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Appel à la grève à l’OFB après la mise en cause de Bayrou

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Dans un geste d’apaisement, Matignon a promis de recevoir les syndicats de l’OFB. Ces derniers ont appelé à la grève des contrôles après des propos de François Bayrou pendant son discours de politique générale.

Matignon va recevoir les syndicats de l’Office français de la biodiversité (OFB) pour apaiser les tensions des derniers jours, a indiqué le cabinet de François Bayrou le 21 janvier, confirmant une information de l’AFP. C’est le directeur de cabinet adjoint, Louis Margueritte, qui recevra les organisations syndicales ce vendredi 24 janvier.

Après Agnès-Pannier Runacher le 17 janvier, Matignon a appelé mardi à « l’apaisement en condamnant toute forme d’agression et en apportant son soutien aux agents de l’OFB ». Les services du Premier ministre ont rappelé que « 99 % des contrôles » dans les fermes se passent « dans un climat apaisé » et souhaitent « poursuivre le travail de simplification déjà engagé sur les normes et les contrôles en agriculture ». Pour Matignon, la circulaire des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique à l’OFB de début décembre constitue « un bon équilibre », sur le port d’armes notamment.

Grève des contrôles

Cette mise au point visant l’apaisement intervient après que, le 17 janvier, les syndicats de l’OFB (Syndicat national de l’Environnement, FSU, FO, CGT, Unsa, EFA-CGC) ont appelé pour la première fois à la grève des contrôles, en réaction aux propos du Premier ministre François Bayrou. Ce dernier avait qualifié d’« humiliation » pour les agriculteurs et de « faute » le cas où des « inspecteurs de la biodiversité viennent inspecter un fossé avec une arme à la ceinture », lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée le 14 janvier.

Lire aussi : « Simplification » : Bayrou vise « les pyramides de normes »

Mécontents, les syndicats ont appelé l’ensemble des personnels à rester au bureau », mot d’ordre « applicable jusqu’à ce que le Premier ministre fasse des excuses publiques », selon un communiqué. L’intersyndicale a demandé aux agents de « ne plus réaliser aucune mission de police, que ce soit en police administrative ou en police judiciaire » et « ne plus effectuer aucune mission, quelle qu’elle soit, vers le monde agricole (formation, contrôles, constats prédateurs, arrêt du versement des subventions) ».

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Coordination rurale
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En début de matinée du 17 janvier, dans une interview à l’AFP, la présidente du conseil d’administration de l’OFB, Sylvie Gustave-dit-Duflo, demandait au gouvernement de « soutenir » son établissement face aux critiques. « Lorsque le Premier ministre prend directement à partie l’OFB sans avoir pris la peine de s’intéresser à nos missions, à ses enjeux, c’est inconcevable, c’est une faute », a-t-elle estimé, soulignant que « seuls 7,5 % des contrôles annuels exercés par l’OFB ont un rapport avec le monde agricole ».

Dans la foulée, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher s’était empressée de réitérer son soutien à l’OFB, dont elle a la co-tutelle avec le ministère de l’Agriculture. « Je dépose ou je demande au patron de l’OFB de déposer plainte systématiquement quand il y a des actes de nature pénale qui sont commis à l’encontre des agents et de l’institution », a-t-elle rappelé depuis le Finistère où elle était en déplacement. La locataire de l’Hôtel de Roquelaure avait regretté que, malgré les efforts faits pour que OFB et agriculteurs œuvrent « en bonne intelligence », des responsables politiques et syndicaux mettent « de l’huile sur le feu » alors qu’il y a besoin « d’apaisement ».

Lire aussi : OFB : polémique après le dérapage médiatique d’un agent

Au lendemain de la déclaration de politique générale de François Bayrou, un agent de l’OFB avait comparé les agriculteurs à des "dealers", au micro de France Inter. Aussitôt, la FNSEA et les JA avaient demandé une suspension des contrôles « jusqu’à nouvel ordre ».

Début décembre, dans le contexte des élections aux chambres d’agriculture, les syndicats majoritaires avaient déjà appelé les agriculteurs à boycotter les contrôles, cette fois pour protester contre la censure du gouvernement Barnier. Ces derniers mois, l’OFB a été régulièrement ciblée à l’occasion des manifestations agricoles : dégradations des locaux par la Coordination rurale, sabotage du véhicule d’un agent…

Agnès Pannier-Runacher souhaite l’apaisement