Une version « stabilisée » du mode de calcul de l’affichage environnemental a été présentée aux parties prenantes le 13 mai, mais des arbitrages ministériels sur le calendrier de déploiements sont toujours attendus.
La méthode « stabilisée » de calcul de l’affichage environnemental des produits alimentaires, baptisé Ecobalyse, a été officiellement présentée lors d’une visioconférence organisée la semaine dernière par le Commissariat général au développement durable (CGDD) et l’Ademe, ont confirmé plusieurs sources à Agra Presse le 18 mai. Destinée aux acteurs engagées dans le projet, cette réunion a permis de dévoiler les arbitrages méthodologiques retenus pour évaluer les effets environnementaux des denrées alimentaires, mais également d’effectuer un retour sur les observations des différentes parties prenantes sur la méthodologie.
Développé par le ministère chargé de la Transition écologique avec l’appui de l’Ademe, le mode de calcul (Ecobalyse) attribue à chaque produit un score reflétant son effet sur l’environnement tout au long de son cycle de vie. Il repose sur l’analyse de cycle de vie (ACV) Agribalyse et sur le référentiel européen Environnemental Footprint, corrigés en augmentant l’indicateur éco-toxicité eau douce. S’y ajoutent quatre services écosystémiques afin de prendre en compte les externalités positives : taille des parcelles, diversité culturale, prairies et haies.
Suppression du taux de chargement
Selon l’interprofession bétail et viandes (Interbev), les échanges ont porté sur la question du taux de chargement (densité d’animaux sur une surface), supprimé des services écosystémiques, l’ajustement de la pondération des bonus et la poursuite des travaux sur les cycles de l’azote. Interbev alerte toutefois sur le plafonnement de ces services à 30 % du score final, un seuil qui peine, selon elle, « à refléter pleinement les bénéfices environnementaux des systèmes herbagers français ». Selon plusieurs sources, ce seuil reflète le compromis maximal qu’il était possible d’atteindre au regard des recommandations du conseil scientifique, tout en préservant les fondements de l’ACV.
De son côté, le WWF salue ces dernières avancées, mais regrette néanmoins la suppression du critère sur la densité des élevages. Il appelle à la sortie « rapide » de l’outil », « dans une dynamique d’amélioration permanente en particulier pour mieux prendre en compte les effets associés à l’usage des pesticides et des modes d’élevage », précise Léo Tyburce, responsable agriculture au WWF. Des arbitrages ministériels sur le calendrier de déploiement sont attendus dans les prochains jours, sans qu’il ne soit clairement établi, malgré cette officialisation, si certains paramètres de la méthode pourraient éventuellement faire l’objet d’ajustements.
JJ