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Biocarburants : de l'huile de palme indonésienne frauduleusement utilisée dans l'UE

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Des producteurs européens de biocarburant, dont le géant italien de l'énergie Eni et le Finlandais Neste, se sont approvisionnés frauduleusement en huile de palme auprès de fournisseurs indonésiens, révèle, le 16 mars, une enquête menée par l'AFP et SourceMaterial. Selon la justice indonésienne, des entreprises locales et des responsables gouvernementaux se sont mis d'accord, contre versement de pots-de-vin, pour faire passer l'huile de palme pour un sous-produit appelé Palm Oil Mill Effluent (POME), soit des effluents d'usine de production d'huile de palme. Pour l'Indonésie, le préjudice en termes de recettes fiscales se chiffre en millions de dollars, car la taxe sur les produits étiquetés POME est moins élevée que sur l'huile de palme. Les producteurs de biocarburants européens Eni et Neste, qui ont officiellement retiré l'huile de palme de leurs chaînes d'approvisionnement — l'UE ayant adopté en 2019 une réglementation visant à fortement limiter le recours à l'huile de palme dans la production de biodiesel d'ici 2030 —, ont toutes deux reçu plusieurs livraisons provenant des entreprises indonésiennes accusées d'avoir étiqueté de l'huile de palme comme POME.

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Les soupçons de fraude concernant des importations dans l’UE de biocarburants à base de déchets qui pourraient, en réalité, être issus d’huile de palme se sont multipliés ces dernières années. Certaines analyses suggèrent que la quantité de produits POME utilisée dans l’UE et en Grande-Bretagne dépasse l’offre mondiale disponible, ce qui laisse supposer un étiquetage erroné généralisé, même si certains groupes industriels ont contesté ces calculs.