L'exportation de vins et spiritueux a été en retrait en 2014, mais toujours au-dessus des 10 milliards d'euros (Mrd €), a indiqué la fédération des exportateurs du secteur (FEVS) lors de son point annuel sur le commerce extérieur des vins et spiritueux, le 11 février. En cause, les restrictions des achats chinois, le zapping des importations anglaises et surtout les moindres disponibilités de l'offre française en raison des faibles vendanges de 2012 et 2013.
L'exportation de vins et spiritueux s'est repliée de 2,8% en 2014, tout en restant pour la quatrième année consécutive au-dessus du seuil des 10 Mrd €. Lors de son point annuel sur le commerce extérieur des vins et spiritueux, la FEVS a indiqué que les exportations françaises de vins et spiritueux se sont élevées à 10,7 Mrd € : 7,4 imputables au vin, 3,3 du fait des spiritueux. Le record avait été atteint en 2012, avec 7,8 Mrd € et 3,6 Mrd respectivement, soit 11,4 Mrd €.
Le solde exportateur est de 9,5 Mrd €, soit le premier poste excédentaire de l'agroalimentaire, dont le solde positif s'est établi à 9,2 Mrd € l'an dernier. C'est aussi le troisième poste excédentaire de la balance commerciale de la France, a commenté Christophe Navarre, président de la FEVS.
Le creux de la production a fait perdre des marchés
Le repli de 2,8% des exportations s'explique en partie par les moindres ventes françaises en Chine (-17,4%, à 681 millions d'euros, M€) du fait de la politique anti-ostentation du gouvernement chinois. Il est dû aussi à la forte diminution des exportations vers le Royaume-Uni (-10,4%, à 1,319 Mrd€), le marché britannique, réputé mature et connaisseur des vins du monde entier, se tournant vers des productions moins chères que l'origine française. Il est dû surtout au manque de disponibilités de vin après les petites vendanges de 2012 et 2013. « Nous avons raté beaucoup d'affaires à cause du manque de disponibilités de vin », a précisé Louis-Fabrice Latour, coprésident du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) et précédemment président de la FEVS.
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Pour 2015, la FEVS est confiante. D'une parce que la dernière vendange marque une reprise de la production de vin, d'autre part parce que le dynamisme de l'export vers les États-Unis se confirme. Quant à la Chine, au-delà de sa politique anti-ostentation, elle garde son potentiel d'importation à long terme, selon Christophe Navarre. « On espère exporter davantage de vin d'entrée de gamme et de moyenne gamme en Chine, même si dans un premier temps cela se traduit plus en volume qu'en valeur », a précisé un économiste de la FEVS.
Des barrières tarifaires à lever
La filière exportatrice française croit en l'efficacité des orientations que prend Laurent Fabius en tant que ministre des Affaires étrangères en faveur du tourisme et de l'image de la France. Les ambassades françaises organiseront en mars une journée gastronomique durant laquelle seront présentés les mets et les vins français. Ce genre d'opérations rejaillit tôt ou tard sur les exportations, si toutefois les stratégies commerciales sont adaptées, et à ce titre les professionnels reconnaissent que leurs compétiteurs italiens marquent des points à leurs dépens.
Mais les professionnels attendent surtout du ministère des Affaires étrangères un travail de mise au point des accords bilatéraux en vue de réduire les droits de douanes. Ils constatent que les vins australiens et chiliens sont moins taxés que les vins français à l'entrée au Japon et au Vietnam. « Nous espérons des négociations bilatérales une levée des obstacles tarifaires, mais nous n'en attendons pas de résultats à brève échéance », a commenté Nicolas Ozanam, délégué général de la FEVS.