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Bayer et Monsanto discutent d’une fusion

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Le chimiste allemand Bayer a confirmé le 19 mai des premières discussions avec le spécialiste américain des biotechnologies Monsanto, à propos d’une fusion, sans que pour l’heure aucun accord ferme n’ait été trouvé. Un tel rapprochement confirmerait la consolidation du secteur.

« Les dirigeants de Bayer ont récemment rencontré les responsables de Monsanto pour discuter en privé d’une acquisition négociée de Monsanto », indique l’allemand dans un communiqué. De son côté, Monsanto a confirmé avoir reçu « une offre non ferme et non sollicitée de la part de Bayer » qu’il étudie actuellement. « Il n’y a aucune certitude qu’une transaction aura bien lieu et dans quels termes », insiste Monsanto. Bayer lui indique qu’il communiquera davantage « quand ce sera approprié ».

Conjoncture difficile

Une telle fusion donnerait naissance à un géant dans le secteur de l’agrochimie et des semences OGM. Elle confirmerait également la consolidation s’opérant dans le secteur avec la fusion en cours des américains Dow Chemical et DuPont et celle du suisse Syngenta avec le chinois ChemChina. Syngenta avait au préalable rejeté les avances de Monsanto. Après l’échec de ses discussions avec Syngenta, Monsanto a engagé une vaste restructuration comprenant la suppression de 3 600 emplois, soit 16 % de ses effectifs, d’ici 2018 et la fermeture de sites et des dépréciations d’actifs.

Le groupe de Saint-Louis, dans le centre des Etats-Unis, connu notamment pour son herbicide Roundup, dont la substance active glyphosate est actuellement controversée surtout en Europe, souffre de la chute des ventes des semences transgéniques. Cela est la conséquence d’abord de la baisse des revenus des agriculteurs depuis quelques années, qui affecte la demande en machinisme, engrais, phytos et semences, mais aussi de l’appréciation du dollar qui rend les produits Monsanto chers pour les agriculteurs d’Amérique latine.

La division d’agrochimie de Bayer, dont les néonicotinoïdes sont aussi décriés, a également souffert ces derniers mois.

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BASF aussi sur les rangs ?

Les discussions entre Bayer et Monsanto avaient été dévoilées dans la nuit du 18 au 19 mai par le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier. Des rumeurs relayées par Bloomberg News avaient déjà circulé la semaine précédente à ce sujet faisant s’envoler l’action Monsanto et pesant au contraire sur celle de Bayer. Des bruits d’une éventuelle fusion de Monsanto avec un autre allemand, le géant BASF, avaient également couru sans jamais être confirmés.

Pour l’heure, ni Bayer ni Monsanto n’ont donné d’indice sur le prix mis sur la table. La semaine dernière, Bloomberg News évoquait une proposition à 40 Mrd de dollars.

Les analystes de Deutsche Bank jugeaient l’aboutissement d’une telle union peu probable d’abord en raison du prix mais aussi à cause des vraisemblables réticences des autorités de la concurrence face à une fusion géante dans les phytos, engrais et semences. D’autant que le bilan financier de Bayer lui laisse « des capacités très limitées », avaient pour leur part estimé les analystes de Credit Suisse.