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OIV Baisse de la consommation mondiale et des échanges de vin en 2009

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Selon les derniers éléments de conjoncture présentés le 30 mars à Paris par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la consommation mondiale de vins a baissé de presque 3% en 2009 alors que la tendance était à la hausse depuis le milieu des années 1990. Les échanges mondiaux reculent de 3,6%. L’OIV y voit la marque de la crise économique mondiale. Les ventes en vrac prennent une part croissante des échanges, entrainant une baisse des valeurs exportées.

Dans l’UE à 15 comme dans l’UE à 27, la production 2009 est parmi les plus faibles de ces quinze dernières années, comme celles de 2007 et de 2008. Elle atteindrait (hors jus et moûts), selon les prévisions de l’OIV, 147,1 Mhl pour l’UE à 15 et 159,8 Mhl pour l’UE à 27.
Dans l’hémisphère sud, les USA et la Suisse réunis (en l’absence d’informations sur la Chine), la production 2009 devrait atteindre 70,1 Mhl, entre celle de 2007 et de 2008 (respectivement 68,5 et 72,1 Mhl).
« On peut encadrer la production mondiale de vins de 2009 entre 262,4 et 269,6 Mhl, soit entre - 1,9 et +0,8 % par rapport à 2008 (266 Mhl en milieu de fourchette d’estimation) », estime l’OIV.
Une production globale de vins similaire en quantité à celles de 2001, 2003, 2007 et 2008, qui peut être qualifiée de faible,
Elle est la conséquence du recul du vignoble de l’UE à 27. Il a perdu environ 94 000 ha en 2009, soit - 2,5% par rapport à 2008. La superficie viticole mondiale totale (superficies non encore en production ou non récoltés incluses), du fait de l’UE à 27 surtout, devrait reculer entre 2008 et 2009 de 93 000 ha (-1,2%) et se situer à environ 7636 mha.

L’écart se creuse entre production et consommation mondiales
En première approche, la consommation de l’UE à 15 reculerait en 2009 pour atteindre 120,2 Mhl contre 126,0 Mhl en 2008 et 128,3 Mhl en 2007. La consommation moyenne de l’UE à 15 sur la période 2001-2005 était de 129,0 Mhl.
La consommation mondiale de vins 2009 est estimée entre 230,6 et 242,5 Mhl, soit 236,6 Mhl en milieu de fourchette d’estimation (en baisse de 6,8 Mhl, soit -2,8% par rapport à 2008). En 2 ans, la consommation mondiale de vins aura subi un recul d’environ 10 Mhl, très vraisemblablement lié à la crise économique mondiale.
« Il s’agit donc d’un recul conséquent consécutif à un premier repli de 3,8 Mhl entre 2007 et 2008, et ce dans un contexte de progression de la demande mondiale de vin entamée depuis le milieu de la décennie 1990 », note l’OIV.
La différence entre la production et la consommation mondiales de vins serait en 2009 compris entre 19,9 et 38,9 Mhl, soit 29,4 Mhl en milieu de fourchette d’estimation (+22% par rapport à 2008), à comparer aux 24,0 Mhl en 2008 et aux 18,9 Mhl en 2007. Malgré la faiblesse de la production mondiale, les marchés des brandies et usages industriels n’auront sans doute pas besoin d’utiliser les stocks notamment d’alcools vitivinicole en 2009. Une situation peu propice à une hausse des cours, sur le marché des vins sans indication géographique notamment.

Le vrac s’impose dans les échanges internationaux
Le marché mondial, considéré comme la somme des exportations de tous les pays (si les pays suivis pèsent 94% des échanges mondiaux) atteint 86,1 Mhl en 2009, soit -3,6% par rapport à 2008. Ce recul est le premier enregistré depuis 2000.
D’autre part, une part croissante des échanges porte sur des vins en vrac. Les pays qui ont accru leurs exportations en 2009 ont presque tous augmenté leurs ventes en vrac, acceptant de vendre à plus bas prix. C’est le cas de l’Italie qui, en 2009, avec 18,6 Mhl, conforte nettement sa place de premier exportateur mondial en volume ; du Chili qui atteint le niveau record de 6,9 Mhl exportés (+1,0 Mhl par rapport à 2008) et de l’Australie qui retrouve quasiment en 2009 son niveau d’exportation record de 2007 (7,75 Mhl en 2009, 7,86 Mhl en 2007). Des pays comme l’Espagne avec 14,4 Mhl exportés en 2009 (-11% par rapport à 2008) et la France avec 12,5 Mhl (-9% par rapport à 2008), qui ont cherché à maintenir les ventes en bouteilles, ont subi une baisse nette des volumes vendus et une érosion de la valeur des exportations.

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