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BiocSol entame les procédures d'AMM pour ses deux premiers biofongicides

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Simon Caulier (à gauche), fondateur et CTO de BiocSol avec Denis Payen, CEO. Crédits : © David Plas

Après avoir levé 5,2 M€ en novembre 2024, BiocSol vient d’annoncer une levée de fonds complémentaire de 4,4 M€. Grâce à ce financement, le spécialiste des biosolutions va pouvoir entamer les procédures pour obtenir les autorisations de mise sur le marché en Europe et à l’international, tout en poursuivant sa R&D.

Le spécialiste belge des biosolutions BiocSol, spin-off de l’UCLouvain, a annoncé le 3 février 2025 une levée de fonds complémentaire de 4,4 M€. Ce financement, a été réalisé pour partie en fonds propres grâce au fonds d’investissement d’impact néerlandais Pymwymic et pour l’autre non dilutif grâce à la Région wallonne via le programme Win4company. Il intervient après la levée de fonds de 5,2 M€ réalisée en novembre 2024 auprès d’Agri Investment Fund et VIVES Partners. La société a été fondée en décembre 2023 par Simon Caulier (CTO), rejoint en mars 2024 par Denis Payen (CEO). Ces fonds vont permettre à BiocSol « de renforcer le développement de sa plateforme R&D et de valider à l’international la preuve de concept de ses deux premiers biofongicides », indique la start-up dans son communiqué. 

Durant ses années de doctorat, il y a une dizaine d’années, Simon Caulier a travaillé sur les alternatives aux pesticides avec les équipes des laboratoires Save et Miae de l’UCLouvain. « Après avoir initialement envisagé de travailler sur des microorganismes, nous nous sommes concentrés sur des substances d’origine microbienne pour pouvoir répondre aux besoins des agriculteurs et avoir un bon rapport cout/efficacité, explique Simon Caulier. En 2019, l’équipe a bénéficié d’un premier financement de la région Wallonne pour passer de la recherche académique à une première approche industrielle, avec validation de la preuve de concept, essais en champs et une efficacité prouvée du produit ». Autant d’étapes qui ont permis l’actuelle levée de fonds. 

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Les deux produits mis au point par BiocSol, l’un contre le mildiou de la pomme de terre, l’autre contre le mildiou des légumes à feuille et de la vigne sont en cours de brevets. De quoi justifier que les dirigeants ne souhaitent pas détailler les actifs qui les composent et se contentent de parler de substances d’origine microbienne. « L’objectif de nos produits est de délivrer ce qui est actif directement aux agriculteurs, avec un mode d’action clair, pour pouvoir les intégrer facilement dans leurs schémas de protection qui diffèrent selon les saisons. Nos produits ont plusieurs modes d’actions, afin d’éviter les résistances qui se développent dans les populations de pathogènes », détaille encore le CTO.

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D'autres solutions en phase de R&D

Aujourd’hui, « nos deux premiers produits sont bien identifiés, poursuit Denis Payen. Une bonne partie de ces 10 millions d’euros va nous permettre de couvrir les frais de constitution des dossiers pour obtenir les autorisations de mise sur le marché de ces deux molécules en Europe et aux États-Unis. Nous espérons obtenir ces AMM en 2031 ou 2032 en Europe et peut être un peu plus tôt aux États-Unis et en Amérique Latine ». Une phase réglementaire indispensable, durant laquelle les dirigeants de BiocSol vont échanger avec des sociétés de distribution pour préparer l'avenir. 

L’autre partie du financement, « entre 1,7 et 2 millions d’euros, précise Simon Caulier, seront dédiés à la R&D pour le développement de notre plateforme, où nous avons trois autres produits à différents stades de finalisation et sur lesquels nous ne pouvons pas communiquer ».

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BiocSol, dont la technologie reste en interne, sous traite actuellement sa production pour se concentrer sur ces deux objectifs prioritaires qui sont l’obtention des AMM et le développement de la plateforme. « Avant d’investir dans de gros fermenteurs, une start-up doit d’abord vendre ses produits et pour ça, il faut des AMM. Internaliser la production n’est donc pas une priorité pour BiocSol dans l’immédiat, résume Denis Payen. Nous voulons d’abord installer la crédibilité de BiocSol, avant d’envisager d’ici 3 ans un financement de série A ».