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Recherche et développement Appel à projets pour réduire les intrants en cultures végétales

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Un appel à projets pour réduire les intrants en cultures végétales (fruits et légumes et grandes cultures) sera lancé début février, a annoncé le 12 janvier Bruno de Laage, président de Végépolys, le pôle de compétitivité d’Angers spécialisé dans l’innovation en fruits et légumes, viticulture, horticulture. Toutes les compétences seront les bienvenues : celles de la génétique pour l’amélioration des variétés, mais aussi celles des technologies de l’informatique, de l’optique et de la mécanique.

Bruno de Laage, président de Végépolys, a saisi l’occasion d’une conférence sur Écophyto 2018 qui s’est tenue le 12 janvier dans le cadre du Sival, le salon des matériels et techniques des fruits et légumes, horticulture, viticulture d’Angers, pour annoncer le lancement d’un appel à projets de recherche et développement axé sur la réduction des consommations d’intrants dans les productions végétales. Le domaine s’étend des cultures végétales spécialisées (fruits et légumes, horticulture, viticulture) aux cultures céréalières.
Cet appel « à idées et à projets » sera lancé début février par trois pôles de compétitivité : le pôle Végépolys d’Angers, le Pôle d’innovation en fruits et légumes d’Avignon (PEIFL) et le pôle Céréales Vallée de Clermont-Ferrand. La clôture des candidatures est prévue fin mars. Dans cet appel, les « idées » peuvent être des verrous technologiques à surmonter ou des solutions à proposer. Les « projets » sont des idées auxquelles correspondent des partenaires déjà bien identifiés pour les mener à bien, ont détaillé Gino Boismorin, directeur de Végépolys, et Gilles Fayard, son homologue du PEIFL.

Des yeux électroniques traquant les adventices
Afin de mettre au point de nouvelles techniques de réduction de consommation d’intrants, de nombreux leviers d’actions sont sollicités. Par exemple les stimulateurs de défense naturelle des plantes (SDN) en substitution des pesticides.
Les technologies de l’information et de la communication (Tic) seront mobilisées pour la mise au point de la détection des attaques parasitaires sur des parcelles de céréales, ce qui permet de ne traiter qu’en cas de parasitisme avéré. De même, il pourra être fait appel aux technologies de l’optique et de l’électronique, qui réservent encore de nombreuses possibilités, comme par exemple la détection rapide de micro-trous des termites dans les arbres fruitiers, selon Gilles Fayard. Ce dernier a cité cet exemple parce que certaines souches de termites commencent s’attaquer à des arbres fruitiers dans le sud-ouest de la France.
L’optique peut éviter le recours aux désherbants : plutôt qu’appliquer des herbicides, des « yeux électroniques » peuvent repérer des adventices (sur les critères de leur forme et de leur couleur), qu’une machine arrachera. Une telle technique existe, mais elle n’est pas appliquée à l’échelle des parcelles de céréales car les machines expérimentales mettent encore trop de temps à repérer les herbes indésirables et à les arracher, a précisé Gino Boismorin. 

Sélection variétale : des fraisiers nécessitant moins de chaleur
L’objectif de réduction des intrants peut aussi faire appel à des pratiques culturales comme le semis de plusieurs variétés différentes d’une céréale sur un même rang de parcelle pour réduire la pression parasitaire. Le mélange des variétés n’est pas impossible, à condition que les grains arrivent à maturité au même moment.
Mais le thème principal devrait porter sur la création variétale de plantes, avec le travail des résistances aux insectes, virus et champignons, et aussi mise au point de variétés de céréales ou d’arbres fruitiers plus résistantes à la sécheresse et au froid. Ainsi, des variétés moins consommatrices d’eau permettraient de mieux gérer les ressources hydriques, tandis que des productions arboricoles pourraient s’étendre vers des régions plus septentrionales. En outre, des variétés de fraises nécessitant moins de chaleur laissent entrevoir des économies d’énergie dans les serres.
« Nous tenterons de mobiliser des fonds », ont conclu les directeurs de deux pôles. Des fonds en provenance du FUI, le Fonds unique interministériel qui finance les projets labellisés par les pôles de compétitivité, des fonds liés aux contrats État-régions et des fonds de l’enveloppe d’Écophyto.

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