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Airbus/Boeing : UE et États-Unis prolongent de cinq ans la suspension des sanctions commerciales

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Réunis à Bruxelles pour un sommet bilatéral, l’UE et les États-Unis ont décidé le 15 juin de prolonger de cinq ans la suspension des taxes punitives dans le cadre de l’affaire Airbus/Boeing. Tout en se félicitant de ce résultat, les représentants du secteur vitivinicole français particulièrement touché par la taxe Trump depuis octobre 2019, appellent les deux parties à résoudre définitivement le différend.

Dans le cadre du sommet UE/États-Unis à Bruxelles, les deux parties ont réussi à s’entendre, le 15 juin, pour prolonger de cinq ans la suspension des droits de douane décidée début mars afin de résoudre le conflit Airbus/Boeing. Pour le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, cela permettra d’avoir « le temps et l’espace pour trouver une solution durable grâce à notre nouveau groupe de travail sur les aéronefs, tout en économisant des milliards d’euros de droits pour les importateurs des deux côtés de l’Atlantique ». À travers cette décision, Washington va suspendre les droits de douane additionnels de 25 % ad valorem sur 7,5 Mrds $ de produits européens (dont 3 Mrds $ environ de produits français, notamment des vins et spiritueux, mais aussi des fromages italiens, huile d’olive espagnole…) en vigueur depuis octobre 2019 alors que de son côté, Bruxelles suspendra aussi ses droits de rétorsion sur 4 Mrds $ de produits américains imposés depuis le 10 novembre.

Confiance des eurodéputés pour la suite

Le président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, Norbert Lins, a indiqué que « cette étape doit être suivie d’autres : nous avons notamment besoin de beaucoup plus d’accords transatlantiques, notamment sur les questions commerciales, mais aussi sur l’agriculture ». Et de préciser qu’il aura l’occasion de discuter, dans le cadre d’une réunion de la commission de l’Agriculture en juillet, des relations transatlantiques avec le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, et le représentant américain à l’Agriculture, Tom Vilsack. De son côté, l’eurodéputée Irène Tolleret (Centristes) et co-présidente de l’intergroupe Vins, spiritueux et produits alimentaires de qualité s’est dite « très optimiste » pour la suite, assurant à l’AFP que « les cinq ans vont être utilisés pour le régler le problème. Ils vont y arriver. Il y a une réelle volonté de coopérer des deux côtés de l’Atlantique ». En marge du sommet UE/États-Unis, elle avait notamment appelé le 15 juin dans une déclaration commune, avec 49 autres eurodéputés et 36 représentants américains, les responsables des deux parties « à mettre fin à toute mesure de rétorsion » contre les exportations de vin et d’introduire de façon permanente un droit de douane « nul » dans les échanges commerciaux bilatéraux de vin.

Un dossier à clore définitivement

Satisfait de l’annonce, Pekka Pesonen, secrétaire général des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) a déclaré qu’il y a « un vent de changement dans les relations commerciales entre l’UE et les États-Unis, c’est une bonne nouvelle pour la communauté agricole ». Toutefois, il a indiqué qu’il ne pouvait pas oublier le fait que « les producteurs espagnols d’olives noires doivent toujours faire face à une taxe à l’importation de 35 % depuis 2018 ». En ce sens, il espère que cette importante décision sera « le tremplin vers le renforcement de la coopération transatlantique et un cadre commercial international fondé sur des règles ».

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Lire aussi : « UE-États-Unis : les relations commerciales se réchauffent »

De leur côté, les exportateurs de vins et spiritueux français (FEVS) préviennent que « le dossier n’est pas encore réglé définitivement ». À cette fin, ils appellent les deux parties « à profiter de cet élan et de cette coopération retrouvée pour poursuivre les efforts et clore définitivement ce conflit ». Le 11 juin, la FEVS et 112 autres organisations européennes et américaines avaient notamment appelé dans un communiqué les deux parties à lever définitivement les droits de douane punitifs. Même son de cloche pour Bernard Farges, président du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) qui prévient que « l’horizon n’est pas totalement dégagé mais cinq ans, ça redonne de la perspective ».

En attendant, sous l’effet des droits de douane punitifs, les exportations de vins et spiritueux français à destination des États-Unis ont chuté de 450 Mio € entre le 18 octobre 2019 et décembre 2020.