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Biolait veut atteindre les 500 €/1 000 litres

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Biolait envisage de revaloriser de 10 % le prix du lait bio payé aux producteurs en 2025, en agissant sur ses coûts logistiques et ses débouchés commerciaux, et avec l’aide de l’Etat. Le premier collecteur de lait bio de France est ouvert à l’accueil de producteurs ayant perdu leur collecteur mais seulement à certaines conditions.

Biolait a détaillé le 29 avril le contenu des mesures prises en assemblée générale les 9 et 10 avril. Le premier collecteur de lait bio de France, avec environ 25 % de la collecte, s’est fixé l’objectif d’augmenter la rémunération de ses adhérents de 10 % dès cette année. « Nous avons décidé en assemblée générale de viser 10 % d’augmentation du prix du lait payé aux producteurs pour passer la barre des 500 €/1 000 litres de lait, et cela dès 2025, ce qui représente en moyenne une rémunération annuelle de 10 600 € en plus par ferme », a détaillé Yves Sauvaget, vice-président de Biolait.

Pour y arriver, Biolait a décidé d’agir sur plusieurs leviers. « Nous allons agir d’abord sur les coûts logistiques, résultat des coûts de collecte et de transport, car c’est ce qui pèse le plus pour nous », a expliqué Maud Cloarec, vice-présidente de Biolait. Ce qui permettrait d’obtenir une baisse du coût de collecte de 10€/1 000 litres. Deux orientations ont été décidées pour atteindre cette baisse : en améliorant la densité de la collecte, par exemple en définissant un volume de collecte minimum par ferme et en intégrant de nouvelles fermes dans certaines zones contribuant à optimiser les tournées de collecte. Les nouvelles fermes devront s’insérer « dans un schéma territorial de collecte cohérent, contribuant à l’optimisation des tournées et améliorer le prix payé producteur », explique le groupement. Les nouvelles conditions concernent notamment les producteurs en rupture de collecteur (Lactalis, Danone, Olga, Savencia), et qui frappent à la porte de Biolait, soit « une soixantaine de demandes », selon Maud Cloarec. Ces demandes doivent être étudiées en fonction de leur intérêt logistique pour le groupement avant d’être acceptées.

Mieux vendre le lait bio

Autre levier : améliorer les débouchés commerciaux auprès de la distribution et de la restauration hors domicile. « Biolait enregistre avec ses trois partenaires majeurs, U, Auchan et Biocoop une croissance de 4 % depuis un an » grâce à des partenariats stratégiques et des animations en magasins. La restauration hors domicile (RHD), qui n’atteint pas la proportion de produit bio prévue par la loi, représente un potentiel. Biolait remarque ainsi depuis la fin 2024 une baisse du déclassement du lait en conventionnel auprès de ce débouché.

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Enfin, Biolait compte obtenir un accompagnement des pouvoirs publics en ouvrant les programmes opérationnels aux organisations de producteurs de lait bio. Sur cette demande effectuée en coordination avec les autres organisations de producteurs, une réponse du ministère est attendue d’ici la fin mai.

Ces différentes pistes d’action de Biolait s’inscrivent dans un contexte complexe pour la filière du lait bio qui semble sortir d’une période difficile. La collecte a été en baisse en 2024, à 240 millions de litres contre 300 millions en 2023 à cause de la crise sanitaire (MHE et FCO), des décertifications, des départs en retraite et des arrêts de production. Sans faire de prévisions sur la collecte 2025, Biolait estime possible à moyen terme la perspective d’un retour à l’équilibre de la filière, voire même un déficit d’offre en lait bio face à la demande.

Les nouvelles fermes devront s’insérer dans un schéma territorial de collecte cohérent, contribuant à l’optimisation des tournées