Abonné

Légumes/Acquisition/Résultats Bonduelle négocie le rachat des actifs de Cecab-Globus en Russie

- - 4 min

Après un exercice 2010-2011 difficile, et fort d’un certain rebond observé depuis, le groupe Bonduelle s’apprête à racheter d’ici l’hiver prochain une usine et des terres agricoles en Russie qui appartiennent au groupe Cecab, avec pour objectif d’accélérer son développement sur ce marché très prometteur.

En présentant ses résultats annuels pour l’exercice 2010-2011, clos fin juin, Christophe Bonduelle, p.-d.g. du groupe éponyme, a annoncé être en négociations exclusives avec le groupe coopératif Cecab pour lui racheter ses actifs en Russie. « Nous avons besoin de capacités industrielles supplémentaires en Russie car l’usine que nous détenons là-bas est arrivée à saturation », a expliqué le dirigeant.
« Nous avions un projet de construire une usine en Ukraine mais l’occasion s’est présentée de reprendre celle du groupe coopératif français Cecab. Elle répond à nos besoins immédiats de capacité industrielle », a-t-il ajouté, précisant que le projet en Ukraine était « reporté ». Bonduelle et Cecab en sont au stade des négociations exclusives. Aucun montant n’a été divulgué. Bonduelle espère boucler le dossier avant la fin de l’année afin d’être prêt dès la période de semis de la prochaine récolte.

Des outils saturés
Bonduelle est présent en Russie et dans les pays d’Europe Centrale et Orientale depuis le milieu des années 90. Depuis 2004, le groupe détient une usine en Russie près de Krasnodar (d’une capacité de 50 000 tonnes), proche d’une trentaine de kilomètres de celle de Cecab. Bonduelle exploite également deux kolkhozes de plus de 5 000 hectares.
Le groupe coopératif Cecab (1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2010) s’est installé plus récemment dans cette région, en 2001. Il y commercialise des légumes sous les marques d’Aucy et Globus. En 2007, Cecab, qui a repris un kolkhoze de 6000 hectares, y a fait construire une usine à Timachevsk.
D’ores et déjà Bonduelle est leader du légume en conserve sur le marché russe avec près de 30% de parts de marché (en valeur). « Nous maintenir à ce niveau dans un marché en croissance, cela nous ira très bien », a déclaré Christophe Bonduelle, qui se félicite que la marque Bonduelle « soit plus connue en Russie qu’en France ».
Le projet de Bonduelle n’est pas tant de racheter le fonds de commerce ou les marques que commercialise Cecab en Russie, mais son objectif est « surtout de trouver une capacité industrielle immédiatement disponible (de 20 000 tonnes) et une réserve agricole pour alimenter notre propre développement », selon le dirigeant qui en attend « un chiffre d’affaires supplémentaire de l’ordre de 20 M EUR ».

Taux de change défavorable en Amérique
Outre la Russie, le Brésil est un autre point fort du développement de Bonduelle dans les pays émergents. Une usine y a été mise en service en septembre 2010 pour la conserve de petits pois puis de maïs doux. Le groupe familial a pour objectif de conforter ce « nouveau front » où ses ventes progressent déjà de 41 % avant de se lancer à terme sur le Mercosur et notamment l’Argentine. En revanche, le groupe affirme ne pas être intéressé par des marchés comme la Chine et l’Inde où les modes de consommation des légumes sont différents. Le premier marché de Bonduelle, hors Union Européenne, reste l’Amérique du nord (Etats-Unis et Canada), un marché pénalisé en 2010-2011 par une parité dollar canadien/dollar US défavorable mais où sa marque (Arctic Gardens) progresse.

Rebond après un « trou d’air » en Europe
En Europe, le groupe a pâti d’une situation de surstocks entraînant des baisses de prix des légumes en conserve aux marques de distributeurs ; ensuite les mauvaises campagnes agricoles de 2010 ont alourdi les coûts et amené les stocks au plus bas en juin 2011. Mais après ce « trou d’air » de 2010-2011, le groupe familial s’attend à un « net rebond » pour l’exercice 2011-2012. En 4e gamme, sur un marché français en baisse, les marques progressent et Bonduelle réduit son écart avec le leader Florette.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.