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Élection européenne Agriculture : plus de convergences que de divergences entre les différentes listes

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L’agriculture n’est plus un sujet de clivage entre la droite et la gauche de l’échiquier politique. À quelques nuances près, qui ne sont pas à négliger notamment sur la question environnementale, tous les partis politiques sont d’accord pour une nécessaire régulation des marchés agricoles. Même consensus sur le maintien d’un budget européen agricole digne de ce nom.

Germinal Peiro, secrétaire national chargé des questions agricoles au PS (Parti socialiste) en fait le constat. « Il y a 10 ans, la régulation des marchés et des productions agricoles étaient rejetés par les gens de droite », a-t-il rappelé le 26 mai lors d’une conférence de presse. Force est de constater qu’aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il est toujours possible de « dénoncer le double langage du ministre de l’Agriculture, Michel Barnier » comme le fait Germinal Peiro en pleine campagne électorale pour les élections européennes du 7 juin. La fin des quotas laitiers programmée en 2015 a en effet été votée en 2003 sous un gouvernement de droite, a ajouté le secrétaire national du PS. « À l’époque, Jean Glavany, l’ancien ministre de l’Agriculture de gauche s’y était opposé », rappelle-t-il.

Exploitation familiale

Les principaux responsables politiques réunis à l’initiative de l’APCA le 20 mai, à savoir François Bayrou, député et président du MoDem, Alain Lamassoure, député européen et candidat de la liste UMP pour la région Sud-Ouest, Stéphane Le Foll, député européen et candidat de la liste PS pour la région Grand Ouest, et Bernard Péré, candidat de la liste Europe Écologie pour la région Sud-Ouest, ont manifesté une forte convergence de vue. Ils sont en accord pour réguler les marchés agricoles, préserver un modèle agricole européen basé sur des exploitations familiales, concilier performance économique, sociale et environnementale de l’agriculture et pour préserver un budget agricole européen ambitieux pour servir une politique agricole, alimentaire et territoriale.

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Changer les modèles de production

Toutefois, des nuances sont à noter dès qu’on évoque la question environnementale. En toute logique, pour Europe Écologie dont l’une des têtes de liste est José Bové, l’ancien porte-parole de la Confédération paysanne pour la circonscription du Sud Ouest, « l’agriculture doit s’inscrire dans une problématique écologique ». Et l’agriculture biologique doit en être le pilier. Pour Stéphane Le Foll du PSE (groupe socialiste au Parlement européen), il « faut changer globalement l’ensemble des modèles de production ». « Il s’agit de répondre au développement durable et à l’écologie », explique-t-il. Celui-ci est à l’origine du concept « 2ES » qu’il développe dans un document d’une quinzaine de pages écrit en collaboration avec le Groupe Saint-Germain. Stéphane le Foll plaide pour une « politique alimentaire agricole européenne à haute valeur ajoutée économique écologique et sociale », (2ES). Même analyse du côté du Modem et de son président François Bayrou : « Aborder les questions agricoles sous le seul angle de la production est insuffisant », explique-t-il. Il défend une « vision originale » qui est de prendre en compte à la fois l’aspect productif et social de l’agriculture.

Préserver le tissu de producteurs

« Le tissu de producteurs doit être pris en compte d’autant qu’on est arrivé aujourd’hui à la limite basse », explique François Bayrou. « C’est d’intérêt collectif majeur », résume le président du Modem. « Il ne faut pas que l’idéologie du marché domine la Pac »,ajoute François Bayrou. Même credo pour Alain Lamassoure qui plaide pour « le maintien de petites exploitations familiales dans une économie de marché régulée ». Évidemment à la question du budget européen, tous les représentants des partis politiques réunis ce 20 mai à l’APCA, répondent qu’il est nécessaire de le maintenir. Optimiste, Stéphane Le Foll estime qu’une « majorité se dégagera pour le maintien du budget agricole européen ». Pour Alain Lamassoure, il faudrait pouvoir affecter des « ressources nouvelles au budget européen ». Il donne des pistes : « On pourrait affecter une partie de la TVA intracommunautaire ou les ressources du plan énergie climat comme la taxe carbone ». Ainsi, le droit à émettre du gaz carbonique sera généralisé à partir de 2011 ; il pourrait rapporter entre 30 et 60 milliards d’euros » conclut Alain Lamassoure.