Sept associations de protection animale ont manifesté le 11 avril près de l’Assemblée. Elles appellent le ministre de l’Agriculture à soutenir « une révision complète et ambitieuse » de la réglementation européenne sur le bien-être animal.
Lors d’une action le 11 avril sur l’esplanade des Invalides à Paris, non loin de l’Assemblée nationale, sept ONG (1) ont appelé le ministre de l’Agriculture à « élever [ses] ambitions » sur la révision de la réglementation européenne sur le bien-être animal. Selon un communiqué du CIWF France, les associations se disent « préoccupées par le positionnement de la France », qui s’est récemment opposée à l’interdiction des exportations d’animaux vivants vers les pays tiers. Et d’ajouter que, avec « deux animaux d’élevage sur trois en cage », l’Hexagone est « très en retard par rapport à ses voisins européens » sur la sortie des cages.
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La révision de la réglementation – actuellement en concertation en France – bénéficie du « soutien massif des Français », affirment les ONG. Selon un sondage Ifop pour le CIWF France, 82 % des répondants sont favorables à « l’étiquetage obligatoire du mode d’élevage sur la viande », 79 % à la « fin de l’élevage d’animaux en cage » et 75 % à « l’interdiction des transports sur de longues distances pour les animaux vivants ». Et d’après un autre sondage Ifop pour la Fondation Brigitte Bardot, trois quarts des personnes interrogées estiment que la politique du gouvernement n’est pas assez « engagée en faveur de la protection des animaux ».
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Le CNPO milite pour le « statu quo »
La Commission européenne doit présenter sa proposition de révision cette année. Elle s’est engagée à ce que le texte comporte une interdiction de l’élevage en cages, comme demandé par l’initiative citoyenne « End the cage age ». De son côté, le Parlement européen s’est déjà positionné pour une sortie en 2027. Lors d’une conférence de presse le 6 avril, le président du CNPO (interprofession des œufs) Yves-Marie Baudet s’est dit « opposé à une date butoir pour l’arrêt des cages » et « favorable à un statu quo sur les autres sujets ». D’après cet éleveur breton, les cages aménagées font « 750 cm2 par poule en Europe contre 350 cm2 dans les autres régions du monde ». D’après le sondage du CIWF France, 75 % des répondants sont favorables à « un plan de soutien aux agriculteurs français pour sortir de la pratique des élevages en cage ».
Comme annoncé par Bruxelles, sa proposition de révision portera aussi sur le transport et l’abattage. Lors du lancement de la concertation nationale le 10 mars, Marc Fesneau a écarté ce dernier sujet, selon plusieurs ONG de protection animale, qui lui ont demandé de remettre ce sujet sur la table.