Le nombre de ses hectares couverts par l'assurance récolte a baissé de 4 % en 2024, après une forte hausse en 2023 et une réforme qui visait à inciter les agriculteurs à s'assurer en 2022.
En conférence de presse le 12 février, Groupama a annoncé une charge totale de l’assurance récolte de 255 millions d’euros (M€) en 2024, essentiellement en raison de trois principaux aléas : l’excès d’eau, la grêle et le gel. En tout, ils représentent 83 % de la sinistralité totale. « Les aléas climatiques deviennent la norme, avec des sinistres agricoles moins intenses mais plus fréquents », précise Gwénaël Simon, directeur assurances de Groupama.
En 2024, un hectare sur deux a été déclaré sinistré, avec des précipitations quasi ininterrompues dans la majorité du territoire représentant 137 M€ redistribués, devant la grêle (59 M€) et le gel (15 M€). À noter que les grandes cultures ont été les plus touchées (94 %) par l’excès d’eau, devant la viticulture (6 %) et l’arboriculture (1 %). Au total, 105 000 hectares (ha) ont dû être ressemés en 2023-2024, contre 35 000 ha lors de la campagne précédente.
À l’inverse, l’année 2024 est marquée par de moindres dommages aux biens, permettant de contrebalancer les résultats pour les récoltes. Par exemple, Groupama a enregistré une baisse de 15 % des charges sinistres incendie. Seul bémol : le groupe note toutefois une augmentation des coûts des sinistres, et ce en raison notamment de l’envolée des prix des machines agricoles.
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« Absorber la sinistralité »
Après la réforme de l’assurance récolte en 2022, Groupama avait observé une forte augmentation de ses hectares assurés en 2023 (+ 37 % de croissance), suivie d’une année plutôt en retrait en 2024 (- 4 %). Au niveau national, l’objectif est d’arriver à 60 % de surfaces agricoles assurées d’ici 2030, contre 23 % en 2023. Pour « absorber la sinistralité de la Ferme France », la constitution d’un groupement de co-réassurance est prévue par la réforme de l’assurance récolte. D’ici l’été, l’autorité de la concurrence devrait rendre une décision à son propos, souligne Pascal Viné, directeur des relations institutionnelles de Groupama.
Pour rappel, le fonds de solidarité nationale – qui couvre les pertes exceptionnelles liées aux aléas climatiques –, a remplacé le régime des calamités agricoles à la suite de la réforme de 2022. Les pertes les plus élevées sont en partie couvertes, pour tous les agriculteurs, par une indemnité de solidarité nationale (ISN) avancée par l’assureur, et remboursée par l’État. Le seuil de l’ISN est de 50 % pour les grandes cultures et la viticulture, quand il est de 30 % pour les prairies et l’arboriculture. Pour les agriculteurs assurés, l’ISN couvre 90 % des pertes situées au-dessus du seuil, et l’assureur les 10 % restants. Pour les non-assurés, l’ISN couvre 40 % des pertes en 2024 et 35 % en 2025.