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Vins Bordelais : blocus des ventes de rouge en vrac

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Les adhérents du syndicat des vins de Bordeaux et Bordeaux supérieur (6 700 viticulteurs, 50% de la production du Bordelais) ont décidé de ne pas accorder d’agrément au vin rouge tant que son prix ne reviendrait pas à 1000 euros le tonneau. D’autre part, des viticulteurs de la FDSEA et des JA de Gironde ont muré et occupé le CIVB.

L’assemblée générale du syndicat des vins de Bordeaux et Bordeaux supérieur a voté à une large majorité le 2 décembre en faveur d’une motion réclamant un prix de vente minimum de 1 000 euros par tonneau (900 litres) du Bordeaux rouge en vrac. Au-dessous de ce prix, le syndicat refusera de délivrer aux viticulteurs l’agrément en AOC Bordeaux ou Bordeaux supérieur. A l’heure actuelle, les transactions se situent autour de 700 euros le tonneau, selon le syndicat. Ce blocus historique (une première dans le Bordelais) est symbolique. En effet, l’INAO peut délivrer l’agrément au producteur qui en fait directement la demande. Mais la période d’agrément pour la récolte en rouge 2005 débutera en janvier 2006. « D’ici là, j’espère que nous arriverons à nous remettre autour d’une table » avec l’interprofession, les courtiers et le négoce, espère Yves D’Amécourt, secrétaire général du syndicat.

Cette « procédure illégale » est « un dernier cri d’alarme, car nous sommes acculés », a justifié Alain Vironneau, président du syndicat. Entre 1999 et 2004, le résultat courant des exploitations adhérentes a chuté en moyenne de 76%, selon le Syndicat.

Résultat courant en chute de 76%

« Il faudra cependant nécessairement se confronter à la réalité, oser prendre les mesures de régulation du marché, de diversification de la production et de contrôle prévues dans le plan » Bordeaux, réagissait dans un commmuniqué du 2 décembre le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Face à la crise, le CIVB a mis en place en juin un « plan Bordeaux » prévoyant notamment une baisse des rendements, l’arrachage de vignes et la distillation de surplus.

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Le négoce, quant à lui, est dubitatif quant aux effets du blocus.

« On achètera à 1 000 euros si on a des débouchés (…) et, aujourd’hui, il n’y a pas de débouchés », a indiqué Francis Cruse, directeur de l’Union des maisons de Bordeaux.

« Ceux qui vendent à 800, 700 ou 450 euros le font pour des raisons de trésorerie, ils n’ont pas le choix», estime Jean Renaud, vigneron à Roquebrune.