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BioAZ a développé une alternative à la castration des porcs via la fermentation

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L'alternative à la castration des porcs de BioAZ se présente sous la forme d'un produit injectable. Crédits : © Pixabay- Marion Streiff

La biotech en santé animale BioAZ travaille sur une alternative à la castration des porcs développée à partir des anticorps des lamas via la fermentation. Elle cherche à lever 2 M€ pour terminer les différentes étapes de cette solution brevetée et poursuivre le développement d’autres alternatives pour les chiens et les veaux.

BioAZ, start-up crée en 2022 par Romain Delcombel, vétérinaire expert en R&D, développe des médicaments biologiques et biodégradables innovants pour la filière animale. « Notre objectif vise à améliorer le bien-être animal, mais aussi la rentabilité des éleveurs en utilisant les biotechnologies, explique-t-il. Notre premier projet porte sur une alternative à la castration des porcs ». Cette pratique effectuée sur les porcelets mâles pour éviter l’odeur de verrat qui peut apparaitre lors de la cuisson de la viande, est interdite dans les élevages en France depuis le 1er janvier 2022 à moins d’être pratiquée par un vétérinaire qui doit utiliser un traitement analgésique ou antalgique. 

« Notre solution sous forme d’un produit injectable bloque la production de la Gn-RH, cette hormone responsable de l’odeur de verrat et ne laisse pas de trace dans la viande. Au-delà du bien-être animal, notre solution présente aussi un avantage économique puisqu’elle ne se fait nécessairement pas à la naissance de l’animal, et qu’un porc non castré mange moins que les mâles castrés. En réalisant la stérilisation quelques semaines avant l’abatage du porc, les hormones ne se stockent pas dans la viande, qui va ainsi se défaire de ces composés odorants. » Une solution pour laquelle la société a déposé un brevet et qui pourrait arriver sur le marché en 2030.

La technologie de BioAZ utilise les anticorps de lama fabriqués par l’animal après vaccination. « Ces anticorps sont ensuite développés via la fermentation, à des coûts bien moindres que la production d’anticorps classique à partir de cellules de mammifères », souligne le fondateur.

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La start-up a d’autres projets en cours. L’un porte sur une alternative à la castration des chiens et un autre sur une alternative biologique aux antibiotiques pour prévenir la Cryptosporidiose et limiter la diarrhée du veau ». Un projet pour lequel BioAZ a récemment obtenu un financement dans le cadre du programme Territoires d’Innovation - LIT Ouesterel (Laboratoire d’Innovation Territorial Ouest Territoires d’Élevage), soutenu par le plan France 2030 et opéré par la Banque des Territoires. 

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Une levée de fonds à venir

La start-up prépare actuellement une levée de fonds d’un montant de 2 M€ que le fondateur espère boucler cet été. BioAZ est soutenu par le Groupe Cristal (1), entré au capital à l’occasion de sa première levée de fonds réalisée en octobre 2023 à hauteur de 400 000 euros. Ce deuxième tour de table devrait permettre à la société de boucler cinq objectifs sur les deux prochaines années. « Trois de ces objectifs concernent le produit pour la castration des porcs (industrialisation, premier essai et cession d’une licence), sur le chien, nous comptons améliorer la molécule actuelle et la tester en conditions réelles et sur le veau nous voulons faire tous les développements jusqu’aux tests », détaille Romain Delcombel. 

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En tant que société de R&D, BioAZ travaille sur les premières étapes du produit pour prouver son efficacité et qu’il n’est mauvais ni pour l’animal ni pour l’environnement, jusqu’aux premières étapes d’industrialisation pour donner une idée des coûts aux groupes pharmaceutiques avec lesquels la société s’associera pour vendre sa solution. « Sur le porc, nous avons montré que notre solution bloque la Gn-RH et maintenant nous allons tester ces prototypes en conditions réelles, mais nous ne nous occupons pas des étapes réglementaires et des demandes de mises sur le marché », précise Romain Delcombel. 

A plus longue échéance, une fois que la société aura vendu ses premiers produits pour le porcs, Romain Delcombel espère pouvoir travailler sur des alternatives aux antibiotiques pour les animaux d’élevage. « Il y a énormément de choses à faire pour proposer des solutions durables sur le marché des animaux de rentes », termine-t-il.

(1) Créé à l’origine par des vétérinaires indépendants, Cristal s’est historiquement développé autour des techniques de santé et de services associés.