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Fruits et légumes, horticulture et viticulture Angers met les bouchées doubles pour devenir pôle de compétitivité

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Le Sival 2005, qui s’est tenu du 12 au 14 janvier à Angers, a été l’occasion pour la ville et ses professionnels des cultures végétales spécialisées (fruits et légumes, horticulture et viticulture) de mettre les bouchées doubles pour devenir un des vingt pôles de compétitivité prévus en France par Jean-Pierre Raffarin pour relancer l’attractivité de la France.

La candidature du pôle végétal d’Angers au rang de pôle de compétitivité sera déposée en février, a annoncé Bruno Dupont, président du Sival vice-président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, le 13 janvier à l’inauguration du salon. Cette volonté des professionnels, dévoilée en novembre dernier, est maintenant celle du conseil général du Maine-et-Loire depuis décembre. « Nous avons de bons atouts pour devenir un pôle au niveau national et européen », a déclaré Christian Béchu, président du conseil général.

Tout pôle de compétitivité doit répondre à des conditions reposant sur un tryptique recherche, enseignement-formation et entreprises. Un pôle végétal existe déjà autour d’Angers. Il est en mesure de répondre aux conditions requises, estime Jean-Luc Gaignard, chercheur à l’Inra d’Angers et un des organisateurs du Sival. La région d’Angers dispose d’une infrastructure très importante pour les métiers du végétal :

– pour la recherche : l’Inra, les laboratoires de l’INH (Institut national d’horticulture) et de l’université d’Angers;

– pour l’enseignement-formation : l’INH, l’université d’Angers, l’Esa (École supérieure d’agriculture) et l’université catholique de l’Ouest;

– pour le tissu économique : des milliers d’agriculteurs et de saisonniers, des techniciens et commerciaux de sociétés de semences, de fabrication de matériels (serres, pompes, appareils de chauffage, de fabrication de compost), etc., soit au total 15 000 emplois répartis sur 45 000 hectares autour d’Angers.

Les chances du végétal

Un chargé de mission, Olivier Auguin, vient d’être recruté par le département, la région, les agglomérations d’Angers et de Saumur, pour finaliser le dossier et le porter à Paris. « Les pôles de compétitivité sont surtout pensés pour des industries telles que la métallurgie ou la plasturgie. Avec notre pôle végétal nous faisons figure d’outsiders. Nous avons des chances, mais ce n’est pas gagné », a-t-il commenté. À ce jour, la région n’est pas concurrencée par d’autres projets dans le domaine du végétal.

Rappelons que les pôles de compétitivité ont été institués par Matignon le 14 septembre dernier, avec à la clé des mesures de défiscalisation. Pour autant, « il ne doit pas s’agir de dossiers d’aides, mais de projets ». Il faudra que l’Inra et l’INH justifient de projets de nouvelles recherches et que les entreprises innovent. Elles devront présenter des programmes de développement internationaux.

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Des missions d’acheteurs

Le Sival a été l’occasion de mettre en relation des professionnels avec des délégations étrangères. Pour le troisième Sival consécutif, cette 19e édition a reçu des missions d’acheteurs. Ces visiteurs officiels, invités par des organismes consulaires (chambres d’agriculture et de commerce) ont représenté une trentaine de personnes, auxquelles il faut ajouter des visiteurs étrangers venus par eux-mêmes, dont une vingtaine de Canadiens, « une bonne surprise », a estimé Laurent Le Sager, directeur du Sival.

Autre exemple du rayonnement international auquel prétend le Sival et à travers lui les professionnels, des spécialistes de la serriculture ont présenté leur savoir-faire dans le but d’investir dans les Emirats arabes unis en cultures légumières et florales sous plastiques en zones arides.

Plus de souplesse dans la transmission

Le thème principal de ce Sival 2005 a été la formation et la transmission des exploitations de cultures spécialisées, particulièrement « lourdes » à reprendre, vu l’importance des capitaux. Deux jeunes agriculteurs, Emmanuel Lachaize (Maine-et-Loire) et Olivier Rétière (Loire-Atlantique), ont détaillé lors d’une conférence de presse les assouplissements possibles à la transmission. « Le système actuel de transmission a été conçu de façon généraliste, mais il n’est pas adapté aux cultures spécialisées », a indiqué Emmanuel Lachaize. Il a évoqué la transmission progressive du capital, la nécessité d’adapter les montants de prêts bonifiés (« 100 000 euros, c’est rien pour nous ») et de revoir la DJA (Dotation aux jeunes agriculteurs) à la hausse.

Des conférences ont montré des cas de transmission souples, dans lesquelles les reprenants n’ont pas à supporter l’achat de tout le patrimoine. Des cas de crédit-bail et de leasing ont été présentés.

Emploi et formation : une convention avec l’ANPE

Enfin, concernant l’emploi-formation, sujet primordial pour l’économie actuellement, mais plus encore pour les cultures végétales spécialisées, une convention de partenariat a été signée entre l’ANPE, l’Association régionale de l’emploi et de la formation agricole (regroupant agriculteurs et salariés, au travers de leurs centrales syndicales) pour rapprocher offreurs et demandeurs d’emplois. D’un côté les exploitations de cultures végétales spécialisées manquent de main d’œuvre, de l’autre, des milliers de personnes recherchent des emplois. « Sur 170 000 offres d’emploi en Pays de la Loire, plus de 20 000 émanent de l’agriculture. C’est notre plus gros client », a commenté Bertrand Camoni, directeur de l’ANPE de Nantes.

L’édition 2005 du Sival a franchi « une nouvelle fois la barre des 23 000 visiteurs professionnels, pour la plus grande satisfaction des 600 exposants », indique par ailleurs le commissariat du salon.