Dans son bilan de l’année 2017, la Fédération française de l’assurance (FFA) fait le constat d’une profession agricole toujours insuffisamment couverte, particulièrement à l’heure de l’accentuation des aléas climatiques. 2018 devrait être également marquée par une réforme du régime de catastrophe naturelle.
C’est un constat général pour les assurances, qui ne concerne pas seulement le monde agricole. Ces dernières années auront vu une accentuation des sinistres climatiques qui ont conduit à renforcer la part du climat dans les indemnisations versées en assurance dommage. En 2017, les dommages climatiques ont ainsi représenté plus de 3 milliards d’euros, soit une augmentation de près de 13 % par rapport à 2016, qui s’explique notamment par les dommages causés par l’ouragan Irma. « Mais Irma n’est que l’extrême d’un phénomène plus général », a rappelé Bernard Spitz, le président de la Fédération française de l’assurance (FFA), prenant en exemple les inondations de fin janvier dernier ou les fortes gelées de la fin février dans le sud de la France. « Et parmi les populations exposées, il en est une qui est plus exposée que les autres, ce sont les agriculteurs, a rappelé Bernard Spitz. Pour eux, 2017 a de nouveau été une année difficile ». Gel de printemps en avril qui a particulièrement touché les vignobles du sud de la France et du Bordelais, conjugué à de fortes sécheresses dans le sud et l’ouest de la France durant l’été, les indemnisations pour des dommages aux biens agricoles ont représenté près de 300 millions d’euros en 2017. Un chiffre qui reste inférieur aux 700 millions déboursés en 2016, année exceptionnelle pour les agriculteurs en raison des inondations du bassin de la Seine et de la Loire.
« Un monde agricole insuffisamment couvert »
Conséquence logique, les résultats de la branche agricole sont « dégradés », selon Bernard Spitz, qui fait le constat « d’un monde agricole toujours insuffisamment couvert » même si plus de 366 000 exploitations agricoles sont assurées. Pour améliorer la situation, « les efforts doivent venir de tout le monde » et donc des assureurs qui doivent être capables de se montrer « innovants dans l’offre », précise le président de la FFA en citant notamment l’assurance fourragère.
L’année 2017 n’a pas pour autant été entièrement mauvaise : les surfaces agricoles assurées ont augmenté de près de 13 % en moyenne, tirés par les prairies (+16 %), les grandes cultures (+13 %) et les légumes (+8 %). La FFA désire d’ailleurs mettre l’accent sur ce type d’assurance en doublant la part des surfaces assurées d’ici 2022, en les faisant passer de 4,7 millions d’hectares à plus de 8 millions d’ici quatre ans. « On veut les faire passer à au moins 30 % des surfaces couvertes, contre 15 % actuellement », a précisé Bernard Spitz.
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Une réforme du régime de catastrophe naturelle au deuxième semestre
Autre évolution attendue : la modernisation du régime de catastrophe naturelle dont la réforme est attendue « au deuxième semestre de cette année », selon le président de la FFA, qui a indiqué que les assureurs avaient des contacts réguliers avec le gouvernement sur cette question. Une réforme importante alors que le déclenchement du régime de catastrophe naturelle conditionne pour les agriculteurs non-assurés l’accès au Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA). La FFA souhaite dans ce cadre mettre en avant plusieurs mesures allant dans le sens « de plus de prévention en matière de sinistres et plus d’équité entre les assurés ». Elle veut ainsi la mise en place « d’un suivi des plans de préventions par département » alors que de nombreuses communes n’ont pas de plans de prévention des risques approuvés. Enfin, elle demande que les frais de relogement soient compris dans les indemnisations au titre de catastrophe naturelle. « Tant que cette disposition n’est pas comprise, cela va dépendre des contrats des uns et des autres », juge Bernard Spitz. Une question qui s’est notamment posée à l’occasion des inondations de la fin janvier dernier.
En 2017, les surfaces agricoles assurées ont augmenté de près de 13 % en moyenne