Alors que des ONG lancent une nouvelle initiative citoyenne pour limiter l’usage des produits phytosanitaires afin de protéger les abeilles, la Commission européenne continue d’essayer de limiter le recours par les États membres à des dérogations pour utiliser les néonicotinoïdes interdits dans l’UE.
« Sauvons les abeilles et les agriculteurs ! Vers une agriculture respectueuse des abeilles pour un environnement sain », demande l’initiative citoyenne européenne officiellement lancée le 25 novembre (après sa validation début septembre par la Commission européenne) appelant à supprimer progressivement les pesticides de synthèse d’ici à 2035 (1). Une autre initiative portant sur les pollinisateurs, et aux objectifs très proches, a déjà été lancée au mois de mai : « Sauvons les abeilles : protection de la biodiversité et amélioration des habitats d’insectes en Europe ».
Des demandes qui pourraient avoir un certain écho auprès de la nouvelle Commission européenne, laquelle prévoit dans son projet de stratégie européenne « de la fourche à la fourchette » (2) – un document qui circule déjà dans les services bruxellois mais qui ne devrait être dévoilé qu’au printemps 2020 – la réduction de 25 % de l’usage des produits phytosanitaires d’ici 2030. Un pourcentage qui figure néanmoins encore entre crochets dans l’ébauche de stratégie et qui est donc appelé à évoluer.
Néonicotinoïdes et dérogations
Les États membres ont par ailleurs échouer, lors d’un vote d’experts le 25 novembre, à dégager de majorité qualifiée pour ou contre deux propositions de la Commission européenne visant à ne pas ré-autoriser les dérogations pour un recours d’urgence à des néonicotinoïdes en Roumanie et en Lituanie. Les États membres estiment que cette décision doit rester entre les mains des administrations nationales. Mais Bruxelles souhaite limiter au maximum ces dérogations.
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Une étude publiée le 27 novembre dans la revue Science of the total environment que des résidus des trois néonicotinoïdes, clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride, dont l’usage a été fortement restreint dans l’UE depuis 2013 à cause de leur impact négatif sur la santé des abeilles, restent présents dans l’environnement. Selon les auteurs de ce travail, issus des instituts de recherche français du CNRS, Inra et Istap, entre 2014 et 2018 les trois molécules ont été trouvées des échantillons de nectar de colza. Sur 536 échantillons, prélevés sur 291 parcelles du CNRS dans le département des Deux-Sèvres, l’imidaclopride a ainsi été détecté chaque année, au total dans 43 % des échantillons, avec de fortes variations d’une année sur l’autre (90 % en 2016, contre 5 % en 2015). Selon les chercheurs, les niveaux de résidus augmentent avec les précipitations.
(1) Voir n° 3707 du 09/09/2019
(2) Voir n° 3718 du 25/22/2019