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Bassines : la PPL Entraves ravive les tensions dans les Charentes

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Dans les Charentes, quatre bassines ont été dégradées le 8 juillet, à la veille de l’adoption de la proposition de loi Entraves. Le même jour, une journaliste couvrant l’évènement est prise à partie par des agriculteurs.

À la veille de l’examen de la proposition de loi Entraves du sénateur Laurent Duplomb, un collectif baptisé Du plomb a revendiqué, le 8 juillet, avoir « mis hors d’état de nuire » quatre réserves de substitution d’eau au cours des jours qui ont précédé, dont trois dans les deux Charentes, rapporte Ici. Les bassines ont été lacérées à coups de cutter, selon le média local. « Absolument inacceptable ! », dénonce la chambre d’agriculture de Nouvelle Aquitaine. « Une fois encore, les agriculteurs sont attaqués et voient leur outil de travail détruit par des voyous idéologues qui font preuve d’une violence et d’une irresponsabilité sans pareilles. » La proposition de loi Entraves inclut la reconnaissance par défaut d’un caractère d'« intérêt général majeur » pour les ouvrages de stockage d’eau et d’irrigation agricoles, sous conditions de démarche concertée et d’engagements de sobriété. Même si la portée du dispositif reste incertaine dans le cas de la directive Habitats, l’association FNE s’était dite « particulièrement inquiète » en ce qu’il « remet en cause la hiérarchie des usages de l’eau, telle que définie aujourd’hui par la réglementation, en tentant de placer l’usage agricole de l’eau au même niveau que les usages liés à l’eau potable, la salubrité, la sécurité et le bon fonctionnement des milieux ».

Dépôt de plainte

Le lendemain de ces dégradations, une journaliste de France 2 a porté plainte après avoir été prise à partie par des agriculteurs lors d’un reportage en Charente-Maritime sur ces dégradations, pour lequel elle interrogeait un militant « antibassine ». Quatre agriculteurs ont « déboulé comme des furieux dans des voitures en nous disant “Dégagez d’ici ou ça va mal finir”. C’était très violent », a relaté Anne Guillé-Épée à une correspondante de l’AFP. « Ils ont hurlé, en particulier sur Jean-Jacques Guillet (un porte-parole du collectif « Bassines Non Merci »). Ils l’ont bousculé et mon genou a été heurté par le pied de la caméra. J’ai eu peur qu’ils nous tapent dessus. Nous avons dû remballer notre matériel et partir », a ajouté la journaliste qui a porté plainte pour menaces notamment.

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« L’un d’entre eux était particulièrement excité, a abondé M. Guillet, il voulait me “casser la gueule”, il m’a insulté, a essayé de me taper, a fait tomber mes lunettes, donné des coups de pied dans ma voiture. Les trois autres l’ont calmé ». Contacté par l’AFP, l’un des mis en cause a nié toute agression physique. « On a juste parlé fort. On était énervé, on y a été à quatre mais ce n’étaient que des mots », assure Jean-Philippe Rousseau.

« Il m’a insulté, a essayé de me taper, a fait tomber mes lunettes »