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Boissons Après une accalmie en 2003, le déclin de la bière continue

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Le marché de la bière continue à mal se porter. Si 2003 a fait exception à la règle, grâce à sa météo favorable, les prévisions de 2004 ne sont pas brillantes. Lors de son assemblée générale, la profession réunie au sein des Brasseurs de France a cherché des moyens de relancer la consommation.

Cela fait longtemps que les tendances de fond du marché de la bière ne sont pas bonnes », a commenté Olivier Picot, président-délégué général des Brasseurs de France, lors de l’ouverture de l’assemblée générale de la profession le 25 juin. Malgré les effets de la canicule, le marché 2003 est resté inférieur à son niveau de 2001, de 0,76 %. Hors effet climatique, les Brasseurs de France estiment que la baisse des ventes aurait atteint 3 %. Mais puisque canicule il y eut, l’année 2003 a connu un sursaut des ventes, en hausse de 2,6 % par rapport à 2002, soit 21 millions d’hectolitres vendus dans l’Hexagone. La consommation de bière hors domicile a quant à elle continué à baisser, les chaleurs de l’été ayant été trop fortes pour inciter les Français à consommer des boissons alcoolisées. Les cafés et restaurants sont responsables de 28,5 % des ventes et la grande distribution de 71,5 %.

La baisse continue en 2004

Les cinq premiers mois de l’année en cours laissent penser que le léger dynamisme de 2003 ne durera pas. 2004 s’annonce « en stagnation, voire en régression », souligne Olivier Picot. Fin mai, le marché global était inférieur de 2,5 % par rapport à la même période de 2003. Un repli attribué entre autres à une forte concurrence dans le secteur des boissons, notamment dans celui des eaux minérales et des soft drinks. Mais les goûts des jeunes adultes sont également en cause : ils ont évolué vers des produits de plus en plus sucrés. En outre, le discours de santé publique est peu favorable à la consommation des boissons alcoolisées. D’autant que la consommation d’alcool pur par habitant, qui atteignait 17,7 litres en 1961, est tombée à 10,5 litres en 2002, dont 60 % pour le vin, 25 % pour les spiritueux et 15 % pour la bière. La profession doit s’atteler à de nombreux chantiers. Elle a déjà commencé à réduire les taux d’alcool dans les bières. Depuis 1995, « la moitié des bières du marché français ont baissé leur degré d’alcool d’au moins 10 % et les brasseries de l’Association se sont engagées à ne pas produire de bières de plus de 8 degrés », assure Olivier Picot. Pour casser la piètre image de leur boisson, les Brasseurs de France vont la promouvoir auprès du grand public, en faisant valoir auprès des consommateurs « qu’elle est un produit naturel, faiblement alcoolisé et peu calorique ». Pour ce faire, ils disposent cette année d’un budget de « 3 à 4 millions d’euros ».

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Les Français petits consommateurs

La France est le cinquième producteur en Europe, avec une production de 18 millions d’hectolitres en 2003, dont 10 % importés. Mais, paradoxalement, malgré les 250 marques de bières différentes qui y sont produites, elle est l’un des plus faibles pays consommateurs en Europe avec 35,5 litres par an et par habitant l’an dernier, loin derrière l’Irlande avec 124,8 litres, l’Allemagne avec 121,5 litres ou bien encore le Royaume-Uni avec 100,6 litres. L’Hexagone s’est ainsi classé en quatorzième position dans l’Europe des Quinze en 2003 et pourrait « devenir le plus petit consommateur de bière de l’Europe des Vingt-cinq d’ici quelques années », assurent les Brasseurs de France. « En 25 ans, les ventes ont diminué d’un quart », a noté Olivier Picot.

Meilleure représentativité

L’Association des Brasseurs de France regroupe 39 brasseries de tailles très diverses, et représente 98 % du marché. Avec 27 adhésions de petites brasseries artisanales en 2004, elle devient plus représentative de la profession et de ses intérêts. D’ailleurs, concernant les malternatives, la position des Brasseurs de France est claire : « Certaines boissons se font passer pour de la bière alors qu’elles n’en sont pas, pour ne pas avoir à payer les taxes», indique Olivier Picot. Il souhaite que ces boissons soient fortement taxées. En somme, entre la reprise de la consommation et le débordement de leur boisson par d’autres, les brasseurs doivent entrer en action. Ils ont assuré en tout cas ne pas baisser les bras.