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Après le chèque alimentation, la carte vitale ?

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Via un amendement d’appel sur le chèque alimentation durable, dans le cadre du projet de loi Climat, la députée LREM Sandrine Le Feur tente de légitimer sa proposition de sécurité sociale de l’alimentation. Une idée qui pourrait être reprise lors de la campagne présidentielle en 2022.

Dans la soirée du 16 avril, les députés ont adopté en première lecture du projet de loi Climat un amendement invitant les pouvoirs publics à préciser la durée du dispositif de chèque alimentation durable. Défendu par Sandrine Le Feur (LREM), ce texte visait surtout à rappeler au gouvernement qu’un tel dispositif a vocation à être temporaire, et non de long terme. La députée souhaite en effet remettre sur la table sa proposition de créer une sécurité sociale de l’alimentation pour favoriser, à la fois, la consommation de produits sains et locaux et la transition agroécologique. Il s’agirait de créer « une sorte de carte vitale » alimentée par des prélèvements sur les salaires, à utiliser dans des établissements conventionnés et sur certains produits uniquement.

« Dans l’idée, si vous allez au supermarché vous pourrez toujours acheter votre soda si vous le souhaitez mais il ne serait pas remboursé via ce système. Tandis que si vous achetez un légume bio par exemple, il pourrait être remboursé », détaillait-elle lors de la visioconférence du 8 avril. Ce projet pourrait faire davantage parler de lui dans les prochains mois. « J’ai eu des contacts avec des ministères qui m’ont dit : “on n’ouvrira pas ce débat dans ce quinquennat-là mais pourquoi pas le porter dans une campagne présidentielle ?” », a-t-elle indiqué.

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« Deux publics cibles »

Pour l’heure, la durée du dispositif de chèque alimentaire devra figurer dans un rapport que le gouvernement remettra au Parlement dans les six mois après promulgation la loi climatique. « Plus qu’une demande de rapport, c’est un appel à l’action », a déclaré le député porteur du projet Mounir Mahjoubi (LREM) dans l’Hémicycle. « C’est une solution à la fois sociale, agricole et économique qu’on attend tous. »

Lors d’une visioconférence sur la solidarité alimentaire le 8 avril, Mounir Mahjoubi avait évoqué « deux publics cibles » : les familles précaires qui « sont très souvent suivies par une association d’aide alimentaire », et les jeunes précaires qui sont « à peu près 1,4 million ». Pour les familles, l’enjeu est d’articuler le chèque alimentation durable « en complément » de l’aide alimentaire qu’ils reçoivent déjà ; pour les seconds, l’enjeu est qu’ils puissent utiliser le chèque « dès le mois de septembre » et « dans le réseau le plus large possible », avait indiqué l’élu du 19e arrondissement de Paris. M. Mahjoubi recommandait aussi d’orienter le chèque sur l’achat de « fruits et légumes de saison, avec légumineuses et céréales, issus d’une agriculture à signe de qualité ».

« Une solution à la fois sociale, agricole et économique qu’on attend tous »