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Algolesko veut se développer sur les marchés alimentaires d’Europe et d’Asie

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Algolesko peut récolter jusqu’à 8 tonnes d’algues par jour. Crédits : © Algolesko

Pionnier en France et en Europe de la production d’algues en eau profonde, Algolesko dispose de 350 hectares de concessions en mer aujourd’hui sur les côtes bretonnes. En cours de levée de fonds, la société cherche 5 millions d’euros pour moderniser son outil de production et se développer sur les marchés d’Europe et d’Asie.

Qualifié d’or vert, l’algue est aujourd’hui au carrefour de nombreux enjeux, autour de la santé et de l’environnement. Fondée il y a 10 ans dans le Finistère, Algolesko est aujourd’hui pionnier en France et en Europe de la production d’algues en eau profonde, avec une production annuelle de 200 tonnes. La société est en cours de levée de fonds pour un montant de 5 millions d’euros, dont 2 millions sur la plateforme de financement GwenneG, « petit sou » en breton et 3 millions supplémentaires récoltés auprès d’investisseurs privés. Démarrée en novembre 2023, la campagne sur GwenneG doit prendre fin le 27 février 2024. A date, près de 800 K€ ont déjà été souscrits. Ces fonds serviront à accélérer « le développement commercial en France avec le recrutement d'un directeur commercial et de 3 commerciaux », explique la société, qui compte aussi financer le besoin en investissement et fonds de roulement de la société « pour développer de nouvelles concessions afin d'étudier de nouveaux débouchés autres qu'alimentaires ». Ceux-ci pourraient notamment concerner la nutrition animale et les biostimulants. 

De l’innovation sur l'ensemble de la chaine

Présente sur toute la chaine de valeur, de la semence jusqu’au produit fini, la société dispose de 350 hectares de concessions en mer aujourd’hui, dont 150 en exploitation à Lesconil (Finistère) et 180 hectares qui vont démarrer à Moëlan-sur-Mer (Finistère). « Le modèle d’Algolesko repose sur la production d’algues de haute qualité, c’est-à-dire en eau profonde et chez nous la R&D est permanente et à tous les étages. L’algoculture existe en Bretagne depuis une cinquantaine d’année avec des exploitations de 5 ou 20 hectares parfois, mais faire ce que nous faisons sur 150 hectares, en eau profonde, cela implique une tout autre organisation. Nous avons su développer des techniques en mer de sorte à sécuriser les infrastructures dans un milieu hostile », explique Timothée Serraz, le directeur général d’Algolesko.

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Si la culture d’algues parait assez simple à première vue, il n’en est rien en vérité. Au départ, la société a dû relever un premier défi sur la partie écloserie et la maîtrise de la semence en mer, pour caler tout le process de production. « Une fois la semence récupérée auprès des algues naturellement proches de nos concessions, nous la maintenons en milieu contrôlé grâce à une technique que nous avons développée pour éviter la fécondation. Ensuite, on spray les gamétophytes mâles et femelles sur des cordelettes qu’on plonge dans des bassins d’eau de mer dans l’écloserie, dont on peut gérer la température et la photosynthèse. Au bout de 3 à 4 semaines, apparaissent les premières plantules microscopiques, qui vont pouvoir être installées dans leur milieu naturel », détaille Timothée Serraz. La mise en mer intervient d’août à octobre, voire novembre en fonction des conditions météo, pour des récoltes prévues entre mars et avril qui suivent. 

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30% du CA à l'export 

Une fois passé les étapes en écloserie, l’innovation a également portée sur l’installation de structures marines en pleine mer. « Etant donné que notre concession se situe sur un site préservé Natura 2000, nous avons dû développer des techniques particulières d’ancrages résilients, respectueux de l’environnement et résistants aux intempéries. Notre système s’apparente à une toile d’araignée géante de 40 kilomètres de cordes de culture maintenues par 450 corps morts sans utilisation de chaines de sorte à ne pas abimer les fonds marins », explique encore le directeur. Lors de la récolte, Algolesko peut ramener jusqu’à 8 tonnes d’algues par jour. Un volume que ne peuvent absorber les sociétés habituées à travailler les algues, obligeant l’entreprise à trouver des solutions pour la conservation de sa matière première. Et là encore la solution vient du Japon. 

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« En 2020, l’acquisition des techniques japonaises a permis de donner une orientation intéressante et innovante à nos algues. Lors d’un flash rapide, ces techniques blanchissent l’algue qui devient verte, croquante et an goût atténué. Algolesko est pionnier aujourd’hui dans l’utilisation de ce process de stabilisation de la matière que nous avons acquis auprès de notre partenaire japonais », indique Timothée Serraz. Sur la base de ce process unique en Europe, Algolesko a développé une gamme destinée aux sociétés de l’agroalimentaire qui peuvent intégrer ces végétaux dans leurs recettes.

La société a dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires en 2023 à 1,15 million, dont 30 % à l’export notamment en Asie, et travaille en BtoB avec la RHF et de nombreux chefs pour faire connaitre son produit.