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Arrêté phytos : « coup d’arrêt » à un projet destructeur pour la vigne

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Les producteurs de vin, à travers l’Association générale des producteurs de vins (AGPV) et notamment la Cnaoc, la Confédération des appellations viticoles, ont accueilli favorablement la décision du Premier ministre de maintenir l’arrêté phytos de 2006. Dans un communiqué de la Cnaoc du 28 octobre, les viticulteurs « se félicitent du coup d’arrêt donné par le Premier ministre à un projet qui aurait induit le recul inéluctable et incessant de la vigne ».

Le Premier ministre a annoncé le 27 octobre lors d’un déplacement en Gironde et à l’occasion d’une rencontre avec une délégation professionnelle conduite par Stéphane Héraud, président de l’AGPV, et Hervé Grandeau, président de la Fédération des grands vins de Bordeaux, que le projet d’arrêté sur l’utilisation des produits phytosanitaires, prochainement soumis à consultation publique et transmis à la Commission européenne, serait identique au texte en vigueur depuis 2006. Il a ajouté que ce dernier ne serait modifié que par les seules propositions faisant consensus. Les professionnels sont opposés à la création de zones de non-traitement à proximité des lieux d’habitation par voie réglementaire. L’AGPV est une association informelle qui regroupe toutes les associations de vignerons : la Cnaoc, la confédération des vignerons IGP (VinIGP), les Vignerons Coopérateurs, les Vignerons Indépendants. La FNSEA et les JA y figurent en tant que membres associés.

Aux autorités publiques de ne pas délivrer d’AMM de produits dangereux

L’annonce du maintien de l’arrêté phytos dans ses grandes lignes en terre viticole n’est pas neutre. Elle peut être interprétée comme un résultat de la stratégie des milieux viticoles visant à se démarquer des firmes phytosanitaires et à montrer aux parlementaires et au gouvernement que les viticulteurs sont du même côté que les riverains, en tant que victimes des produits de traitement dangereux. En effet, pour Bernard Farges, président de la Cnaoc, cité dans le communiqué, il appartient désormais aux autorités publiques « de ne pas délivrer ce sésame (que sont les autorisations de mise en marché – AMM – des molécules phytosanitaires, NDLR) » à des produits présentant un risque « inacceptable pour nos familles, nos enfants et nos salariés ».

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« Faire diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires » à travers l’amélioration continue des pratiques, la recherche de matériels plus performants et l’utilisation de variétés résistantes, tel est l’objectif rappelé par le président de la Cnaoc. « C’est là que nous attendons un fort soutien des pouvoirs publics » dans le cadre du plan Écophyto 2. Bernard Farges a souligné à cette occasion le désir d’indépendance croissante de la Cnaoc vis-à-vis des firmes d’agrochimie : « Nous n’entendons plus rester otages des firmes phytosanitaires ».

« Nous n’entendons plus rester otages des firmes phytosanitaires »