Dans un communiqué paru le 29 juillet, la Confédération paysanne appelle les éleveurs de porc plein air à ne pas réaliser l’audit de biosécurité PigConnect qui n’a, certes, toujours pas été rendu obligatoire, malgré la promesse de Marc Fesneau en 2023, mais que les éleveurs de moins de 1 000 porcs sont enjoints d’effectuer, par courrier cosigné du ministère de l’Agriculture. Selon la Confédération paysanne, « 90 % des élevages plein air audités jusqu’à présent sont non-conformes – et même 75 % des élevages en bâtiment ». Le syndicat n’a pas encore recensé de sanctions pour les contrevenants à la réglementation, uniquement des mises en demeure, mais craint qu’ils ne soient priorisés pour les contrôles des services de l’État à partir de l’année prochaine. La Conf' estime que cet arsenal pousse non seulement certains éleveurs à arrêter, faute de pouvoir investir dans le matériel adéquat (notamment les clôtures) mais aussi des candidats à l’installation à renoncer.
Cet audit n’a toujours pas été rendu obligatoire par l’interprofession « car nous n’avons pas à ce stade l’outil juridique pour le faire », explique Philippe Bizien, président d’Inaporc, qui participe à la gestion de Pigconnect via l’Association nationale sanitaire porcine (ANSP). « Les interprofessions ne peuvent pas dans le contexte juridique actuel mettre en place des pénalités pour les éleveurs qui ne respecteraient pas l’obligation. Or sans pénalité, ce système ne sera pas efficace ».
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Le syndicat est d’autant plus remonté qu’il attend la publication prochaine d’un outil d’aide à la décision alternatif pour la biosécurité en élevage plein air (volaille et porc), qui doit faire l’objet d’une présentation à l’automne. Selon la Conf', l’approche présentée sera basée sur une « obligation de résultats » et non de « moyens » comme PigConnect. Questionnée sur une éventuelle intégration des deux approches, la directrice de l’Inaporc Anne Richard indique que l’outil devra, au préalable, être présenté à l’ANSP.