ans à venir», a déclaré Bernard Farges, président du Cniv (interprofession). «La déconsommation de vin de France a tendance à s’accélérer», selon lui. En soixante ans, le recul est de 70%. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes: entre 2014 et 2021, le vin a perdu neuf points de parts de marché chez les 18-35 ans face aux autres boissons alcoolisées, a indiqué Samuel Montgermont, président de l’association Vin & Société. Plusieurs explications sont données, au premier rang desquelles les campagnes anti-alcool, mais aussi de nouveaux modes de consommation, une perte de transmission au sein des familles, une part de foyers monoparentaux plus élevée. La filière veut réagir. Il faut parler du vin différemment, considère Bernard Farges, invitant à s’appuyer sur la RSE (responsabilité sociétale des entreprises). «Communiquer ne suffira pas», estime Samuel Montgermont, pour qui des «innovations fortes» restent à trouver. Cela passe par de nouveaux produits, comme des vins désalcoolisés, des conditionnements en canettes, selon le Cniv. Vin & Société appelle notamment à «réviser le modèle en grande distribution».
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