Le sucrier Cristal Union cherche 7 000 ha de betteraves supplémentaires, dans le but de saturer trois usines à Saint-Emilie (Somme), Erstein (Bas-Rhin) et Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime).
« Notre sucrerie de Sainte-Emilie vise 2 000 ha de plus », a annoncé Jérôme Fourdinier, président de la coopérative éponyme et membre du groupe, qui accueillait la presse le 14 octobre. En plus du site picard, deux autres sont en quête de surfaces : 2 000 ha pour Erstein (Bas-Rhin), 3 000 ha pour Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime). « On essaie de saturer l’outil », explique-t-il, Sainte-Emilie, qui est à 105 jours de campagne, pouvant grimper à 120 jours. La sucrerie a déjà gagné « sans doute 150 planteurs », à la suite de la fermeture de l’usine Saint Louis Sucre à Eppeville (Somme), soit 2 000 ha de plus. Elle table sur une augmentation des surfaces emblavées et l’arrivée de nouveaux planteurs.
Hausse des prix du sucre
La conjoncture est favorable. « Avec l’embellie des marchés du sucre et de l’alcool, nous pouvons d’ores et déjà annoncer des perspectives de rémunération revues à la hausse pour nos coopérateurs », avait déclaré le 27 septembre Olivier de Bohan, le président du groupe. Cristal Union prévoyait alors « au moins 27 €/t de betterave » en 2021 (contre 25,5 €/t en 2020). « Ce sera sûrement plus de 28 €/t », d’après Jérôme Fourdinier. Et même 30 €/t « à moyen terme ». Après une année noire à cause de la jaunisse, les planteurs retrouvent le moral. La récolte s’annonce correcte, avec un rendement prévisionnel moyen attendu, pour l’ensemble des bassins du groupe, autour de la moyenne sur cinq ans de 13,5 t/ha de sucre. Seule ombre au tableau, l’affaire Adama, cette société qui a livré des phytos non conformes. Cristal Union fait partie des victimes, à hauteur 4 900 ha concernant l’herbicide Marquis, 3 200 ha pour le Goltix Duo. Les betteraviers attendent une indemnisation, dont la moitié serait versée fin novembre avec le premier acompte de récolte.
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Pour attirer les planteurs, la coopérative de Sainte-Emilie mène un travail d’animation sur le terrain. « Il n’y a pas seulement les prix betteraviers qui intéressent les producteurs », souligne Jérôme Fourdinier. Des réunions techniques sont organisées, aussi des visites de plateformes d’essais. « Cela permet d’accueillir, fidéliser les planteurs. » Autre enjeu, l’attractivité de la sucrerie. Quelque 50 M€ ont été investis sur le site de Sainte-Emilie entre 2015 et 2021. Une chaufferie au gaz (environ 30 M€) améliore l’efficacité énergétique. Les bassins de décantation (2 M€) recevant les eaux de lavage ont été remis aux normes. Un nouvel atelier de décalcification des jus (4 M €) sera opérationnel l’an prochain. Dernier investissement (plus de 20 M€), le transfert d’un outil de déshydratation des pulpes aujourd’hui à Epénancourt (Somme), qui sera mis en service dans deux ans.