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Matières premières Appel à lutter contre la spéculation sur les marchés agricoles

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La parlementaire européenne Eva Joly (France, groupe des Verts) et le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, ont appelé le 20 septembre à lutter contre la spéculation financière sur les marchés agricoles afin d'éviter une nouvelle crise alimentaire.

«Nous n'arrivons pas à réguler la spéculation sur les matières premières, notamment agricoles », a déploré Eva Joly, présidente de la commission du développement du Parlement européen, lors d'une conférence de presse à Paris. « Nous n'avons pas compris la dernière crise, nous sommes en train de construire la même. Pourtant, c'est à portée de main, nous pouvons réguler la spéculation si nous le voulons. Il faut une volonté politique », a-t-elle déclaré, regrettant que cette volonté politique soit difficile à réaliser à 27.

« Rien ou presque n'a changé » 
Olivier De Schutter, le rapporteur spécial de l'Onu sur le droit à l'alimentation, a pour sa part souligné que la flambée des prix alimentaires en 2007-2008, qui a « brutalement plongé 150 millions de personnes supplémentaires dans la malnutrition » dans le monde, avait été « largement alimentée par la spéculation des grands groupes d'investissements – hedge funds, fonds de pension et banques d'investissement – opérant dans un cadre financier totalement dérégulé ». « Or, deux ans après ce drame planétaire, rien ou presque n'a changé », a-t-il regretté. « On constate une réelle résistance à réglementer les marchés à terme, les produits dérivés et les fonds indiciels. Dans ces conditions, nous courons droit vers une nouvelle crise alimentaire », a prévenu le rapporteur des Nations unies.
Appelant à une « action concertée à tous les niveaux (...) pour éviter un retour au chaos de 2008 », M. De Schutter a estimé qu’une réunion spéciale des Groupes intergouvernementaux de la FAO sur les céréales et le riz, qui devait se tenir le 24 septembre à Rome, « permettra de savoir si nous sommes sérieux ou non face aux risques encourus ». Selon la FAO, la faim dans le monde a reculé pour la première fois depuis quinze ans, mais demeure à un niveau « inacceptable » avec 925 millions de personnes sous-alimentées (1).

(1) Voir n° 3267 du 20/09/10

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