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Bovins : la DNC aux portes du Massif central

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Avec un nouveau foyer apparu le 18 septembre dans les monts du Lyonnais (Rhône), la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) se rapproche du Charolais et de l’Auvergne, deux bassins majeurs d’élevage bovin.

Après le nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) confirmé le 18 septembre dans l’ouest du département du Rhône, les pouvoirs publics ont sorti les grands moyens pour vérifier que l’interdiction des mouvements d’animaux est bien respectée. Contrôles des bétaillères aux péages d’autoroutes, mais aussi « hélicoptère, brigade motorisée, patrouilles terrestres », rapporte Le Progrès le 20 septembre. L’enjeu est de taille, car ce nouveau foyer dans les monts du Lyonnais place la maladie à quelques dizaines de kilomètres de deux bassins majeurs d’élevage bovin : le Charolais et l’Auvergne. Et pour parvenir dans le Rhône, elle a parcouru une centaine de kilomètres depuis les précédents foyers.

Deux semaines après le dernier foyer dans l’Ain, c’est donc à Saint-Laurent-de-Chamousset, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lyon, que la DNC a été confirmée le 18 septembre. Le virus avait été détecté la veille « dans un abattoir situé en Saône-et-Loire », affirme Le Progrès dans un autre article. L’animal infecté provenait d’un élevage de 150 vaches laitières. « Les enquêtes épidémiologiques sont en cours », indiquait le ministère le 18 septembre, et ses résultats n’étaient toujours pas connus le 23 septembre.

« Stock suffisant » pour vacciner la nouvelle zone

D’après un communiqué du ministère de l’Agriculture, « une nouvelle zone réglementée a été définie » dans un périmètre de 50 km autour de Saint-Laurent-de-Chamousset, car le foyer est situé en dehors de la précédente zone réglementée autour des cas de Savoie, de Haute-Savoie et de l’Ain. Y sont déployées les mêmes mesures de lutte que précédemment : « Des mesures de surveillance, de restriction aux mouvements d’animaux et le déploiement de la vaccination » (obligatoire), selon le communiqué. « Les doses de vaccins sont en stock suffisant en France pour démarrer la vaccination » dans la nouvelle zone réglementée, a indiqué le cabinet d’Annie Genevard le 18 septembre. Établie dans un rayon de 50 km autour du cas, la zone réglementée recouvre quasiment l’ensemble des départements du Rhône et de la Loire. On y compte « environ 350 000 bovins », selon la Rue de Varenne.

De son côté, la préfecture du Rhône a précisé dans un communiqué que « neuf suspicions ont été levées ce dimanche 21 septembre ». Par ailleurs, les autorités ont interdit l’entrée des bovins dans l’abattoir de Saint-Romain-de-Popey (Rhône), situé en zone réglementée, en raison de « manquements » en matière de « nettoyage des véhicules de transport » et des bouveries. La préfecture a aussi annoncé « la visite des vétérinaires libéraux dans les élevages les plus proches de celui contaminé ».

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Le foyer du Rhône porte le bilan national à 79 foyers, dans 47 élevages, depuis l’apparition de la DNC en France fin juin. Cette maladie strictement animale – elle n’affecte que les bovins, buffles et zébus – est provoquée par un virus transmis via les piqûres d’insectes hématophages (taons, stomoxes). Un mode de diffusion vectoriel qui la rend très difficile à endiguer.

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Deux marchés fermés, six concours annulés

Au 23 septembre, le foyer de DNC dans le Rhône n’avait pas été suivi d’autres cas. Mais il avait déjà provoqué d’importantes conséquences sur les rassemblements d’animaux. Situés en zone réglementée, deux marchés aux bestiaux ont dû fermer leurs portes, rapporte La France agricole : La Talaudière (250 bovins par semaine) et Saint-Laurent-de-Chamousset (80 à 120 veaux laitiers par semaine).

Autre conséquence de la maladie : cinq concours de bovins laitiers prévus au Sommet de l’élevage ont été annulés, selon le décompte de nos confrères de Réussir Lait au 22 septembre. Il s’agit des races simmental, jersiaise, montbéliarde, brune et prim’holstein. Par ailleurs, le concours national salers, qui devait se tenir à Issoire (Puy-de-Dôme) du 26 au 28 septembre, a également été annulé, ont annoncé ses organisateurs sur Facebook. Toutefois, le concours de l’emblématique race auvergnate au Sommet de l’élevage est maintenu, a indiqué le président du salon Jacques Chazalet à Agra Presse le 23 septembre. C’est également le cas, assure-t-il, pour les onze autres concours allaitants prévus au Sommet (qui se tiendra à Cournon-d’Auvergne du 7 au 10 octobre). Aucun animal issu des zones réglementées au titre de la DNC ne sera présent au salon, en raison des interdictions de mouvements.

Par ailleurs, M. Chazalet rappelle que l’évènement a mis en place « des protocoles sanitaires relativement stricts » contre la MHE et la FCO (sérotypes 3, 8 et 1). « Il n’y a pas que les concours animaux au Sommet, et le salon, en tout état de cause, se tiendra », martèle-t-il, mettant en garde contre « certains comportements irrationnels » observés en période d’épizooties.

Hélicoptère et patrouilles pour contrôler l’interdiction de mouvements

« En tout état de cause, le Sommet de l’élevage se tiendra »

DNC : la région Auvergne-Rhône-Alpes débloque une aide de 300 € par bovin abattu

Dans un communiqué du 19 septembre, la région Auvergne-Rhône-Alpes annonce qu’elle « débloque une aide d’urgence pour les éleveurs » concernés par un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Inscrite dans le régime des minimis, celle-ci s’élève à 300 € par bovin – laitier ou allaitant – euthanasié dans le cadre d’un abattage sanitaire sur ordre de l’administration (400 € pour les jeunes agriculteurs bénéficiaires d’une DJA). Sur le site internet du Conseil régional, deux conditions sont précisées pour accéder à l’aide : les bénéficiaires doivent avoir vacciné « l’ensemble des bovins » présents en zone réglementée et « s’engager à poursuivre leur activité agricole ». Complémentaire de l’indemnisation de l’État, l’aide de la région Aura « vise à apporter un soutien en trésorerie » aux élevages concernés. Le dispositif doit encore être validé par un vote de la Commission permanente de la région.