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Bien-être animal : fractures du bréchet des poules pondeuses, un dossier de plus pour Bruxelles

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Le Danemark s’inquiète du nombre important de fractures du bréchet chez les poules pondeuses, et demande que la Commission européenne s’attaque au problème dans le cadre de la révision de la législation européenne sur le bien-être animal, attendue pour fin 2023.

Le ministre danois de l’Agriculture, Rasmus Prehn, a alerté, le 15 décembre à l’occasion de la réunion du Conseil agricole à Bruxelles, sur le bien-être des poules pondeuses qui subissent de nombreuses fractures du bréchet. Il a appelé l’UE à adopter une approche commune pour lutter contre cette situation, recevant le soutien de plusieurs autres États membres. Selon une étude récente menée par l’Université de Copenhague, une « fréquence alarmante de fractures de l’os du bréchet est constatée chez les poules pondeuses » de tous les systèmes de production, que ce soit les cages enrichies, les systèmes en liberté ou l’agriculture biologique. Sur les quarante élevages étudiés, plus de 85 % des poules présentaient des fractures semblant être causées par une pression interne sur l’os en question et dont la plupart ne peuvent pas être expliquées par des accidents traumatiques. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir la cause exacte de ces fractures mais elles seraient le résultat de stratégies d’élevage « visant à obtenir des poules de petite taille avec une faible consommation de nourriture et en même temps une production d’œufs élevée avec un début de ponte précoce et de gros œufs ». Étant donné que la majorité des poules pondeuses en Europe proviennent des mêmes entreprises de sélection, Rasmus Prehn estime que ces fractures sont très probablement communes à l’ensemble de l’UE et même au niveau mondial.

Plusieurs ministres de l’Agriculture ont confirmé avoir fait le même constat dans leur pays. Et la France a suggéré de demander que l’Autorité européenne de sécurité des aliments se voie confier une mission sur le sujet afin que ce type de problème puisse devenir un indicateur de bien être animal dans le futur.

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« Une question complexe qui prendra du temps »

Alors que la Commission européenne est en train de travailler sur une révision de la législation sur le bien-être animal dont les propositions sont attendues pour fin 2023, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, s’est engagé à « dûment réfléchir à refléter les préoccupations exprimées par les ministres sur ce sujet ». Mais, a-t-il aussi souligné, « nous sommes conscients que c’est une question complexe qui prendra du temps ».

Lors d’une conférence organisée le 9 décembre à Bruxelles sur "le bien-être animal dans l’Union européenne aujourd’hui et demain", sa consœur en charge de la Sûreté alimentaire, Stella Kyriakides, a donné quelques précisions sur ce processus de révision. « Une évaluation des règles actuelles en matière de bien-être des animaux à la ferme, pendant le transport et à l’abattage sera finalisée l’année prochaine mais les informations dont nous disposons déjà nous permettent de constater des faiblesses dans la conception, la mise en œuvre, le respect et l’application de la législation actuelle », a-t-elle indiqué. La Commission européenne a déjà présenté quelques-unes des options politiques auxquelles elle réfléchit : notamment, l’élaboration d’exigences spécifiques en matière de bien-être pour de nouvelles espèces animales, l’interdiction de certaines méthodes d’étourdissement lors de l’abattage, l’élimination progressive des cages ou encore d’un dispositif volontaire d’étiquetage du bien-être animal.