À une journée d’intervalle, le tribunal administratif de Poitiers a débouté plusieurs requêtes d’associations « anti-bassines », et le Giec des Pays-de-la-Loire a recommandé d’interdire la construction de « méga-bassines agricoles ».
Le tribunal administratif de Poitiers a définitivement rejeté, le 11 avril, les requêtes déposées par plusieurs associations de défense de l’environnement, dont Nature environnement 17, contre les arrêtés préfectoraux autorisant la construction et le remplissage de plusieurs réserves de substitution dans les départements des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Charente-Maritime. Selon le tribunal, la réduction du volume de stockage autorisé et du nombre de réserves, désormais fixé à seize, dans le cadre d’un arrêté modificatif du 20 juillet 2020 ne justifie pas une reprise intégrale de la procédure d’autorisation environnementale du projet. « Il a, notamment, estimé que tant la nouvelle répartition des forages pour l’alimentation des réserves que les nouveaux seuils de remplissage n’avaient pas, par comparaison à la précédente mouture du projet, d’incidences significativement défavorables pour l’environnement », rapporte un communiqué de presse du tribunal administratif de Poitiers. Par ailleurs, le tribunal n’a pas jugé « insuffisantes ou dépourvues de pertinence » les informations données par la Société coopérative anonyme de gestion de l’eau des Deux-Sèvres sur les conséquences des modifications apportées au projet.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour des interdictions
Le lendemain, le Giec des Pays-de-la-Loire – lancé en octobre 2020 par le Comité 21 Grand Ouest – plaidait en faveur des opposants. Dans un rapport intitulé Des propositions à l’action, il recommande d’interdire la construction de « méga-bassines agricoles » qui seraient remplies « par pompage dans les nappes phréatiques » afin de protéger la ressource en eau. « Notre position est une position de réserve car ces méga-bassines ne règlent pas le sujet du manque de ressource en eau voire l’accentuent », précise Antoine Charlot, secrétaire général du groupe régional d’experts qui reprend le nom de « Giec » mais sans lien avec les experts climatiques de l’ONU. Et d’ajouter que « cela crée notamment des problèmes d’évaporation et de réchauffement de l’eau qui engendrent des bactéries ». Antoine Charlot précise toutefois que le Giec régional ne s’oppose pas à d’autres techniques comme les retenues collinaires qui permettent de stocker de l’eau de ruissellement. Plus largement, ce second rapport s’intéresse aux solutions pour s’adapter aux enjeux climatiques. Dans le domaine agricole, il appelle à l’accélération de la formation des agriculteurs aux enjeux climatiques et à un soutien « social et financier » pour changer de modèle.