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Avec Explor’ae, l’Inrae veut soutenir la recherche à risque

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Améliorer la lutte contre les insectes ravageurs fait partie des objectifs du projet Invoria. Crédits : © Leopictures/Pixabay

Un an après son lancement, le programme Explor’ae, porté par Inrae, a soutenu des dizaines de projets de recherche de rupture. L'institut de recherche a présenté cinq de ces projets.

Destiné à l’ensemble de la communauté scientifique nationale, le programme Explor’ae (1) veut soutenir la recherche dans les secteurs de l’alimentaire, l’agriculture et l’environnement. Son approche axée sur les projets à haut risque assume de « prendre le risque de la recherche de rupture pour de l’impact », explique Carole Caranta, directrice générale déléguée Science et Innovation de l’Inrae lors d'une conférence de presse le 16 avril 2025. Avec ce parti pris, l’institut de recherche espère « que les résultats obtenus débouchent sur des ruptures scientifiques et technologiques », avec à la clé « des innovations importantes susceptibles de transformer » les secteurs concernés, souligne l'institut dans son communiqué publié le même jour. 

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Depuis son lancement en janvier 2024, Explor’ae a financé 44 projets, pour un budget total de 15,5 millions d’euros alloués jusqu’à présent, le tout financé par France 2030. Cela inclut 39 projets Exploration, financés à hauteur de 150 000€ chacun pour une durée de 18 mois. Avec un dispositif de candidature allégé et accéléré, ceux-ci entendent privilégier « l’exploration hors des sentiers battus », selon Inrae. Les autres projets de plus grande envergure, tombent sous le pilier Transformation, et sont financés à hauteur de 2 millions d’euros chacun, pour une durée de 4 ans. À ce jour, Explor’ae a financé 5 projets Transformation : 

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  • Invoria : Mené par Emmanuelle Jacquin-Joly, ce projet vise à utiliser l’IA pour prédire quelles odeurs sont détectées par les insectes. Dans une optique de biocontrôle par l’odeur, déjà utilisée en agriculture, son but est de proposer à terme des applications concrètes contre différents insectes ravageurs, comme les mouches, les papillons et les coléoptères.
  • Nanobiocat : Mené par Sophie Barbe, ce projet veut utiliser l’IA pour « neutraliser virus et bactéries », avec des applications pour la santé humaine ou animale, ou la protection des cultures. Face à la « pression virale constante », la chercheuse dit vouloir développer une IA pour « mettre au point des agents antiviraux capables de détecter et désarmer un virus ».
  • Target : Mené par Pascal Sirand-Pugnet, le projet s’attaque à la culture des bactéries, réputées « incultivables », selon l’initiateur du projet. Pour mieux lutter contre divers pathogènes, il entend utiliser la modélisation par ordinateur pour comprendre les conditions nécessaires  au développement des bactéries, en l’occurrence celle de la flavescence dorée de la vigne, pour in fine aboutir à un modèle prédictif.
  • Yeti : Mené par Adnane Boualem, ce projet vise à comprendre comment certaines plantes se protègent des insectes en fabriquant des substances répulsives grâce à de microscopiques « poils défenseurs », les trichomes glandulaires, en vue d’identifier les gènes responsables afin de « concevoir des plantes résistantes aux ravageurs » sans traitement.
  • Explorzyme : Mené par Olivier Berteau, le projet veut utiliser les enzymes pour réduire les émissions de CO2 en remplaçant « certains procédés chimiques polluants par des réactions biologiques propres », explique l’Inrae. 

1- Le programme "recherche à risque" Explor’ae, confié à Inrae par le Ministère de la Recherche et de l'enseignement supérieur, est financé par France 2030.

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