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Stratégie Axéréal veut développer des débouchés en interne pour sa collecte

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Opérationnelle depuis le 1er juillet 2009, l’union de coopératives Axéréal veut se concentrer sur la valorisation des métiers du grain. Ce qui signifie investir davantage dans l’aval pour s’assurer plus de débouchés en interne. Le groupe souhaite également aider ses adhérents à sécuriser leurs revenus.

«Notre priorité, ce sont les métiers du grain », a réaffirmé Dominique Bamas, directeur général d’Axéréal, en conférence de presse le 9 février à Paris. Dans cette optique, l’union intégrante qui réunit Agralys et Epis-Centre depuis le 1er juillet dernier se donne deux axes stratégiques de développement : poursuivre l’amélioration de la compétitivité des deux coopératives dont elle est issue tout en développant des activités d’aval afin d’assurer des débouchés à long terme pour ses productions régionales. Car « même si nous sommes la première coopérative française avec 5 Mt de collecte, nous avons à peine 10 % du marché, qui est complètement atomisé », a expliqué le dirigeant. Aussi importante soit-elle au regard de ses concurrents, la place d’Axéréal dans le paysage céréalier français reste donc modeste. « Nous ne sommes pas capables de dicter notre position », a souligné le directeur. Or, face à un marché de plus en plus dérégulé et à une volatilité croissante des cours, la marge se réduit à chaque maillon de la chaîne de valeur. Axéréal n’a donc pas d’autres solutions que « d’intégrer de plus en plus de maillons de cette chaîne », ce qui signifie aller plus loin dans le développement des activités d’aval.

Un débouché en interne pour un peu moins de la moitié de la collecte
Sur un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros, les activités de transformation (meunerie, malterie, nutrition animale, trituration, activités spécialisées) ne représentent aujourd’hui que 680 millions d’euros, auxquels il faut toutefois ajouter les 730 millions issus de la branche de négoce européen. Au total, ces activités procurent au groupe un débouché pour 2,2 Mt de céréales et d’oléagineux sur les 5 Mt qu’il collecte. Un ratio que Dominique Bamas souhaite voir progresser dans les années à venir. Ces derniers mois, Axiane, qui regroupe désormais les intérêts d’Axéréal dans la meunerie, a ainsi acquis plusieurs moulins, ce qui en fait désormais le troisième meunier français. En ce qui concerne la malterie, Axéréal a annoncé le 11 février un accord de reprise portant sur Greencore malt. Forte d’une capacité de 520 000 tonnes, cette société viendra consolider sa filiale Boortmalt, capable de fabriquer aujourd’hui 620 000 tonnes de malt. Le groupe n’a pas de raison de s’arrêter là. « Nous espérons faire d’Axéréal un véhicule séducteur afin d’attirer et développer des stratégies d’alliance sur notre territoire », a souligné Dominique Bamas.

Garantir le coût de production
En parallèle de ces projets d’aval, le groupe travaille également à la sécurisation du revenu de ses adhérents. « Notre idée est de proposer une sécurisation de la marge pour garantir le coût de production », a précisé Jean-François Loiseau, vice-président d’Axéréal. Le groupe encourage notamment ses adhérents à utiliser des « prix construits ». Il s’agit en quelque sorte de prix « moyens », sauf qu’ils ne sont pas calculés à partir d’une campagne entière mais d’une période prédéterminée par l’agriculteur. « Nous voulons sortir l’agriculteur du risque de fixing de son prix », a précisé François Pignolet, directeur des métiers du grain. Pour le spécialiste, « l’agriculteur doit avoir le choix entre des systèmes construits sur sa sensibilité ou son aversion au risque, tout ça dans un cadre sécurisé ». Dans cette logique, le département Métiers du grain réfléchit au lancement d’un produit « qui mixe engrais et céréales » et permette de « fixer la marge » sur tout ou partie de la collecte, a indiqué François Pignolet. Il devrait voir le jour sous peu.

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